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Mieux accompagner la parentalité des personnes en situation de handicap

Bilan du comité du 4 février 2019

Mieux accompagner la parentalité des personnes en situation de (...)

« Quoi de plus blessant que de voir sa capacité à être parent mise en cause par le handicap » ? C’est notamment par ces propos que Sophie Cluzel, secrétaire d’Etat en charge des personnes handicapées, introduisait le deuxième comité « Parentalité des personnes en situation de handicap » le 4 février dernier.

Une table ronde destinée à favoriser les échanges et le dialogue autour d’une même ambition : redonner à ces parents les moyens d’exercer pleinement leur parentalité.

Des réalités plurielles, méconnues du public comme des institutions

Invisible ou perceptible, le handicap renvoie à une grande diversité de situations, de besoins différents, avec un chiffre bien souvent méconnu : 85% des personnes en situation de handicap le deviennent au cours de la vie, par opposition au handicap de naissance. Si les situations sont très hétérogènes, le professeur Marc Dommergues (chef de service gynécologique et obstétrique de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière) constate cependant « une même unicité des demandes, une déficience qui entraine un besoin de compensation pour s’occuper de ses enfants ».

Pourtant, comme le fait remarquer Céline Poulet, secrétaire générale du Comité Interministériel du Handicap, « il est difficile de dire aujourd’hui qu’être parent en situation de handicap va de soi ». Plusieurs obstacles se présentent en effet sur le chemin des personnes parmi lesquels l’absence d’aide à la parentalité dans la prestation de compensation du handicap, mais aussi le regard de certains professionnels, d’une société méconnaissant la réalité des personnes en situation de handicap, et les croyant souvent en incapacité d’élever leurs enfants.

En outre, censées accompagner les parcours, les structures de droit commun telles que les services de gynécologie, les maternités, les crèches sont très souvent inaccessibles et dépourvues de matériels adaptés. Se faisant l’écho de ces multiples freins, une participante regrette ne pas avoir pu accéder à des lieux d’écoute, d’échanges, de réflexion pour réfléchir à « sa féminité », recevoir des conseils, « se penser parent ».

Les propositions

Pour transformer cette réalité, le comité a constitué une plateforme « pour des politiques volontaristes de soutien à la parentalité ». Il recommande notamment le déploiement de centres de ressources, experts dans l’écoute et l’accompagnement des personnes, le prêt de matériel adapté, mais aussi une formation des professionnels de santé intégrant une sensibilisation à la question : médecins, sages-femmes, gynécologues etc.).

Le Gouvernement s’est engagé à porter cette problématique dans l’ensemble des politiques publiques. La stratégie nationale de soutien à la parentalité, la stratégie de protection de l’enfance, mais aussi l’amélioration de la Prestation de Compensation du Handicap dans le cadre de la Conférence Nationale du Handicap, sont autant de leviers que Sophie Cluzel promet d’actionner prochainement.

De nouvelles perspectives auxquels les CCAS/CIAS peuvent conjuguer leurs actions à travers :

  • la mise en place de dispositifs de soutien inclusif à la parentalité,
  • le repérage des besoins dans le cadre de leur analyse des besoins sociaux,
  • un travail de concertation et de coordination avec les partenaires institutionnels et associatifs, lors de l’élaboration du schéma départemental de services aux familles et du schéma départemental des personnes handicapées.

Contact

Florence Angier
Juriste et chargée de mission « handicap – politiques sociales »
fangier@unccas.org

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