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Une clinique de l’exil à Montpellier

Une clinique de l'exil à Montpellier

Renforcer l’accès aux soins psychiques pour toutes les personnes en situation d’exil, tel est le point d’entrée du Centre Frantz Fanon, porté par la Cimade et un collectif de plusieurs associations dont Médecins du Monde. Pluridisciplinaire, l’équipe est composée d’une coordinatrice, de deux psychologues, d’un médecin, d’un intervenant juridique et social, d’interprètes et de bénévoles. Les consultations sont gratuites, sur rendez-vous et sans condition d’âge ni de statut.

« Le centre est constitué de deux pôles : le pôle soins et le pôle ressources. Ce dernier est destiné à soutenir les professionnels de la région Occitanie grâce à des formations, de la mise en réseau... Nous formons également des interprètes spécialisés dans l’accompagnement à la santé et nous les soutenons car absorber les parcours d’exil et les restituer peut être difficile. Un groupe d’analyse de pratique les aide à évacuer la lourdeur émotionnelle des témoignages », indique Muriel Montagut, coordinatrice. Les interprètes qui travaillent au centre sont rémunérés car « ils sont considérés comme co-thérapeutes ».

Dès le premier mois d’ouverture en novembre 2018, 110 demandes de suivi psychologique ont été formulées par des personnes en exil. « Nous devons d’abord expliquer notre action lors de l’entretien d’accueil, notamment le rôle d’un psychologue car la pratique est souvent inconnue. Le temps des soins est très variable selon les personnes : deux séances, deux mois, huit mois… », poursuit la coordinatrice.

Le Centre Frantz Fanon prend en charge aussi bien les mineurs non accompagnés, les femmes victimes de violence, les « dublinés » , les personnes déboutées de leur demande d’asile. Le public soigné à la « clinique de l’exil » peut être orienté par les structures d’hébergement, les associations spécialisées ou encore les collectivités. Pour cette année, la structure est financée par la région Occitanie et la DRJSCS. « Nous recherchons activement d’autres financements pour pérenniser notre action. Nous essayons de mobiliser l’ARS, pour cela nous devons démontrer les besoins et que cette offre de soins émerge dans le droit commun », explique Muriel Montagut.

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