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Fiche d'expérience

Un groupe d’expression pour la remobilisation professionnelle de bénéficiaires du RMI

Un groupe d'expression pour la remobilisation professionnelle de (...)
Cette action n’est plus portée par le CCAS/CIAS.

N’hésitez pas cependant à vous inspirer de cette fiche pour imaginer un projet similaire.

Contexte

Il existe à Rueil-Malmaison un « noyau dur » de bénéficiaires du RMI dont l’ancienneté dans le dispositif est supérieure à 5 ans, avec une moyenne d’âge de 45 ans. Ils représentent environ 50 % des publics du dispositif. Leur longue inactivité les a installés peu à peu dans un isolement qui les a éloignés chaque fois un peu plus de la société et des institutions. Très souvent, cela a eu pour conséquence d’engendrer ou d’aggraver des fragilités sociales et/ou psychologiques pour lesquelles le seul traitement médical était insuffisant. De plus, l’ensemble des partenaires sociaux et professionnels se retrouvaient démunis face à ce public qui nécessitait un accompagnement quasi quotidien pour retisser du lien social.

Depuis quelques années, la commune de Rueil-Malmaison a eu la volonté de réunir de nombreux moyens destinés aux bénéficiaires du RMI, afin de les accompagner dans la construction de leurs parcours d’insertion (mise en place d’une Plate Forme Diagnostic RMI en 2001). Cependant, les publics restés longtemps isolés n’ont pu évoluer vers de la remobilisation professionnelle faute d’outils adaptés. Pour ces situations, il a fallu construire une réponse nouvelle destinée au traitement social de l’isolement. Les conclusions du diagnostic ont convenu de la nécessité de mettre en place un lieu d’expression et d’échanges collectifs sur un rythme fréquent, régulier et sur une longue période.

Description / Fonctionnement de l'action

Le groupe d’expression s’adresse aux bénéficiaires du RMI isolés, éloignés et démobilisés de leur parcours d’insertion, et qui avant tout, ont besoin de renouer des liens sociaux. Les bénéficiaires potentiels sont repérés par les professionnels de l’insertion de la plateforme diagnostic RMI du CCAS, de la maison de l’emploi, de l’ANPE, de la circonscription de la Vie Sociale et de l’association intermédiaire TRAMPLEIM 92. Ces personnes sont ensuite conviées à une réunion collective destinée à leur présenter le dispositif « groupe d’expression ».Cette action mobilise des bénéficiaires du RMI 2 jours par semaine sur 6 mois. Durant cette période, les activités suivantes sont proposées :

- un atelier d’art thérapie d’une journée (encadré par une art thérapeute) où se pratiquent peinture et arts plastiques, accueille cinq personnes le matin et cinq personnes l’après-midi. Cet atelier permet de favoriser l’expression personnelle d’une part, puis collective à travers les échanges réalisés entre les participants sur leurs productions. Une oeuvre collective est réalisée durant chaque session. Il y a quelques années il s’agissait d’un travail sur grande toile (10m x 10m) utilisant toutes les nuances autour du bleu, cette année il s’agit d’un carnet de route reprennant le style impressionniste des peintres de la région.

- un regroupement collectif qui réunit les dix personnes sur une demi-journée (le surlendemain de l’atelier d’art thérapie), est destiné à favoriser l’émulation pour la construction d’un projet collectif choisi par le groupe. Cette année, les participants ont pu s’essayer à différents exercices d’écriture (haïkus, mots composés, rimes, textes libres…).

- Des sorties pédagogiques thématiques, des repas collectifs...

Jusqu’en 2008, les groupes d’expression accueillaient 12 participants. Depuis 2008, les groupes ont été restreints à 10 personnes afin de favoriser le tissage de liens et entretenir des échanges de qualité. Depuis 2008, la durée des ateliers est passée de 6 à 9 mois. Cette décision fait suite aux demandes des bénéficiaires qui, en l’absence de relais sociaux, manquent d’autonomie pour entamer des démarches une fois la session « groupe d’expression » achevée. Les 3 mois supplémentaires permettent d’approfondir les connaissances des participants en ce qui concerne les structures relais sur la ville et la région vers lesquelles ils peuvent se tourner.

