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Fiche d'expérience

Estime de soi : comment le dire ?

Estime de soi : comment le dire ?

C’est un projet partenarial autour de la santé et de la culture qui réunit plusieurs participants de structures du médico-social, de la psychiatrie, du handicap, de la gérontologie afin de mettre en place un évènement culturel sur le territoire ouvert au grand public.

Contexte

Deux diagnostics ont permis au projet de voir le jour :

  • Le diagnostic santé avec les différents partenaires du territoire qui se sont réunis en réseau : le Réseau Prévention Santé de la Région d’YYvetot, coordonné par le Centre social et créé en 1999.
    Avec sa réactualisation, le diagnostic santé a mis en avant des problématiques concernant particulièrement les adultes.
    Des groupes de travail ont été crée afin de proposer des actions pour répondre aux problématiques repérées :
    • groupe parentalité,
    • groupe isolement,
    • groupe estime de soi.

Le groupe « estime de soi », est né de la volonté d’avoir une approche différente de la santé mentale des addictions et plus ouvert en terme de publics ciblés (et non plus spécifiquement aux jeunes).
Le groupe de travail a travaillé de 2007 à 2011 autour d’un journal interactif « L’Echo Santé », sur différents thématiques, dont les objectifs étaient de d’impliquer les publics des structures membres du Réseau dans la mise en place d’actions de prévention, de valoriser la participation des publics, etc. 5 journaux sont parus. Cependant, l’implication régulière des publics dans l’écriture du journal semblait difficile, mais aussi celle des professionnels. Nous avons donc réfléchi à un nouveau projet afin d’impliquer davantage les usagers de chaque structure, de valoriser les personnes, de recentrer les usagers au cœur de l’action.

  • Le diagnostic développement social local par le centre social dans le cadre de son agrément avec la CAF.
    Les problématiques ressorties, se rapportent au lien social. En effet, bien que les personnes en inactivité bénéficient d’une relative stabilité économique assurée par leur prise en charge sociale ou médico-sociale, ils souffrent notamment au sentiment d’ « inutilité sociale » et une dévalorisation de l’image de soi. Un repli au domicile est fréquent. Ces constats sont généralisés aux publics fragilisés (par la perte d’un emploi, la souffrance psychologique, etc.). Revaloriser les publics, leur permettre de s’exprimer, de pouvoir être des citoyens et de participer à la vie locale semble donc important.

Description

Les ateliers d’expression ont lieu dans chaque structure. Les intervenants sont principalement des professionnels du spectacle vivant. Les groupes n’ayant pas tous les mêmes rythmes selon le public de la structure de rattachement, un travail spécifique est fait avec chaque groupe, sans oublier la cohérence globale, pour que chacun apporte une pièce aux évènements.

En 2011, par le biais d’ateliers d’écriture, un livre, L’estime de soi : comment le dire ? a été réalisé par les éditions Globules sur le thème de l’estime de soi. Soixante personnes de six structures différentes ont ainsi pu réaliser ce livre.
En 2012, des ateliers d’expression corporelle et théâtrale ont été proposés. Nous avons pu monter un spectacle, Plein cadre, Estimomètre à cadre mobile, qui a pris la forme du cabaret avec 40 personnes qui ont su dépasser leurs peurs et leurs angoisses.
En 2013, un travail autour du corps à travers des chorégraphies, des mouvements collectifs et nous avons pu construire un spectacle Chantons sur la pluie, Rendez-vous rue de l’Estime avec 53 personnes dans un dispositif scénographique bi-frontal.
Sans la prétention de former de futurs acteurs, mais en aiguillant vers le lâcher prise, les personnes ont participé à une création collective et conviviale de laquelle ont émergé des formes de solidarité et de confiance en soi.
Entre novembre 2014 et juin 2015, nous avons mené un travail d’expression sous la forme de rencontres hebdomadaires avec les groupes des différentes structures, dans le but de créer un spectacle. Nous avons d’abord recueilli et accumulé des témoignages, sur les rapports que chacun entretient avec le territoire. Nous avons construit un évènement culturel ouvert sur la Ville et au grand public, sous chapiteau. Deux représentations ont eues lieu avec le spectacle P’têt bin qu’j’y suis, p’têt bin qu’j’y reste . 58 personnes étaient sur scène et nous avons accueillis environ 400 spectateurs.
En 2016, nous souhaiterions partir jouer ensemble et proposer le spectacle dans quelques lieux autour d’Yvetot.

Les outils d’évaluation, qualitatifs et quantitatifs, pour le spectacle de 2015, en direction des acteurs directs et indirects des actions émanent de groupes de travail.
Aspect quantitatif : volume de comités de pilotages et de présents, comités techniques, réunions de travail, mails envoyés et reçus, relances, présents lors des projets, au début et à la fin, présents sur scène, ...
Aspect qualitatif : questionnaires de satisfaction ciblés au public, auprès des professionnels référents social des groupes constitués, des intervenants et d’un soignant sur le territoire identifié.

