J'ai compris, mais plus tard...

Contexte

En 2009, un grand nombre de familles d’origine roumaine se sont installées dans des campements de fortune à Lille. Leurs conditions de vie restaient précaires. Ces familles ne pouvaient bénéficier d’aucune prestation sociale du fait de leur statut.Le CCAS souhaitait favoriser l’accès aux droits de ces familles afin de faciliter l’attribution d’une allocation mensuelle (AMASE) versée par le Département. C’est pourquoi il a été conduit à repréciser les critères de domiciliation.

Parallèlement, le CCAS est partenaire d’un dispositif expérimental nommé « villages de l’insertion » avec l’Etat (Education nationale, DDCS, DDTM), les collectivités locales (Lille métropole communauté urbaine, conseil général), la CAF et la CPAM. Une partie des familles installées sur le territoire lillois ont bénéficié de ce dispositif. Une autre partie vit toujours dans des installations de fortune mais sont accompagnées par des associations afin de faire évoluer leur situation.

Au vue de la prise en charge sociale des familles par les partenaires existants, le CCAS et la Ville de Lille souhaitaient s’appuyer sur la force juridique du droit à la scolarisation (droit constitutionnel) pour enclencher des démarches d’intégration.

Ces actions visent également à lutter contre la pauvreté et la mendicité.

A travers cette politique, le CCAS souhaite donc répondre à ces trois objectifs :
- l’accès aux droits,
- la scolarisation (voir la fiche sur ce sujet),
- la lutte contre la mendicité.

Description / Fonctionnement de l'action

L’objectif du village de l’insertion est de rendre totalement autonomes les familles participant à l’expérimentation tant au niveau de la scolarité, de la santé que dans les démarches administratives afin qu’elles deviennent locataires à moyen terme.

En décembre 2008, la commune de Lille a été sollicitée afin de mettre à disposition des terrains pour y installer des mobilhomes pouvant accueillir des familles Roms. Une convention définissant les champs d’intervention de chaque partenaire a été signée pour une durée de 24 mois. Par ailleurs, les familles candidates et participant à l’expérimentation ont signé une convention d’engagement avec le principal partenaire associatif. Celle-ci les engage à entreprendre des démarches d’insertion, à respecter des règles de vie et s’acquitter d’une participation à l’hébergement.

L’installation dans les mobil homes de Lille a eu lieu en février 2009. Les familles y résidant sont accompagnées par des travailleurs sociaux qui ont axé leur intervention sur l’insertion sociale et professionnelle. Des démarches ont pu être enclenchées suite à l’obtention de titres provisoires de séjour : demandes de CMU, bilans médicaux auprès de l’Institut Pasteur, cours d’alphabétisation, scolarisation des enfants, insertion dans la vie du quartier et de la ville.

Le CCAS a facilité les démarches de domiciliation des familles et ses travailleurs sociaux sont mobilisés pour travailler auprès des équipes de réussite éducative des partenaires associatifs. Il a également permis l’inscription des enfants à la cantine. De plus, une expérience a été menée afin de faciliter la scolarisation des tous les enfants Roms ayant un lien avec la commune de Lille (domiciliation).

Bilan

Tous les acteurs concernés se sont mobilisés sur ce projet.
L’action concerne 27 personnes à Lille installées dans 5 mobilhomes.
L’avis des habitants du quartier était assez mitigé avant l’installation des familles. Un an après la mise en place de l’expérimentation, il a évolué et les familles Roms sont de mieux en mieux acceptées malgré quelques réticences.Les familles s’acquittent régulièrement de leur participation mensuelle à l’hébergement.
Toutes les personnes concernées par l’action ont initié des démarches d’insertion sociale et professionnelle. A titre d’exemple, tous les hommes ont rencontré le Pôle emploi, réalisé des curriculum vitae et travaillé sur des lettres de motivation. De plus, des démarches administratives sont réalisées de manière autonome par les adultes et tous les enfants sont scolarisés. Chaque habitant a réalisé un bilan de santé qui a débouché sur des démarches en lien avec le médecin traitant. L’action s’est étendue à d’autres communes de la communauté urbaine et commencerait à s’étendre au niveau national (Strasbourg).

Moyens

Moyens humains :
Le directeur des solidarités et de la santé s’occupe de la coordination des acteurs et du relais avec les partenaires associatifs.
Budget : 14 365 euros.

Les partenaires

Partenaires opérationnels

Partenaires institutionnels : Education nationale, DDCS, DDTM, Lille métropole communauté urbaine, conseil général, la CPAM et la CAF.
Partenaires associatifs : AREAS (intervention auprès des Roms et gens du voyage), AFEJI (lutte contre les handicaps et les exclusions).

Ils financent l'action

Etat, Lille métropole communauté urbaine

Les observations du CCAS/CIAS

Le phénomène d’immigration des familles Roms tend à se développer de plus en plus. Cette action novatrice (petites unités implantées dans le tissu urbain) est un exemple d’insertion pour les familles Roms qui s’engagent dans une démarche durable. Cette expérience montre son efficacité à moyen terme avec une autonomisation dans certaines démarches administratives qui continue à se développer. Elle a permis de contribuer à l’amélioration de la situation de 5 familles. De plus, elle a vocation à être développée dans toutes les communes rencontrant une situation identique.

Elle permet également de faire évoluer le regard des habitants au sujet de cette population.

Photo : Wikimedia Commons / Velvet

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