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Fiche d'expérience

Ateliers artistiques au Musée Maurice Denis

Ateliers artistiques au Musée Maurice Denis

Le CCAS du Pecq et le Musée départemental Maurice Denis ont créé un partenariat pour proposer gratuitement 2 fois par mois un accès au Musée, à des adultes alpicois en situation d’insertion sociale et/ou professionnelle, afin de participer aux ateliers de découverte des collections du Musée et à des ateliers d’expressions artistiques. Ces ateliers sont animés par les plasticiens du Musée Maurice Denis et ils sont organisés et pilotés par la CESF du CCAS qui accompagne ces groupes.

Cette action a été présélectionnée dans le cadre du Prix de l’innovation sociale locale 2017, dans la catégorie « Culture et action sociale locale ».

Contexte

En 2013, le CCAS de la Ville du Pecq et le Département des Yvelines ont mené conjointement un diagnostic partagé de territoire. La question de l’isolement des personnes est ressortie comme une des problématiques sociales majeures sur le territoire aux regards des caractéristiques socio démographiques et économiques de la population alpicoise. Cette problématique a également été largement abordée lors des différents Groupes d’Analyse Partagée mis en place entre mai et juin 2013 avec l’ensemble des partenaires associatifs et institutionnels de la ville.

La situation familiale (monoparentalité), l’âge, la situation sociale ou professionnelle d’une partie des alpicois sont apparus comme les facteurs principaux générateurs de situation d’isolement.

Concernant les personnes en difficulté d’insertion sociale et/ou professionnelle, nous avons identifié plus fortement lors du diagnostic un public adulte (souvent des personnes de plus de 50 ans) cumulant des problèmes budgétaires, de santé (dépression, addiction, problème psychologique) et/ou d’insertion sociale et professionnelle. La plupart vit seul, renforçant ainsi leur sentiment d’exclusion. Ces personnes aux parcours chaotiques ont souvent une image très dégradée d’elles-mêmes, ont perdu confiance et certaines ne connaissent plus les codes des règles de vie en société (arriver à l’heure, être propre, prévenir en cas d’absence etc.).

Le CCAS et le Conseil Départemental des Yvelines ont alors acté lors de la signature d’un Contrat Social de Territoire de promouvoir la culture comme facteur d’insertion sociale en proposant gratuitement deux fois par mois les activités du Musée départemental à ce public issus du champ social et en y intégrant une dimension d’accompagnement social par la CESF du CCAS.

Pour concrétiser ce projet, la CESF s’appuie sur un réseau partenarial fort sur la ville. Elle évalue l’opportunité de proposer ou non ces ateliers à des personnes orientées par les travailleurs sociaux de secteur, les associations (Saint Vincent de Paul, Bus relais Jeunes et Familles 78) et le service emploi de la Ville.

Description

Principaux objectifs

Rompre l’isolement et « sortir de chez soi »

  • Les sorties en groupe au Musée permettent aux personnes de créer du lien social ;
  • L’approche et/ou production artistique aide les personnes à entrer en relation avec les autres – les créations de chacun devant être un outil d’échanges et de discussion tout en se respectant ;
  • Le travail d’accompagnement des groupes au Musée par la CESF aide les personnes à s’autonomiser pour participer à d’autres sorties culturelles et permet un accès à la culture à un public qui a priori ne se l’autorise pas.

Valoriser la compétence des personnes à travers la production d’œuvres artistiques : « reprendre confiance en soi »

  • L’approche artistique permet aux personnes en difficulté sociale d’apprendre à mieux se connaitre, de développer leur créativité et susciter des envies de découvertes artistiques.
  • Elle les aide à reprendre confiance en elles – à se réapproprier une image positive d’elles-mêmes. Découverte de l’estime de soi.

Utiliser la culture comme levier d’insertion et de remobilisation des personnes autour d’un projet : « se remobiliser autour d’un projet de vie »

  • Les ateliers et sorties au Musée Maurice Denis doivent permettre aux personnes à terme de s’inscrire dans un projet plus global d’insertion (remobilisation dans l’emploi, la famille, le monde associatif…)
  • Cette remobilisation est envisageable car les personnes sont soutenues et accompagnées par la CESF du CCAS qui en tant que médiatrice peut les aider ou les accompagner dans la construction de leur projet
  • Responsabilisation – autonomisation des participants qui réapprennent les codes de la vie en société.

Publics cibles

Personnes isolées de plus de 50 ans ayant des problèmes économiques et des fragilités psychologiques (dépression, addiction, reconnaissance handicapée).