Moyens

Moyens humains :

Le projet regroupe beaucoup de partenaires mobilisés à différents niveaux dans le projet mais tous impliqués : des personnels (directeurs, cadres, coordinateurs, artistes, animateurs, éducateurs ou encore infirmiers) du :

  • centre social Saint Exupéry du CCAS d’Yvetot (porteur administratif et coordinateur du projet) :
  • CCAS d’Yvetot :
  • le dispositif Yvetot des Nids :
  • l’association Emergence-s de Grémonville :
  • le CMP / l’hôpital de jour d’Yvetot psychiatrie adultes pôle 10
  • les Ateliers Interactifs du CCAS d’Yvetot
  • l’Espace Mosaïque de l’atelier de jour du CCAS d’Yvetot
  • l’EHPAD de l’Hôpital Asselin Hédelin d’Yvetot
  • le GEM
  • le Réseau Local de Promotion de la Santé du Pays Plateau de Caux Maritime :
  • l’association « La Karavan Pass » :
  • la MJC
  • Ville d’Yvetot

Moyens matériels :
Afin de pouvoir réaliser ce projet, le partenariat local est très important car il permet la réduction des coûts avec de nombreuses mises à disposition :

  • mise à disposition de salle et de matériel (chaises, tables, matériel administratif et informatique…) par la MJC, l’hôpital Asselin Edelin, l’hôpital de jour, le CCAS, le centre social, la ville d’Yvetot
  • mise à disposition d’une caméra par la mission locale
  • mise à disposition de matériel technique pour monter le chapiteau par des sociétés locales (manitou, marteau piqueur…)
  • mise à disposition de tentes
  • mise à disposition de matériel son et lumière par une société locale
  • mise à disposition par des associations de matériel de décoration scénique
  • don alimentaire pour les buvettes

Budget / coût de l’opération :

Le coût du projet s’élève à 119 357 € répartis comme suit :
Dépenses :

  • 78 157 € de coût de fonctionnement des structures (prêt de salle, matériel administratif : feuilles, stylos, impressions, envoie de courrier, utilisation du matériel informatique, frais d’électricité, de chauffage…).
  • 41 200 € de charges directes (ordre décroissant) : achats (billets, décors, alimentation pour les buvettes, pour des repas avec tous les participants de chaque structure, petit matériel nécessaire aux ateliers…), location (chapiteau, matériel d’aménagement du chapiteau ), intervention artistique, gardiennage, frais de communication, sorties culturelles, ateliers de bien être.
    Recettes :
  • 78 157 € d’autofinancement des structures, soit 59% de la part du budget. C’est cette part d’autofinancement qui permet la réalisation du projet.
  • 41 200 € de subventions de différents organismes : Etat, Département, Associations qui œuvrent dans le champ du social et médico-social, Communes, subventions privées, banque… Ce sont ces plurifinancements qui font aussi la richesse de ce projet.

Bilan

Sur le plan quantitatif :

  • Une mobilisation de différents acteurs : environ 60 personnes inscrites et assidues tout au long du projet, 9 structures impliquées sur le projet (mobilisation et encadrement des publics participants, participation aux différents comités techniques et comité de pilotage, mises à disposition de salles …)
  • Des actions complémentaires : des ateliers d’expressions animées par des intervenants artistiques ont été organisés dans chaque structure participante et des ateliers ont eu lieu dans plusieurs structures autour du bien être
  • Une reconnaissance sur le territoire : environ 400 spectateurs présents lors des spectacles : familles des « acteurs », partenaires (CSAPA, CMP, DRAC, Halte d’enfants, CCAS, CMS…), élus de la commune et des structures, habitants du territoire.

Sur le plan qualitatif :

  • Au niveau des publics : Suite à l’évaluation/ le contenu des questionnaires passés par les participants, des professionnels encadrant, des professionnels de santé et des intervenants artistiques a fait ressorti que le projet a apporté de l’apaisement, du mieux être, de la confiance en soi pour des publics. Il a aussi permis aux publics de prendre conscience de leurs capacités d’expression écrite et orale ; ou encore d’aborder les questions de santé, du bien-être physique et psychologique, du soin et de la présentation, celles relatives au corps, à l’alimentation…
    Le projet a par ailleurs contribué à améliorer l’adhésion aux soins. Aussi, on note un impact sur la rupture de l’isolement.
  • Au niveau de la dynamique du territoire : la co-construction de ce projet et sa mise en œuvre et le fait qu’il s’inscrive dans la durée a créée une certaine dynamique sur le territoire entre les professionnels, les usagers et les habitants.
    • Favoriser la mixité sociale ;
    • Promouvoir l’accès à la culture, à la santé, au bien être des habitants du territoire qui sont le plus éloignés ;
    • Permettre aux habitants d’être davantage acteurs dans leur démarche, de participer à la vie de leur territoire ;
    • Créér un événement culturel publique sur le territoire d’Yvetot.
    • Un partenariat ancré sur le territoire, animé par le CCAS via son Centre Social.
    • Une approche multi-publics qui intéresse les partenaires institutionnels.
    • Un projet pluri-annuel à conforter.
    • Partenariat entre des structures sociales et médico-sociales : échange de pratiques et de cultures institutionnelles à partir d’ateliers partagés.
    • Travail d’intégration des publics sur leur territoire en matière de santé et d’accès à la culture.
    • Approche participative avec les publics dans le travail de création et dans l’organisation.

Estimation CCAS

En termes de développement social local, ce projet est exemplaire. En effet, inscrit dans la durée, il permet la mobilisation de nombreux acteurs locaux et le travail partenarial, en plus des nombreux bénéfices apportés aux usagers en termes de développement de la confiance en soi, de rupture de l’isolement, etc.

La richesse de ce projet est, entre autre, le travail en partenariat qui est très important sur Yvetot. Cependant ce partenariat ne va pas de soi. Cette dynamique est liée à la volonté de chaque structure de travailler sur des objectifs communs et à la souplesse institutionnelle (malgré le cadre de chacun) dont le CCAS est garant.
Ce projet s’inscrit dans le temps. Une dimension pluriannuelle est nécessaire pour développer une approche et une culture commune entre les structures et permettre les décloisonnements.

Photo : Wikimedia Commons / ChristopheB

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