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Territoires du social, janvier 2020 : contribution exclusive de Claire Compagnon

Territoires du social, janvier 2020 : contribution exclusive de Claire (...)

A l’occasion de la parution du numéro de janvier 2020 de Territoires du social, avec la participation de personnalités d’horizons divers autour de l’action sociale, l’Unccas publie en exclusivité web une contribution de Claire Compagnon, déléguée interministérielle Autisme et Troubles du neuro-développement.

C’est en regard de ces dernières années de travail dans le champ de l’autisme que je me permets d’apporter quelques réflexions à ce sujet du devenir de l’action sociale en France. L’action sociale est en pleine évolution, mais surtout en constante évolution, c’est une évidence ! Pour ma part, la tension sans doute la plus évidente est celle de la conciliation entre l’individu et le collectif

Historiquement, l’action sociale s’adressait à des « publics cibles » dans le but de prévenir et de traiter les phénomènes d’exclusion liés à l’âge, au handicap, à la situation sociale. C’est la loi 2002-2 qui en introduisant au cœur de la loi, la notion de « personne accueillie » ou accompagnée marque une inflexion forte des politiques sociales et du travail social. Et nous sommes encore au cœur de ces mutations avec cette nécessité de conduire les interventions auprès des personnes de manière individualisée et il s’agit bien d’un progrès !

La « personne » apparaît de plus en plus comme titulaire de droits. Cette tendance trouve, pour l’instant, son niveau le plus élevé dans la « loi pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées » du 11 février 2005 avec, notamment, le principe du droit à compensation.

Mais le chemin pour en faire une réalité dans la vie des personnes dans l’attribution effective de ses droits reste immense : la plupart des personnes en situation de handicap rencontrent des obstacles à tout moment de leur existence, et la plupart connaît de très graves difficultés dans la vie quotidienne.

Leur accès à l’école, aux lieux professionnels ou culturels, aux moyens de transport et aux technologies de la communication reste complexe. Michel Foucault disait en parlant de nos sociétés qu’elles se caractérisent « selon la manière qu’elles ont de se débarrasser, non pas de leurs morts, mais de leurs vivants ». Il s’agit donc de conduire une révolution, celle qui conduirait à une société inclusive. C’est une nécessité non pas liée au seul handicap : la réalisation de cette société inclusive relève d’un investissement global pour qu’elle bénéficie à tous. Pour cela nous devons agir sur l’environnement social pour le rendre propice à tous, afin de signifier concrètement à chacun d’entre nous que ce qui fait notre singularité ne doit pas nous empêcher collectivement de faire société.

Ce travail social investi d’une réelle perspective politique s’inscrit dans le temps long de l’accompagnement et de la prise en compte des personnes. Il repose sur la bienveillance, la recherche créatrice de solutions adaptées, l’innovation au risque de l’erreur.

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