Fonctionnement

Tout d’abord, depuis plusieurs années, les tarifs pour le Musée varient en fonction des publics. En effet, le musée a développé une politique d’accès à la culture pour des personnes qui en sont particulièrement éloignées, notamment les bénéficiaires du RSA et des publics issus du champ social.

Par ailleurs, depuis septembre 2013, Sylvie de Cointet, CESF du CCAS du Pecq développe des actions collectives. Il s’agit d’ateliers renforçant l’insertion sociale et la mise en route de nouveaux projets pour

  • prévenir et lutter contre l’isolement des personnes en difficulté en leur donnant la possibilité de sortir de leur quotidien, de créer des liens sociaux positifs et de maintenir le dialogue social ;
  • permettre à ces personnes de devenir plus autonomes et responsables en devenant acteurs de leur démarche d’ouverture à leur environnement et à leur culture.

C’est dans ce contexte que le CCAS du Pecq et le Musée Maurice Denis ont créé un partenariat pour proposer gratuitement 2 fois par mois à des adultes alpicois en situation d’insertion sociale et /ou professionnelle un accès au Musée et ce, afin de participer aux ateliers de découverte des collections du Musée et à des ateliers d’expressions artistiques.

Ces ateliers sont animés par les plasticiens du Musée Maurice Denis et ils sont organisés et pilotés par la Conseillère en Economie Sociale et Familiale du CCAS qui accompagne ces groupes.

Les groupes sont constitués au mois de septembre de chaque année pour un an et les ateliers démarrent en octobre. Les groupes ne sont pas figés, certaines personnes peuvent y rentrer en cours d’année ou en sortir de la même façon.

Le contenu des ateliers a évolué depuis les premières années mais la démarche pédagogique des ateliers d’arts plastiques s’appuie essentiellement sur les œuvres et le site historique du musée. Ils sont animés par une plasticienne qui donne des conseils, rassure, encourage.

Le Musée départemental Maurice Denis situé à Saint Germain En Laye abrite une collection exceptionnelle d’œuvres symbolistes, nabis ou du groupe de Pont-Aven avec des artistes comme Gauguin, Bonnard, Denis, Vuillard, Roussel, Bernard, Ranson... Le musée est l’ancienne maison de l’artiste Maurice Denis, peintre et théoricien du mouvement nabi, qui vécu dans cette propriété de 1914 à sa mort (1870 - 1943).

La première année, en 2014/2015 : « la découverte »

 
La plasticienne a proposé un long travail d’appropriation du Musée et de découverte des œuvres à partir de nombreuses conférences sur les collections et de l’architecture du lieu. C’est à partir de l’éducation du regard que va s’amorcer un processus de créativité. Les potentialités créatives des participants se découvrent grâce à un travail progressif sur plusieurs séances. La découverte sensible des formes, des objets, des couleurs va donner accès à l’imaginaire. C’est en allant du partage sur les sensations, les émotions, les connaissances que les participants vont les traduire en une réalisation concrète d’une « image ».

Les participants ont également été initié aux techniques du pastel gras, du crayon graphite et de la mine de plomb. Un travail sur les mélanges de couleurs, le cadrage lors de séances dans les jardins, les contrastes du noir et de la couleur à partir d’une affiche ont également été proposés.

Ce travail permet aux participants de développer des capacités de concentration, d’écoute, de compréhension des consignes. Il les fait sortir de leurs difficultés personnelles et intégrer le travail des autres participants.

La deuxième année 2015/2016 , « place à la parole et à l’imaginaire »

 

Les premières séances (visite du musée de manière ludique) consistent en la réappropriation des lieux pour les anciens ou une appropriation pour les nouveaux.

Les participants ou tout du moins le groupe moteur ont acquis une confiance en eux, les ateliers sont orientés vers la prise de parole, la parole sans peur, devant le groupe pour exprimer des sensations devant une œuvre choisie. Ils peuvent aussi conter une histoire en binôme à partir des consignes de la plasticienne

Il s’agit aussi de laisser place à l’expression des participants en fonction de l’actualité et en cas de besoin. C’est ainsi que les participants ont pu exprimer après les attentats leur état émotionnel par une grande fresque commune en couleurs, en mouvement et empreinte de mots parlant de leur sentiment du moment. C’est une manière d’exprimer autrement que par la parole leur angoisse et leur colère.

La 3ème année 2016/2017 : « la lettre et la poésie »

 

Sylvie de Cointet, Conseillère en Economie Sociale et Familiale, etMarlène Veyssière, plasticienne au Musée Maurice Denis, ont souhaité établir un programme pour proposer un travail continu avec une thématique : la lettre et la poésie. Ces séances restent cependant indépendantes pour intégrer de nouveaux participants.

