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Fiche d'expérience

Une politique publique d’aide alimentaire

Une politique publique d'aide alimentaire

 La Ville d’Angers à travers son CCAS contribue à développer une politique publique d’aide alimentaire pour lutter contre l’insécurité alimentaire.

Contexte

A l’origine de ce projet, plusieurs constats : 
Une augmentation des publics en situation précaire avec une évolution des besoins : passage d’une aide ponctuelle à une aide structurelle (19% des ménages sous le seuil de pauvreté - 977 euros environ de ressources mensuelles pour une personne seule).Une grande diversité de fonctionnement des associations (approvisionnement, distribution, critères et modalités d’accès, gratuité ou non, peu de liens avec les travailleurs sociaux)Une baisse des denrées : retrait progressif du dispositif européen PEAD.L’aide alimentaire est un secteur qui repose sur le bénévolat, (600 à 700) très mobilisé sur des tâches logistiques, épuisé, qui cherche à se rajeunir.Une organisation qui doit s’adapter aux évolutions de la réglementation sanitaire : dans les pratiques (traçabilité, sécurité) et dans la mise aux normes des locaux (relogement ou adaptation à prévoir pour les distributions hébergées par la ville).
Dans le cadre de sa politique sociale, le CCAS d’Angers s’est engagé à mieux appréhender les besoins des angevins en situation de précarité et développer des réponses complémentaires à l’existant, en partenariat avec les associations du territoire, afin de permettre à tout Angevin en situation pauvreté de vivre dignement en lui garantissant un accès aux besoins primaires.
Les spécificités Angevines :Plus d’une trentaine de partenaires (associations, chantier d’insertion, institution…) agissent en matière d’aide alimentaire.Chaque mois, environ 8000 ménages vont dans les points de distribution pour bénéficier d’une aide alimentaire.Le colis est le modèle dominant sur Angers.16 points de distribution, 3 groupements de commandes, 12 points de distributions des Filets solidaires, 5 lieux de restauration sociale (2 lieux mobiles avec RestoBus + 3 restaurants sociaux)Forte mobilisation de bénévoles : 600 à 700.
Les volontés de la ville en matière d’aide alimentaire :Depuis 2009, la ville d’Angers s’est engagée sur des objectifs ambitieux en matière d’aide alimentaire.
- développer une politique cohérente et globale de l’aide alimentaire en tenant compte du contexte en pleine évolution : contraintes réglementaires, évolution de la pauvreté, évolution des besoins des publics,
- garantir l’accès aux besoins primaires des personnes, de plus en plus nombreuses, en situations précaires sur le territoire Angevin. Développer de nouvelles réponses, complémentaires à l’existant, en partenariat avec les associations,
- soutenir et accompagner les associations dans leurs actions et leur développement,
- organiser une coordination et animer le réseau d’aide alimentaire sur Angers,
- mutualiser les moyens, les savoir-faire du réseau d’aide alimentaire.
La ville par l’intermédiaire de son CCAS inscrit le développement et l’accompagnement de toutes nouvelles initiatives dans une certaine cohérence : répartition territoriale, complémentarité, critères d’accès, lisibilité, mutualisation, acquisition de compétences, travail en réseau entre professionnels et bénévoles.

