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Vivrez-vous en EHPAD demain ?

Les résultats de notre mini-sondage

Vivrez-vous en EHPAD demain ?

A l’occasion de la sortie du numéro de Territoires du Social d’avril 2019, intitulé Mick Jagger ira-t-il en « maison de retraite » ?, l’Unccas a proposé un mini-sondage sur son site internet pour avoir une idée de la vision des Ehpad que peuvent avoir ses lecteurs.

Le questionnaire

Deux questions étaient proposées :

  • Envisagez-vous, dans le futur, de vivre dans un établissement d’hébergement pour personnes âgées (EHPAD) ?
  • Pour quelles raisons (optionnel) ?

Le but n’était pas de mener un travail scientifique mais de collecter quelques témoignages sur le sujet et d’avoir une idée de la représentation que peuvent avoir de ce type d’établissements des personnes ayant un niveau de connaissance de la gérontologie plus averti que la moyenne, du fait de la fonction qu’ils exercent pour la plupart en CCAS/CIAS.

Les résultats

Sur les 191 réponses que le mini-sondage a reçues du 2 au 24 avril 2019,

  • 22,4 % ont répondu « Oui » à la première question et envisagent donc de vivre en EHPAD dans le futur,
  • 78,6 % ont répondu « Non ».

Du côté du « Oui »

On discerne plusieurs grandes tendances parmi les répondants envisageant ce mode d’hébergement. Seuls 17 % livrent des commentaires indiquant qu’ils trouvent adaptés les lieux et leurs services (« vivre dans un lieu sécurisé, entouré d’intervenants en cas de besoins, vivre dans un lieu où des activités sont organisées »).

Pour tous les autres, les raisons invoquées dans la deuxième question relèvent du registre de la contrainte :

  • 26 % évoquent des motifs de santé (Alzheimer...)
  • 20 % manifestent un éloignement de leur famille et de leurs proches,
  • 37 % évoquent également leurs proches et souhaitent ne pas être « une charge » pour eux.
  • Si je suis seule et isolée, ce sera rassurant . Bien sûr si le reste à charge est compatible avec mes revenus.
  • Malheureusement, je crains qu’au bout du bout ce ne soit nécessaire, même si j’ai tout mis en oeuvre pour anticiper, équiper mon logement pour qu’il soit adapté, etc.
  • Possibilité de bénéficier de soins dans un hébergement adapté
  • Le jour où je serai trop dépendante et si la solitude est trop difficile à supporter, puisque ma famille habite loin
  • Etant aidante moi-même, je ne peux pas imposer cette charger à mes enfants. Le rôle d’aidant est BEAUCOUP BEAUCOUP TROP LOURD.
  • Je ne pense pas y aller de mon plein gré, mais sans doute mes enfants me proposeront cette solution, quand je ne pourrai plus me débrouiller seul à la maison, même avec les aides à domicile.
  • Envisager une entrée en EHPAD n’est pas un choix en tant que tel mais il faut bien admettre que parfois il n’y a pas d’autres alternatives. Je fais partie d’une génération où il ne faudra sans doute pas compter sur ses enfants (souvent éloignés géographiquement) en tant qu’aidants.
  • Selon ma situation personnelle, je pense que j’entrerai en EHPAD avec encore assez d’autonomie pour m’y sentir comme dans un hôtel-restaurant et pouvoir m’en échapper autant que possible tout en me familiarisant avec mon nouvel environnement.

Du côté du « Non »

Les raisons de ne pas vouloir vivre en EHPAD invoquées par les répondants sont multiples et parfois croisées. Parmi les grandes tendances observées dans les réponses :