Les participants prennent confiance au fur et à mesure des séances et les propositions deviennent de plus en plus ambitieuses .

Le programme des séances :

  • Choisir une ou plusieurs lettres, rechercher de typographies différentes.
  • Mettre en scène des lettrines en des enluminures, des livres d’art, des photographies.
  • Mettre en pratique des techniques utilisées dans les précédents ateliers.
  • Ecrire de petits haïkus ou poèmes.
  • Déclamer des poèmes devant les autres participants.
  • Retranscrire le poème avec Illustration sur un support carte postale. Certains participants ont envoyé leur carte postale à des personnes qui comptent pour eux. La création personnelle peut ainsi être partagée et participe à l’ouverture aux autres.

Les outils pour évaluer l’action

Outils quantitatifs

  • Nombre d’ateliers artistiques et de sorties culturelles organisées durant l’année,
  • Nombres de personnes fréquentant les ateliers,
  • Profils des bénéficiaires de l’action.

Outils qualitatifs

  • Satisfaction / témoignage / ressenti des participants,
  • Impact en termes d’ouverture à la culture, de valorisation des compétences de chacun.

Moyens

Moyens humains

  • La CESF du CCAS (référent action collective) pour le pilotage et la coordination du projet, l’organisation et le suivi des ateliers, l’accompagnement des personnes,
  • La plasticienne du Musée pour la préparation des ateliers et leur mise en œuvre.

Moyens matériels

  • Matériel d’art plastique (support, encre, fusain, pastel etc.) fourni par le Musée,
  • Mise à disposition par le CCAS d’un minibus (dédié habituellement aux transports des personnes âgées et/ou handicapées)

Budget / coût de l’opération

  • Temps de la CESF dédié à cette action : environ 8 heures par mois soit un coût avec les charges de 197€ mensuel
  • Temps de la plasticienne du Musée dédié à cette action : 6 heures par mois
  • Matériel d’art plastique annuel : 800€ / an.

Bilan

Bilan quantitatif

Depuis la signature du Contrat Social de Territoire, trois sessions « Ateliers artistiques au musée Maurice Denis » se sont déroulées. A chaque session une dizaine de personnes sont inscrites et 7 personnes viennent régulièrement. Tous les ans de nouvelles personnes rejoignent le groupe et d’autres ne renouvellent pas cette action principalement pour des raisons de santé. Cette action a touché environ 20 personnes différentes.

Le profil des bénéficiaires correspond à celui repéré lors du diagnostic, il s’agit de personnes de plus de 50 ans connaissant des problèmes économiques et des fragilités psychologiques, certains souffrent d’addictions, d’autres de dépression ou ont une reconnaissance d’adulte handicapé ou une pension d’invalidité.

Bilan qualitatif

Une des plus grandes réussites de ce projet est la rupture d’isolement qui, pour certaines personnes a représenté une formidable bouffée d’oxygène. Après plusieurs séances, tous disent se sentir mieux, apaisés, renforcés par la créativité qu’ils ont pu retrouver.

Pour d’autres, l’action a eu un impact au-delà des objectifs avec la concrétisation de projets personnels. Voici trois exemples :

  1. Une participante, à la retraite depuis peu, est devenue animatrice bénévole, avec la conseillère, d’un atelier sociolinguistique sur la Ville. En effet, grâce à cet atelier au Musée Maurice Denis et à la découverte des techniques de sophrologie, elle a su se remettre « en mouvement », trouver une place en prenant peu à peu confiance en ses capacités de pédagogue et d’ouverture aux personnes en demande d’intégration par la culture française. L’animatrice s’est mobilisée pour son projet de vie et a pu, à son tour, accompagner des personnes vers la réussite de leurs projets.
  2. Une autre participante âgée de 70 ans, pour qui les ateliers et les visites culturelles proposées constituaient les seules sorties, a pu tisser à nouveau des liens dans son environnement et a investi une place dans le groupe. Avec l’appui de la conseillère, elle a pris conscience qu’elle devait prendre des décisions face aux problèmes de sa vie personnelle et a réussi à déposer plainte au Procureur pour des violences psychologiques. Aujourd’hui, elle a retrouvé une liberté et est davantage responsable de sa vie.
  3. Un ancien SDF ne pouvait pas, au cours des premières séances au musée, rester plus de 10 minutes devant son dessin et n’était pas toujours sobre. Son souhait de poursuivre sa découverte de l’art, qui l’attire, l’accompagnement de la plasticienne et l’ouverture du groupe l’ont amené à faire des efforts pour être dans de meilleures dispositions, suivre les règles du lieu et du groupe. Aujourd’hui il est celui qui fait preuve de la plus grande concentration et vient à chaque séance. Sa prise de conscience de la nécessité d’un changement de comportement a eu des impacts positifs auprès des services de la Ville et lui a permis d’aller au bout d’un projet de vacances.

