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Fiche d'expérience

Sensibiliser les femmes au dépistage du cancer du sein

Sensibiliser les femmes au dépistage du cancer du sein

Contexte

Le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez les femmes. 1 femme sur 9 aura un cancer du sein. Il est nécessaire de convaincre les femmes du rôle primordial du dépistage précoce. Le programme national de dépistage du cancer du sein, initié en 1994, est généralisé à l’ensemble du territoire depuis mars 2004. Il s’adresse à toutes les femmes de 50 à 74 ans. Le dépistage est gratuit. Les femmes concernées sont invitées, par courrier, à faire une mammographie tous les 2 ans.

Sur Trélazé, plusieurs constats se croisaient :
- Sur le territoire de Trélazé, le taux de participation au dépistage organisé est plus faible que la moyenne départementale : en 2007, le taux de participation était de 61 % à Trélazé, contre 65 % dans le département de Maine et Loire (source : cap santé 49). Trélazé est classé dans la catégorie des territoires ayant le plus faible taux de participation du département (inférieur à 66%).

- Une association trélazéenne, composée de femmes d’origine turque, a pointé la difficulté d’accompagner les femmes vers le dépistage : les membres de l’association, conscientes de l’importance du dépistage, souhaitaient agir en levant les freins rencontrés au sein de leur communauté (difficulté de compréhension de la langue française, manque d’information, gêne dans le rapport au corps…). Un outil était à créer, comme support d’accompagnement à cette démarche. 

Ainsi, un groupe de travail s’est constitué sur Trélazé, autour de la prévention du cancer du sein : issu du collectif santé réunissant élus, professionnels et habitants avec l’objectif de travailler sur des outils et des actions adaptées, pour une meilleure sensibilisation au dépistage du cancer du sein. Sur la même période, un diagnostic santé a été réalisé sur le territoire de Trélazé dans le cadre de l’Atelier Santé Ville : cette démarche participative, réalisée dans une approche de santé communautaire, a permis de cerner les freins et les leviers d’accès à la santé, notamment pour les publics fragiles.

Description / Fonctionnement de l'action

Cette démarche s’inscrit dans une dynamique participative locale, impliquant à la fois des élus, des professionnels de santé et des habitants, par le biais d’associations néophytes en matière de santé.

L’atelier Santé Ville, initié en 2008 sur le territoire de Trélazé, encourage la mobilisation et la participation de l’ensemble de ces partenaires, par des temps de rencontre, où la connaissance mutuelle des attentes et des besoins de chacun favorise une réflexion globale de santé communautaire.

Le groupe de travail autour de la prévention du cancer du sein s’est réuni la première fois en octobre 2008, pour poser les constats, cerner les besoins et les attentes.

Le groupe, composé d’associations d’habitants, de médecins, de professionnels, et d’élus, s’est ensuite réuni régulièrement, pour échanger et formuler des pistes d’actions.

Au fil des échanges, il est apparu nécessaire de créer un outil d’accompagnement, qui complète la lettre d’invitation au dépistage.

En effet, les femmes reçoivent ce courrier à domicile, les invitant à prendre rendez-vous pour passer une radiographie. Mais certaines ne font pas cette démarche car :
-  Elles ont des difficultés avec l’écrit : elle ne peuvent pas lire la lettre, ou ne comprennent pas son contenu.
-  Elles n’osent pas aller passer la mammographie : le rapport au corps est différent suivant les cultures. L’appréhension peut aussi être produite par la méconnaissance de l’acte médical (peur de la mammographie).
-  L’évocation du cancer du sein est anxiogène.

L’objectif était de créer un outil qui lève ces freins : l’idée d’une plaquette expliquant le déroulé du dépistage a été retenue. Une agence de communication a travaillé de manière étroite avec le groupe, pour réaliser cette plaquette. Le groupe a exprimé ses attentes : un document simple et rassurant, illustré de vignettes.

L’agence de communication a présenté des ébauches, et fait valider les étapes de construction du document, après ajustement du contenu en fonction des remarques du groupe de travail.

