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Habitat indigne : la Fondation Abbé Pierre appelle une réponse urgente

Habitat indigne : la Fondation Abbé Pierre appelle une réponse (...)

Lors d’une conférence de presse le 9 janvier, la Fondation Abbé Pierre a demandé au gouvernement d’engager sans tarder un plan national ambitieux de lutte contre l’habitat indigne, avec le soutien des associations Soliha, Procivis et Compagnons Bâtisseurs.

« Suite au drame de l’effondrement d’immeubles à Marseille, nous nous sommes donné le temps du décryptage et de l’analyse avant d’organiser un appel pour la mise en œuvre d’un plan national de lutte contre l’habitat indigne. Pour la première fois, nous allons nous porter partie civile à Marseille dans l’information judiciaire ouverte pour homicide involontaire », lance Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé Pierre. A ses côtés, Xavier de Lannoy, président de Soliha, Yannick Borde, président de Procivis et Suzanne de Cheveigné, présidente de l’association nationale Compagnons Bâtisseurs, tous mobilisés autour de ce plan.

Aujourd’hui 900 000 à 1 300 000 personnes sont contraintes de vivre dans des conditions d’habitat dangereuses et indignes, une situation qui, comme le rappelle Christophe Robert, engendre « de nombreuses conséquences comme la maladie, l’isolement, les difficultés scolaires, la situation de honte… ». Face au phénomène, des dispositifs se créent sur les territoires, mais pour la Fondation Abbé Pierre, ceux-ci demeureront insuffisants tant qu’un plan national ambitieux, à l’image de celui qui avait été mené en 2010 pour lutter contre la précarité énergétique, ne sera pas lancé.

Le détail du plan proposé

Pour la Fondation Abbé Pierre, il convient prioritairement de « fixer des objectifs quantitatifs et qualitatifs aux territoires, assortis d’obligations de résultats ». « Ce sont environ 60 000 logements indignes, précise Christophe Robert, qui doivent être rénovés chaque année pendant 10 ans. À l’heure actuelle, les objectifs fixés à l’Agence Nationale de l’Habitat, l’un des principaux acteurs et financeurs des travaux, sont seulement de 10 000 à 15 000 logements à traiter par an, et ne sont pas atteints (78 % en 2017 sur un objectif de 14 500 logements) ».

S’inspirant des « contrats locaux d’engagements » mis en place dans le programme « Habiter Mieux » pour la rénovation énergétique des logements, la Fondation Abbé Pierre appelle également des engagements contractualisés des collectivités locales, en particulier des départements et intercommunalités. Il faut « développer sur l’ensemble du territoire, les opérations à périmètre départemental », poursuit Christophe Robert, afin de couvrir toutes les zones du territoire, même les plus reculées, en articulant :

  • le repérage fin des situations,
  • le travail d’accompagnement des ménages concernés, pour éviter qu’ils ne se découragent devant la complexité de leur situation,
  • le recours à des procédures coercitives (arrêtés d’insalubrité et de péril notamment) face aux bailleurs indélicats

Il s’agit également d’intensifier les opérations urbaines et foncières dans les centres urbains où différentes formes d’habitat indigne s’additionnent et s’entrecroisent avec complexité. Cela suppose de s’appuyer sur un panel d’outils variés adaptables à chaque contexte (techniques, fonciers, financiers, etc.), capables d’inciter les propriétaires à réaliser des travaux (notamment par des aides financières), de les y obliger, voire - au besoin - de faire les opérations à leur place (travaux d’office, substitutions...).

Des moyens financiers importants devront donc être mobilisés, que ce soit pour les travaux en eux-mêmes, la rémunération des professionnels conduisant les opération, l’accompagnement des occupants, l’accompagnement des personnes victimes de l’habitat indigne, qu’elles soient locataires ou propriétaires occupants. La fondation Abbé Pierre et ses partenaires n’avaient toutefois pas encore chiffré le montant de ce plan début janvier.

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