Bilan global de cette action

Les ateliers artistiques au Musée Maurice Denis représentent le point de départ à l’émergence d’une véritable politique communale d’insertion par la culture : chaque objectif et chaque résultat décrits plus hauts étant renforcés par le développement de nouvelles actions et de nouvelles sorties à destination de ce public d’adultes mais aussi des familles, des enfants, de jeunes personnes isolées ; etc.

En effet, cette action d’insertion par la pratique culturelle au Musée Maurice Denis à destination des adultes a été le point de départ du développement d’ateliers collectifs et de sorties dans le domaine de la Culture au sens de la Déclaration de Fribourg en 2007.

Le nombre de personnes ayant participé à l’ensemble des ateliers et sorties était en 2015 de 125 personnes (73 adultes et 52 enfants- ados) et en 2016 de 102 personnes.

Les stages sur 2 à 3 demi-journées pour les familles au Musée Maurice Denis durant les petites vacances scolaires permettent aux parents et aux enfants de trouver un espace d’expression créative propre à chacun tout en développant un lien différent du quotidien.

Les ateliers d’A.S.L. (atelier sociolinguistique) hebdomadaires ouvrent à la connaissance de la langue française et sont animés par la conseillère et une ancienne participante des ateliers au Musée Maurice Denis. Cette dernière a accompagné 3 personnes vers la réussite de leurs projets : une jeune femme a validé sa formation d’assistante de vie aux familles, une autre est en spécialisation pour être formée en tant qu’agent d’accueil et une autre va passer son examen d’assistante maternelle.

Quatre participants ont suivi avec l’animatrice bénévole quatre ateliers d’écriture, de théâtre avec des comédiens autour des « fêtes et festivités à la Cour » proposés en janvier et février 2017 par l’équipe du château de « Versailles pour tous ». La restitution du travail s’est faite dans une salle du château de Versailles sous forme de saynètes le 20 mars 2017, jour de la fête de la langue française et de la Francophonie.

Le site du Château relatera les travaux des différents groupes travaillant avec des adultes autour de la Langue Française sur la région Ile de France où 14 structures participaient (centres sociaux, CCAS, associations caritatives).

Les ateliers de sophrologie mensuels ouvrent à la connaissance des difficultés et blocages des personnes loin d’une démarche vers l’emploi et permettent de remettre en mouvement des mécanismes leur permettant de prendre confiance en eux, sortir de leur isolement et amorcer pour certains leurs projets d’insertion professionnelle.

Les ateliers-repas mensuels offrent une ouverture culturelle par le repas, permettant de travailler sur le respect de l’autre, l’échange de savoirs et la connaissance de prévention en matière de santé. Par là permet à chacun, personnes seules ou familles, prend conscience du rôle à la fois socialisant, éducatif et pacifiant du repas. L’entraide et la solidarité se manifestent ainsi au sein du groupe, du quartier, de leur Ville.

Les sorties de la Mission Vivre Ensemble

Les sorties réalisées sont référencées dans le programme ministériel nommé Mission « Vivre ensemble ». Ce programme né en 2003 réunit trente-deux établissements culturels dont l’objectif est d’aller à la rencontre des publics peu familiers des institutions culturelles et de faire jouer pleinement à la culture son rôle dans la lutte contre l’exclusion et de contribuer ainsi à la démocratisation culturelle.

Il permet de faire bénéficier à des personnes issues du champ social une grande variété de lieux culturels : les établissements travaillent avec des personnes relais (travailleurs sociaux ou bénévoles associatifs) qui organisent les actions.

Dans le cadre de ce programme, Sylvie de Cointet a également été formée pour devenir relais culturel et a proposé cette formation à une bénévole qui s’est spécialisée dans les sorties au Château de Versailles. Les visites de groupe sont ainsi gratuites. Elles nécessitent juste la mobilisation des minibus de la Ville.

Ces sorties sont proposées aux participants des ateliers artistiques Maurice Denis mais aussi des autres ateliers avec en majorité des familles monoparentales rencontrant d’autres types de problématiques.
Les sorties sont organisées par la conseillère qui accompagne le groupe avec une bénévole ou un travailleur social du Département ou la plasticienne du Musée avec le bus de la Ville ou en transport en commun.