Bilan

Au terme de regroupements réguliers sur plusieurs mois, les contacts ont favorisé le retissage de liens sociaux. Les différents exercices en peinture et écriture ont exploité les savoirs-faire des personnes, mettant en valeur leurs compétences. Les échanges ont progressivement permis aux uns et aux autres de s’exprimer en public, et l’émulation collective leur a donné le sentiment d’être moins seuls. Enfin, la production d’un résultat concret (rédaction d’un livre et carnet de route sur les peintres impressionnistes de la région) leur a permis de constater l’évolution de leur parcours avec l’aboutissement d’un projet, et donc l’atteinte d’un objectif.

Les implications individuelles progressives dans les ateliers ont favorisé l’investissement des publics RMI dans la construction de leurs parcours d’insertion. La présence fréquente de la coordinatrice insertion assure le lien avec l’institution en relayant les informations nécessaires relatives aux bénéficiaires du RMI auprès des professionnels.

Des difficultés ont été rencontrées pour convaincre les référents sociaux-professionnels de l’intérêt que pouvait avoir l’art thérapie pour les bénéficiaires du RMI.

Moyens

1 art thérapeute, chargée de l’atelier d’art thérapie et d’écriture,
1 coordinatrice insertion, chargée de la logistique et de la coordination avec les partenairesBudget : environ 40 000 euros, financé de manière égale par la Ville te le Conseil général.

Les partenaires

Partenaires opérationnels

Plateforme diagnostic RMI du CCAS, circonscription de la Vie Sociale, maison de l’emploi, ANPE, Association intermédiaire TRAMPLEIM 92

Ils financent l'action

Mairie de Rueil-Malmaison, Conseil général des Hauts de Seine

Les observations du CCAS/CIAS

L’adhésion spontanée et la motivation croissante conduisent à la reprise de confiance en soi et dans les institutions. La clarté de perception et de connaissance de soi-même permet aux participants de reconnaître leurs atouts et leurs potentiels. Ainsi, la confiance en soi favorise la confiance envers les dispositifs de droit commun chargés de les accompagner dans leurs parcours d’insertion. La présence quasi-permanente du coordinateur facilite le rapprochement institutionnel. En effet, tout en représentant l’institution, le coordinateur éclaircit les représentations, rectifie les images erronées, explique le rôle et les missions de chaque structure. A ce titre, cette action constitue une plus-value par rapport aux actions plus classiques « d’art et communication ». Ainsi, l’adhésion du bénéficiaire qui développe son rôle d’acteur principal de son parcours de vie permet aux institutions d’optimiser leurs services.

Les bénéficiaires œuvrent pour atteindre les objectifs fixés car c’est le tremplin vers la satisfaction de soi et la porte ouverte sur la réussite. L’action invite les personnes à partir d’elles-mêmes, sans pré-requis attendus, faisant juste appel à une première ouverture d’esprit vers une sortie positive du dispositif RMI. Epaulés par l’art thérapeute et l’animateur de développement local, les bénéficiaires conçoivent et mettent en place les étapes de leur parcours. L’implication, mesurée d’un jalon à l’autre par un exercice à faire et à rendre, une recherche à effectuer, permet de constater l’évolution progressive de chacun. Du point de départ que constitue l’art thérapie, outil de développement, les bénéficiaires parviennent à franchir la ligne d’arrivée vers la confiance en soi, représentée en l’occurrence, pour l’action en cours, par la production d’un film sur ordinateur. A l’issue de l’action et sans attendre, une nouvelle étape vers l’insertion est mise en place, où le projet et la recherche d’emploi sont majoritairement choisis.

Photo : Wikimedia Commons / Pymouss44

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