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Fiche d'expérience

Un jardin comme support d’insertion sociale au sein la maison relais de Sainte-Rose

Un jardin comme support d'insertion sociale au sein la maison relais de (...)

La maison relais de Sainte-Rose offre 20 logements durables à des personnes très démunies en proposant un accompagnement à la resocialisation. La commune de Sainte-Rose a mis à disposition un terrain et y a aménagé un jardin solidaire, favorisant le lien social et l’insertion des résidents.

Contexte

Les maisons relais s’adressent de manière privilégiée aux personnes fréquentant ou ayant fréquenté de façon répétitive les structures d’hébergement provisoire et qui ne relèvent pas des structures d’insertion de type CHRS ni d’un logement autonome. Il est important de rappeler que la maison relais ne s’inscrit pas dans une logique de logement temporaire mais bien d’habitat durable, sans limitation de durée et offrant un cadre semi collectif valorisant la convivialité et l’intégration dans l’environnement social. 
Les résidents bénéficient de l’accompagnement de deux hôtes qui ont pour mission :
- l’accompagnement de proximité,
- l’organisation de la vie quotidienne et l’animation des espaces communs,
- l’assurance de la sécurité de chacun,
- l’organisation du suivi global des résidents.
Le CCAS de Sainte-Rose a souhaité mettre en place un jardin réalisé par les résidents et au bénéfice de ceux-ci. Pour ce faire, des aménagements ont été mis en place avec du mobilier et une clôture pour délimiter l’espace dédié.

Description / Fonctionnement de l'action

Le jardin est un support d’accompagnement au même titre que la cuisine, le soutien administratif ou celui à l’hygiène du logement…L’activité jardin a une place centrale dans le projet. Deux rendez-vous hebdomadaires ponctuent le travail collectif. Chacun peut également en toute autonomie, dès lors que cela reste dans le cadre du projet, investir le jardin et travailler à son rythme. Le rapport à la terre est toujours durable en milieu rural, même chez les plus jeunes. Aussi, le rendez-vous des jardiniers est très investi par les résidents. En moyenne, 12 participants réguliers directs (travail de la terre) sur les 20 résidents plus ceux qui participent à la confection des repas…
L’ambition de ce jardin est de mobiliser des personnes réunies par le biais de leur passion du jardinage, autour d’une dynamique collective, porteuse de sens pour elles. Dans un esprit communautaire, il n’est pas envisagé de morceler la parcelle mais de les associer à une production collective à consommer lors des repas partage ou à distribuer entre elles. La pose de la clôture de la parcelle a donné un élan supplémentaire aux efforts entrepris.
A l’interne, ce jardin représente une véritable opportunité de sortir les personnes de leur isolement et de favoriser les relations intergénérationnelles au sein du groupe. Les compétences techniques de chacun sont sollicitées et valorisées à travers des choix collectifs (sélection des légumes/fruits en fonction de la saisonnalité, utilisation de pesticide ou pas…) et des tâches à effectuer (confection de semis, transplantation, entretien, traitement).A l’externe, le jardin permet une ouverture vers le quartier par le simple fait de discuter avec des passants par exemple et de faire évoluer l’image des résidents au sein de leur environnement.

Bilan

Bilan positif :Investissement sur la durée de personnes pour qui la participation aux rendez-vous des jardiniers reste volontaire. Production de légumes permettant d’améliorer le quotidien. Education à la santé en introduisant dans leur alimentation des légumes qu’ils n’ont pas l’habitude de consommer (salades, légumes verts…). L’épicerie sociale de Saint-Benoit est disposée à acheter des légumes et épices à la maison relais.
Bilan des points à améliorer : Non-respect du travail collectif : par exemple, arrachage de légumes avant terme et vente à la sauvette qui est à réguler.
Réussite : En l’absence des professionnels, pérennisation de l’entretien du jardin par les résidents. Autonomie dans les initiatives.
Difficultés :Les problèmes de santé de certains résidents peuvent rendre fragile la continuité du travail sur le jardin.

Moyens

Moyens humains : - 1 coordonnatrice 0.50 ETP,
- 2 ETP couple d’hôtes (1 animateur social et 1 aide médico-psychologique),
- les personnels accompagnants sont mobilisés sur le projet jardin solidaire.

Budgets de la maison relais :Budget de fonctionnement : 16 euros/jour/ logement,Budget d’investissement : 60 000 euros au démarrage.

Les partenaires

Partenaires opérationnels

ALEFPA est gestionnaire de la maison relais.
Partenaires pour l’insertion : SIAO, la mission RSA et l’épicerie sociale de l’Est.Travailleurs sociaux prescripteurs : groupe hospitalier de l’Est, CCAS d’autres communes, unité territoriale de Sainte-Rose, établissements médico-sociaux, services tutélaires.
Partenaires santé et prévention : ANPAA (association nationale de prévention en alcoologie et addictologie), l’équipe mobile de l’établissement public de santé mentale de la Réunion et gendarmerie de Sainte-Rose.
Partenaires de l’animation : habitants, structures sportives, CCAS.

Ils financent l'action

Cette opération a eu un coût d’environ 1 850 000 euros financé par les crédits LBU et différentes subventions du conseil général et de la commune.

Les observations du CCAS/CIAS

Cette expérience permet de :- travailler sur les repères temporels (chaque mardi et vendredi sont programmés les rendez-vous des jardiniers),- valoriser et échanger les savoir-faire des résidents, - les intégrer dans un projet commun, partagé et solidaire (à l’interne mais aussi dans le quartier),- rebondir sur des actions citoyennes (par exemple : entretien de jardins de personnes âgées de la commune dans le cadre de la semaine bleue et plus).

Photo : Wikimedia Commons / Thierry Caro

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