Description / Fonctionnement de l'action

Depuis 2009, le CCAS :- organise une coordination et anime une réflexion avec le réseau d’associations caritatives : cellule de veille de l’aide alimentaire pour anticiper d’éventuelles situations de crise, outils de suivi, formation de bénévoles, conférences Agir ensemble, atelier de la solidarité,
- mutualise et met à disposition des moyens : une plateforme de stockage à la Cité, hébergement d’une partie des associations caritatives, subventions de fonctionnement,
- soutient le développement de nouvelles réponses en partenariat avec les associations et les institutions : filets solidaires, Tickets R.U étudiants,
- a contribué à la réflexion sur le nouveau dispositif de restauration sociale du soir avec la FNARS et les associations du champ de l’insertion : « RestosBus » pour proposer une restauration sous forme de repas chauds le soir destinée aux personnes en situation de grande précarité, les sans-abris, ou les personnes privées de toit,
- a signé une convention cadre entre la Ville d’Angers et la DRAAF, relative à la création d’une Maison de l’Alimentation Solidaire et Sociale à Angers ayant pour finalités : de fédérer les acteurs agissant dans le secteur de l’aide alimentaire et de développer tout projet favorisant l’accès à l’alimentation. Un espace que l’on peut définir comme lieu de débat, de réflexion et de projets innovants pour répondre à des problématiques alimentaires.- a contribué à la réflexion avec la FNARS sur de nouvelles formes de distribution alimentaire pour le territoire Angevin avec la prise en compte de nouveaux publics et l’étude de faisabilité pour compléter le dispositif des filets solidaires de denrées d’épicerie,- a animé une étude – action accompagnée par un consultant extérieur ayant pour objectifs d’actualiser l’état des lieux de 2009 et de formaliser un plan d’orientations et d’actions pour les 5 ans à venir. Depuis mars 2013, des groupes de travail ont été conduits avec des bénévoles, administrateurs, travailleurs sociaux, représentants d’institutions, - a réalisé des outils : répertoire de l’aide alimentaire sur Angers, répertoire de l’aide alimentaire pour les étudiants, flyers...
Lancement de l’expérimentation « filets solidaires » depuis 2011 :Les filets solidaires sont des fruits et légumes provenant de surplus (grossistes, producteurs), conditionnés en filet de 5 kg et distribués à des bénéficiaires dont les ressources n’excèdent pas le quotient de la carte partenaire (quotient CAF). Les légumes sont triés et valorisés par des salariés en insertion et distribués par des équipes mixtes (bénévoles et compagnons). Le portage technique est confié au Jardin de cocagne angevin.
Sur 2011, expérimentation sur deux territoires de la ville. En 2012, le dispositif a été étendu à l’ensemble des territoires angevins. L’expérimentation (démarrage effectif courant février), est prévue pour 400 filets soit 800 à 1 000 bénéficiaires (400 ménages) qui participent financièrement au coût des filets en fonction de leurs ressources (3 seuils de quotients prévus). Les filets solidaires s’appuient sur une triple volonté : - élargir l’accès de l’aide alimentaire à de nouveaux publics,- organiser les filets solidaires dans des lieux de vie sociale propices à la mixité sociale,
- un projet qui réunit à la fois : développement durable, solidarité sur les territoires et création d’emplois (compagnons).
L’enjeu des filets solidaires est de les développer, avec les acteurs des quartiers, sur les 10 quartiers d’Angers.La matrice du projet filets solidaires s’articule autour de 8 principes fondamentaux :1. accès à l’aide alimentaire à de nouveaux publics, notamment toutes personnes titulaires de la carte Partenaires (quotient 706),2. organisation des filets solidaires dans des lieux de vie sociale propices à la mixité sociale, 3. un apport en fruits et légumes qui contribue à l’équilibre alimentaire (composition des filets variée),4. une participation financière aux filets solidaires différenciée selon ses ressources. La participation financière varie de 2.60 euros à 6.10 euros selon le quotient. Une partie du coût du filet est prise en charge par le CCAS,5. une animation autour des fruits et légumes pour développer le lien social, de nouveaux apprentissages et la consommation des denrées du filet,6. développement du projet en partenariat avec les associations des territoires en tenant compte des projets existants,7. création d’activités salariées pour des personnes qui n’accèdent pas à l’emploi classique,8. contribuer au développement durable par le tri et la valorisation de denrées provenant de surplus ou d’invendus. Les filets sont composés d’achats complémentaires permettant ainsi une diversité de fruits et de légumes.
Collecte et redistribution d’invendus en boulangerie :La maison Bécam gère 6 points de vente en boulangerie. Malgré une gestion fine de sa production des excédents sont inévitables. Le gérant de la maison Bécam préférant donner ses excédents (60 baguettes par jour + viennoiseries) à des personnes en difficulté plutôt que de les jeter s’est adressé à la Collectivité pour qu’elle organise une collecte de ses invendus.Le CCAS a contribué activement à organiser le partenariat de dons de produits de boulangerie entre la maison Bécam et deux associations. Si cette expérience se révèle positive elle pourrait s’élargir à d’autres boulangers et d’autres associations volontaires.
Création d’un dispositif spécifique aux étudiants : tickets Restaurant Universitaire - CCAS : L’étudiant s’adresse au service social du centre local des œuvres universitaires et Scolaires (CLOUS) ou du service universitaire de médecine préventive et de promotion de la santé (SUMPPS) pour une semaine d’aide financière. Les assistantes sociales de ces deux services instruisent la demande de fonds national d’aide d’urgence (FNAU). Celle-ci fait l’objet d’une décision dans le cadre de la commission FNAU du CLOUS.L’aide à la restauration du CCAS s’inscrit en complément de l’aide accordée par le CLOUS, identifiée et délivrée par le CLOUS.L’aide se traduit par le financement de ticket repas pour les restaurants universitaires de la Ville d’Angers. Le nombre de tickets repas dépend du montant du FNAU accordé.
Dispositif d’aide alimentaire pour les jeunes en recherche d’emploi :Celui-ci a pour objectif de soutenir les jeunes angevins inscrits à la mission locale Angevine par une aide à la restauration sous forme de chèques d’accompagnement personnalisé restauration.L’aide est délivrée par la mission locale dans le cadre de l’accompagnement du jeune. Les bénéficiaires recoivent, sur une période de 3 mois (renouvelable 1 fois sous conditions) des chèques d’accompagnement personnalisé restauration d’une valeur de 5 euros à concurrence de 5 chèques déjeuner par semaine, soit 20 chèques déjeuner par mois de démarche active d’emploi.
La Ville d’Angers apporte également un soutien financier aux projets et aux associations du champ de l’aide alimentaire.

