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Grand âge et santé psychique : enquête de la Drees

Grand âge et santé psychique : enquête de la Drees

Selon une enquête de la Direction de la Recherche, des Études, de l’Évaluation et des Statistiques (Drees) portant sur des données de 2015 et 2016, l’état psychologique de l’ensemble des résidents d’établissements pour personnes âgées est en moyenne moins bon que celui des personnes de plus de 75 ans vivant à domicile. Ce travail montre que c’est dans la majorité des cas la dégradation de l’état de santé qui est à l’origine de l’entrée en établissement.

En propos préliminaire, l’enquête rappelle que pour deux tiers des Français, il n’est pas envisageable de vivre dans un établissement pour personnes âgées. Aussi, plus de huit Français sur dix souhaiteraient-ils, si l’un de leur proche parent devenait dépendant, le maintenir à domicile (Baromètre de la DREES, 2017). La question du bien-être des personnes âgées en établissement représente donc un enjeu de politique publique de premier plan.

91% des résidents déclarent entrer en établissement en raison de leur état de santé ou de leur âge. Le manque de disponibilité de leurs proches (20%) et l’isolement social (9%) sont également des causes de leur arrivée en établissement.

Souvent dernier lieu de la vie de la personne, l’établissement pour personnes âgées rassemble des résidents ayant des caractéristiques socio-économiques, des âges et des pathologies différentes. Ce nouveau lieu de vie nécessite de s’y acclimater.

Un résident sur deux déclare souffrir de fatigue, de lassitude ou d’épuisement, tout en sachant que la sensation de fatigue et de lassitude touche également les personnes âgées vivant à domicile dans les mêmes proportions à âge donné. Ces affections évoluent avec l’âge et la durée de séjour dans l’établissement, les résidents les plus âgés étant souvent les plus touchés.

Plus d’un quart des résidents manque d’appétit et un tiers a des problèmes de sommeil. Le manque d’appétit et la difficulté à réaliser des activités quotidiennes sont nettement plus marqués chez les résidents en établissement. Le niveau de dépendance, plus élevé en établissement, entraîne des limitations fonctionnelles qui rendent les activités quotidiennes plus compliquées.

Le bien-être psychologique des personnes âgées en établissement est moins bon que celui des personnes âgées vivant à domicile. 18% des seniors vivant en établissement déclarent souffrir de dépression. 47% des seniors en établissement ont reçu au moins trois délivrances d’anti-dépresseurs dans l’année contre 14% des personnes âgées de plus de 75 ans vivant à domicile. Ces prescriptions peuvent aussi bien rendre compte d’une meilleure prise en charge des problèmes psychologiques en établissement que d’un recours accru aux antidépresseurs pour limiter les problèmes comportementaux dans un contexte institutionnel.

Les principaux facteurs associés à l’état psychologique d’un résident sont l’état de santé déclaré, la fréquence et la qualité des relations sociales. Le bien-être psychologique dégradé est limité par les dimensions pratiques de la dépendance : un piètre état de santé déclaré, un haut degré de douleur, une affection de longue durée.

Par ailleurs, le sentiment d’isolement, la qualité de la relation déclarée avec les aidants, le fait d’avoir des amis au sein de l’établissement et la capacité à nouer des relations s’avèrent liés au bien-être psychologique. Le sentiment subjectif d’isolement apparaît en réalité plus important que la fréquence objective des visites.

De plus, de précédentes études ont démontré que la qualité des repas et celle des relations avec le personnel étaient des déterminants importants de la qualité de vie en établissement.

Graphique : Drees

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