Le Louvre

 
Grâce à un partenariat avec la Fondation RATP et le Musée du Louvre, 47 alpicois issus du champ social, encadrés par 3 professionnels, ont participé à une journée au Musée.

Le Louvre a offert deux visites avec conférencières sur le thème des chefs-d’œuvre du Louvre. Par cette démarche, les deux partenaires s’engagent à rendre accessible l’ensemble des collections aux visiteurs peu familiers des musées.

Un groupe était constitué de 24 adultes seuls, qui pour la majorité, sont inscrits aux ateliers artistiques du musée Maurice Denis Un deuxième groupe était constitué de 8 mères et de 18 enfants de 7 à 16 ans.

Château de Versailles

 
Trois groupes ont pu participer à des visites guidées au Château sur les thèmes suivants :

  • « Les appartements privés des rois Louis XV et XVI » : 16 personnes
  • « Louis XIV à Versailles » : 14 personnes
  • « Louis XIV, Napoléon et De Gaulle au Grand Trianon » : 14 personnes.

Grâce à l’engagement de la personne relais, nous avons aussi pu proposer deux visites autonomes au Château et au domaine de la Reine.

Le Musée du Quai Branly

 
Le défi d’emmener 30 personnes découvrir le musée du Quai Branly en bus, RER et métro a été réussi. Les parents étaient contents d’emmener leurs enfants faire une activité pendant les vacances scolaires : ils étaient 9 parents pour 12 enfants de 5 à 11 ans. Les adultes en situation d’isolement étaient au nombre de 9.
Avant la visite du musée, les personnes ont pu découvrir le long de la promenade une exposition de photographies à fort impact humain, qui a donné lieu à beaucoup d’émotions exprimées et d’échanges entre les personnes.

Musée Lambinet

 
Deux sorties ont été organisées : l’une - la première à avoir été organisée en dehors du Musée Maurice Denis - a réuni 14 personnes adultes accompagnés de Marlène Veyssière, la plasticienne du Musée Maurice Denis, qui a fait le lien entre les deux lieux d’histoire et a guidé les participants dans la manière de « croquer » une peinture choisie.

La deuxième, organisée par une bénévole en visite autonome sur le thème des « Amazones de la Révolution », a permis à la conseillère de présenter au groupe une personne SDF pour qui cette sortie représentait un début d’adhésion à un projet d’accompagnement vers un logement.

Les sorties du service festivités et du service Vie Sociale de la Ville

Un partenariat fort avec le service culturel de la Ville s’est également tissé. Sur l’année 2015 et 2016, 140 places gratuites ont été distribués aux participants des divers ateliers pour des spectacles musicaux et de théâtre avec une médiation culturelle autour notamment du comportement à adopter dans le cadre de ces sorties (l’école des spectateurs)

Les sorties ou forums proposés par le service Vie Sociale ont également bénéficié aux participants ainsi que le partenariat avec l’association « Help Portrait » (photographie solidaire) qui a permis à une trentaine de personnes sur deux années de vivre une expérience de valorisation personnelle, familiale et sociale avec un portrait offert.

Estimation CCAS

La réussite d’un tel projet s’appuie avant tout sur la bonne connaissance des besoins sociaux du territoire et sur le réseau partenarial existant. Les difficultés rencontrées au début ont été uniquement de l’ordre de la communication pour motiver, aider, rassurer les personnes orientées par les partenaires à s’inscrire dans cette démarche totalement nouvelle pour eux. Le temps pour qu’un groupe perdure et fonctionne dans le respect et la distance est long mais fondamental.

La solution aux difficultés rencontrées se trouve souvent dans le potentiel des personnes qui ont retrouvé leur dignité et ont reconnu leurs capacités à tisser des liens et trouver une place dans leur environnement social et culturel comme une participante devenue animatrice et assistante de la conseillère dans l’organisation des informations aux personnes des ateliers.

Cette action, qui vise tous les publics du champ social, peut s’inscrire dans tous types de territoire puisqu’elle s’appuie sur les lieux d’histoire, d’art, de culture locale existante dans l’environnement de vie des personnes et sur les acteurs-partenaires du territoire.

Enfin les CCAS/CIAS sont les lieux stratégiques de proximité pour participer à la vie culturelle, pour innover des actions par la culture en inventant de nouvelles directions pour valoriser les « savoirs » et les mettre en « mouvement ».

Photo : Wikimedia Commons / René Hourdry

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