Le document est actuellement en phase de test auprès de la population. Des associations d’habitants turcs et arabes travaillent à une traduction du contenu : un feuillet sera disponible en différentes langues, à insérer dans la plaquette. Le groupe travaille maintenant sur le mode de diffusion et de communication de ce document, qui sera disponible gratuitement.

Bilan

Les premiers retours sont positifs : les partenaires accueillent le projet avec intérêt, et soulignent la nécessité de l’action. Le public touché va au-delà des constats initialement posés : le public handicapé est aussi concerné par le manque de participation au dépistage du cancer du sein (rapport au corps handicapé, incompréhension du courrier d’invitation, etc.) . Les associations qui accueillent ce public participent activement au projet. 

La difficulté était de réussir à réaliser une plaquette axée sur une compréhension par l’image, sans heurter : il fallait donc expliquer le dépistage du cancer du sein sans photo (choix de dessin), en suggérant les situations. Cette condition était nécessaire, d’une part pour toucher toutes les populations, d’autre part pour que la plaquette puisse servir de support d’échanges au sein des familles, et entre les professionnels de santé et les femmes concernées.La communication, la diffusion de cet outil, et surtout l’accompagnement qui sera réalisé autour de ce sujet conditionnera la réussite de l’action : cette phase est en cours de réflexion avec le groupe de travail. Des perspectives ont déjà été évoquées : des journées d’informations, avec une entrée plus globale (exemple : « être femme à 50 ans », « être bien dans son corps », …), qui aborderaient notamment le dépistage du cancer du sein, et la présentation de la plaquette.

Moyens

Coordination de l’action par une chargée de mission santé, salariée du CCAS. Investissement pour l’ensemble du projet (de la conception à la diffusion) : 60 h.Réflexion, formalisation des attentes, apport de compétences par chacun des membres du groupe du travail : 5 rencontres, soit 10 h.

Proposition de maquettes, réalisation, impression du document à 20 000 exemplaires : agence de communication B&B. Coût total (prestation de l’agence et impression) : 5 500 euros.

Communication, diffusion de la plaquette, accompagnement du public ciblé : investissement à long terme du tissu associatif local et de l’ensemble des partenaires concernés du secteur social ou médical.

Les partenaires

Partenaires opérationnels

Les membres du groupe de travail « prévention cancer du sein » : 
Cultures Elles (associations d’habitantes d’origine turque), association des Habitants des Plaines–Petits Bois (quartier situé en Zone Urbaine Sensible), association Vivre Ensemble, CLCV (consommation logement cadre de vie), Secours Populaire, Conseil des Sages, FDMH (fédération départementale des malades et handicapés), ATC (associations des traumatisés crâniens)...
Cap Santé 49 : un médecin, une visiteuse de Santé Publique et un médecin généraliste de Trélazé ; association Soins Santé : un infirmier.

Les relais de prévention qui diffuseront la plaquette auprès de leur public :
Les professionnels de santé, les associations, les habitants, les institutions (CPAM, Conseil Général : Circonscription d’action sociale), les professionnels du secteur social (éducateurs de prévention).

Ils financent l'action

CAP SANTE 49 : prise en charge de l’intervention de l’agence de communication + édition des plaquettes (5 500 euros)
CCAS : mise à disposition d’une chargée de mission santé, pour la coordination du projet et l’animation des rencontres (60 h)

Les observations du CCAS/CIAS

Ce projet bénéficie aux populations les moins sensibilisées aux messages de prévention et éloignées de l’accès aux soins.

C’est un projet participatif, où les habitants ont un rôle consultatif et décisionnaire.

Ce dispositif répond aux attentes de professionnels de secteurs différents (secteur santé, secteur social …), mais aussi aux attentes des associations et des habitants. La réalisation de ce projet est le support de développement d’habitudes de travail partagé entre les professionnels de santé et les habitants : ces partenaires ont peu d’espaces de réflexions communs. Le projet a mis en valeur la complémentarité des compétences de chacun.

Ce projet répond à un besoin local, et même bien au-delà : la problématique traitée se situe au niveau régional, voir national. Les associations de promotion et d’éducation à la santé ont prévu d’utiliser cette plaquette sur d’autres territoires.

Photo : Wikimedia Commons / Jonathan4705

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