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Suicide : la protection de l’enfance fortement touché

Suicide : la protection de l'enfance fortement touché

En 2021, la haute autorité de santé classait les jeunes confiés à l’ASE parmi les groupes à risque de suicide aux cotés des personnes LGBT, des jeunes en errance et incarcérés. En effet les jeunes placés ont deux fois plus d’idées suicidaires que les autres jeunes non placés et trois fois plus de risques de passer à l’acte.

Le rapport de l’observatoire national du suicide publié en septembre dernier, mettait en évidence les conséquences de la crise liée au covid chez les jeunes. La hausse du risque suicidaire s’est fortement accrue chez cette catégorie de la population, en particulier chez les filles.
Cependant, au sein des jeunes confiés, les informations sont manquantes. Il y a des données sur l’activité et les places disponibles mais les données qualitatives sur le parcours des enfants, leur santé tant somatique que psychique, sont déficitaires.

Mettre en place des dispositifs de repérage et développer un travail en réseau avec les différents acteurs

Les professionnels de la protection de l’enfance sont démunis face à l’ampleur de ce phénomène, car peu d’institutions sont dotées de réels protocoles en matière de suicide.
Dans un premier temps, l’enjeu est donc de prévoir des dispositifs de repérage pour prévenir les suicides. La direction générale de la santé avait dans ses directives de juillet dernier, mis l’accent sur les formations sentinelles qui s’adressent à des citoyens ou des professionnels non cliniciens.

Dans le nord de la France ce type de formation a vu le jour à destination des agents du département, mais aussi des professionnels du secteur associatif et de la protection judiciaire de la jeunesse. Ces formations sous forme de sessions pratiques, visent à mieux analyser les mécanismes de crise et le potentiel suicidaire. Ce réseau sentinelle a ensuite pour objectif, d’orienter et d’accompagner les personnes repérées vers des ressources appropriées. Cependant pour que ce réseau fonctionne il est nécessaire qu’un réseau d’acteurs existe derrière et qu’une collaboration se fasse avec le secteur sanitaire. Cette collaboration est souvent difficile car les situations des enfants sont classées prioritairement soit dans le champ de l’éducatif, soit dans le champ de la psychiatrie, par manque de connaissance réciproque entre les secteurs. Ainsi au lieu de faire face aux situations complexes ensemble, on assiste à une forme d’isolement entre les secteurs.

En matière de prévention du suicide, il est nécessaire également d’être vigilant aux « suicides en grappes localisées », c’est-à-dire au risque qu’un suicide ou même une tentative en génère d’autres derrière. Il existe plusieurs plans pour que les structures se préparent à l’avance à d’éventuels incidents et mette en place le cas échéant, une cellule de crise.

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