  • 26 % énoncent principalement le souhait de vivre à leur domicile,
  • 19 % délivrent une vision des EHPAD fortement marquée par l’ Ehpad bashing régulièrement pratiqué par les médias,
  • 18 % évoquent le coût élevé des établissements,
  • 15 % ne veulent pas vivre en collectif,
  • 7 % s’appuient sur leur expérience professionnelle pour motiver leur souhait,
  • 7 % considèrent les EHPAD comme des « mouroirs » ,
  • 8 % évoquent la question de l’euthanasie ou suicide assisté dans leur réponse.
  • Je souhaite pouvoir rester chez moi le plus longtemps possible afin de profiter de mon logement agencé et décoré selon mes envies et souvenirs. Par contre, j’espère pouvoir bénéficier de toutes les aides possibles pour les repas, les soins si nécessaire et surtout des activités en hyper proximité pour garder une activité et du lien social (par contre des propositions dynamiques et ouvertes sur le monde).
  • Je préférerais prévoir mon dernier domicile ou chez moi ou en colocation avec des personnes ayant perdu de l’autonomie, avec des services communs et une maîtresse de maison 24/24. Mutualisons les moyens !
  • Je suis pour le maintien à domicile beaucoup moins traumatisant... L’hébergement en EHPAD est beaucoup trop contraignant (horaires repas collectifs entre autres).
  • La vision actuelle des établissements ne fait pas envie.
  • Problèmes réguliers de maltraitance qui sont difficilement décelables par les proches.
  • Les prix sont exorbitants et malheureusement les actualités nous montrent bien que ce qui se passe n’est pas très rassurant.
  • Impossible de payer étant donnés les prix pratiqués. Les scandales nombreux et récurrents laissent à présager du manque de sérieux de certaines structures. Il est inconcevable de privilégier les actionnaires au détriment des résidents.
  • Les tarifs sont très élevés pour le « service » rendu, le personnel n’étant pas en nombre suffisant et les moyens qui leur sont octroyés de plus en plus réduits. On fait le sacrifice de l’humain sur l’autel de la rentabilité et de l’austérité.
  • La vie en collectivité m’insupporte depuis ma plus tendre enfance. J’aime pouvoir faire les choses quand je veux et non quand c’est le moment « imposé ».
  • Pas envie que mon éventuelle dépendance soit étendue à l’ensemble de ma vie : repas industriels, perte d’intimité, etc.
  • Pourquoi obliger les personnes âgées à vivre ensemble ? C’est mignon de voir tous ces jeunes enfants en crèche, mais reproduire la même chose pour des adultes ne fait pas rêver !
  • Perte de liberté. Je ne pourrais plus écouter Mick Jagger « à fond » à 3h du mat comme je le fais chez moi... Ni moins fort, ni à 20 heures. Ni manger des steaks tartare, ni dormir avec mon chien sur la descente de lit ! Et pour 1000 autres raisons... J’ai travaillé en EHPAD : tout est déshumanisé, inhumain, tragique !
  • Le bien vieillir, au sens de maintien d’un équilibre psychologique et de l’estime de soi, passe par la nécessité de maintenir un lien social avec les autres générations et avec la société. Les EHPAD génèrent un entre soi, qui accélère sa propre vision négative et dégradée du vieillissement, et qui accélère donc la dégradation de l’état psychique et physique de la personne vieillissante.
  • J’espère que dans l’avenir se créeront des accueils à plus petite échelle et bien plus humains à l’image de l’accueil des enfants chez les assistantes maternelles des conseils départementaux.
  • Je crains de souffrir : pas assez de personnel, personnel même plus formé (pas de budget, pas de temps...), énervé, fatigué ! Contexte tirant vers le bas...
  • Je visite régulièrement ces lieux et tant que je pourrai, je resterai chez moi, sauf si je perds la tête. Le manque de personnel est criant. De plus, je pensais que dans les maisons de retraite, les résidents se parlaient mais les personnes restent dans leur solitude !
  • Travaillant actuellement en EHPAD, les conditions de vie actuelle ne correspondent pas à mes aspirations pour finir ma vie.
  • Les soins et accompagnements sont insuffisants. Toilettes rapides peu respectueuses de l’intimité et du rythme de chacun, absence d’individualisation des prestations d’accompagnement (animation de groupe, tout le monde est descendu ou remonté...), jeux de coloriage ou faits part des personnes non qualifiées, mélange peu respectueux des pathologies et niveaux de dépendance dans les espaces communs, routine journalière, manque de communication des médecins face à la vieillesse, manque d’ouverture sur l’extérieur, approche tantôt infantilisante, tantôt directive, manque de prise en compte de l’individualité. Le « faire ce que l’on peut avec ce que l’on a » au lieu de « faire vivre les aînés vieillissants ».
  • Ce sont des établissements mouroirs, il faut être au bout de sa vie et encore... Horrible, à moins d’être inconscient, sans mémoire et incapable de se rendre compte de ce qui se passe autour de soi.
  • Si je ne peux plus vivre à domicile, y compris avec des aides, autant s’en aller tranquillement, sans attendre la mort dans un établissement.
  • Je préférerais avoir le choix de l’euthanasie à la contrainte de la dépendance.
  • L’ennui est lourd, très lourd, pour l’hébergé, ce qui augmente le sentiment d’impuissance et de culpabilité de la famille. Je souhaite prendre mes dispositions pour ne pas vivre si longtemps, il n’y a rien de beau dans cette grande vieillesse.
  • Je fais le choix de mettre fin à mes jours par tout moyen qui sera à ma disposition, car je ne conçois pas aujourd’hui à 57 ans d’attendre que la mort arrive dans un tel lieu. A quand le droit de mourir dans la dignité !
  • Faire avancer la loi sur le suicide assisté, on a le droit de renoncer à vivre quand les événements vous privent de la maîtrise de votre devenir conscient et accepté.

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