Bilan

Des perspectives sont envisagées à moyen terme : - finaliser les actions prioritaires (2013/1014) de l’étude action : construire un cadre de référence de l’aide alimentaire sur Angers, définir le cadre de fonctionnement de la maison de l’alimentation solidaire et sociale, compléter l’offre filets solidaires avec des denrées d’épicerie, accompagner les associations souhaitant travailler sur leur projet associatif,
- poursuivre la dynamique des collaborations engagées : organiser une information sur les droits des primo – arrivants, présenter les données de l’observation sociale...- relocalisation à envisager pour certaines distributions alimentaires hébergées par la Ville, - tenir compte des évolutions réglementaires, traçabilité, mise aux normes des locaux et sécurité des bénévoles,- accompagner la réflexion de nouveaux porteurs de projets d’aide alimentaire (Croix Rouge, Fédération des étudiants, Trait d’Union…),- former, accompagner les bénévoles des associations sur l’accueil des publics,- encourager, diversifier et organiser les sources d’approvisionnement de surplus et de dons auprès des grossistes.
Chaque semaine 927 filets solidaires sont distribués sur 11 points de distribution, 8 quartiers, soit 56 tonnes de fruits et légumes triés et valorisés sur l’année. 93 bénévoles mobilisés, 10 équipes de comités de suivi, une animation par mois par site.
Aide à la restauration pour les étudiants : 352 étudiants ont bénéficié d’une aide pour leur repas en restaurant universitaire et 9 035 tickets ont été délivrés soit un montant de 28 241 euros.
Aide alimentaire pour les jeunes en recherche d’emploi : 478 jeunes ont reçu une aide sous forme de chèque d’accompagnement personnalisé de 100 euros pour un montant total de 103 300 euros.

Moyens

Moyens humains :- 1 chargée de mission coordonne le projet,- 1 assistante.
Budget consacré aux actions, dispositifs, projets d’aide alimentaire (2013) : - soutien financier à l’aide alimentaire = 218 019 euros pour 3 196 aides accordées,- restauration sociale des étudiants : 28 242 euros pour 352 étudiants,- aide à la restauration des jeunes en recherche active d’emploi : 103 300 euros pour 478 jeunes,- restauration scolaire (cantine) : 416 617 euros pour 3 037 élèves,- restauration sociale (repas aide accueil et Notre Dame de l’accueil) : 98 391 euros pour 24 782 repas,- prise en charge d’une partie du coût du filet solidaire selon le quotient des bénéficiaires : 81 607 euros pour 38 159 filets solidaires,- subventions aux associations qui agissent sur le champ de l’aide alimentaire (une dizaine d’associations) : 96 550 euros + financement de postes : 12 800 euros + mise à disposition de locaux : 151 038 euros,- accompagnement des travaux « étude action » par un consultant : 18 000 euros.

Les partenaires

Partenaires opérationnels

Ville, Etat, fédérations du champ social, associations d’habitants, associations du champ de l’insertion, FNARS, DRAAF, Restos du cœur, Jardin de cocagne angevin, Secours populaire, banque alimentaire, Resto-troc, - Notre Dame de l’Accueil, Aide accueil, maison Becam, CLOUS, SUMPPS, MLA, maisons de quartiers.

Ils financent l'action

Etat

Les observations du CCAS/CIAS

Depuis 2011 avec le déploiement des filets solidaires, un paysage qui évolue avec de nouveaux acteurs sur le champ de l’aide alimentaire. 10 comités de suivi des filets solidaires composés des acteurs des quartiers. (maisons de quartiers, associations des habitants, réseau d’échanges de savoirs, passerelles, collectif santé, maison de la santé, Secours catholique, mission locale, fédération des étudiants...). La coordination interassociative existent depuis 5 ans avec des temps d’échanges, de réflexion, de formation et de création d’outils communs (tableaux d’indicateurs et de prévention de crise, répertoire de l’aide alimentaire, atelier de la solidarité…) qui permettent de recueillir des éléments qualitatifs et quantitatifs de l’activité, action collective.

Photo : Wikimedia Commons

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