Semer, accompagner, nourrir : quand le CCAS relie agriculture et solidarité

Alimentation
Alpes-Maritimes (06)
Publié le 22 octobre 2025

À Mouans-Sartoux, le CCAS s’associe à la régie agricole municipale pour approvisionner l’épicerie sociale en légumes bio de proximité. Destiné aux habitants en situation de précarité, le dispositif garantit une alimentation saine et abordable, et propose des ateliers favorisant l’autonomie et l’inclusion.

Elements clés

Contexte

Ce projet est né du constat que l’approvisionnement de l’épicerie sociale reposait essentiellement sur des denrées imposées par les fournisseurs d’aide alimentaire, limitant l’accès des bénéficiaires à une alimentation saine, diversifiée et de qualité. Ce modèle ne permettait pas de renforcer leur pouvoir d’agir, pourtant essentiel dans la lutte contre la précarité alimentaire.

La commune dispose par ailleurs d’une régie agricole municipale produisant des légumes bio pour la restauration scolaire, dont les surplus étaient parfois redistribués à l’épicerie. Une étude a mis en évidence le potentiel de cette régie pour approvisionner régulièrement l’épicerie, à condition d’en renforcer les ressources humaines.

Le projet a donc conduit à la création d’un poste dédié à la production locale de légumes bio, en lien avec la régie, tout en associant les bénéficiaires à des ateliers pédagogiques favorisant leur inclusion et leur autonomie.

Description

Publics ciblés

Le dispositif s’adresse aux habitants de Mouans-Sartoux en situation de précarité accompagnés par l’épicerie sociale.

En 2024, 150 personnes ont bénéficié de ce service, majoritairement des familles monoparentales et des personnes seules. Les enfants à charge sont également concernés, avec une forte représentation des tranches d’âge 4-14 ans et 15-25 ans.

Principaux objectifs

  • Créer un circuit court pour permettre aux bénéficiaires de l’épicerie sociale d’accéder à une alimentation bio, locale et de qualité à moindre coût.
  • Valoriser la production agricole municipale en l’intégrant à l’action sociale.
  • Sensibiliser les publics en situation de précarité aux enjeux du “bien manger” à travers des ateliers pédagogiques.
  • Favoriser l’insertion professionnelle grâce à la création d’un poste dédié.
  • Devenir un modèle reproductible pour d’autres territoires engagés contre l’insécurité alimentaire.

Fonctionnement

Phase de recrutement (juin à juillet 2025)

Objectif : pourvoir un poste d’agent technique afin de renforcer la régie agricole municipale.

Protagonistes :

  • Directrice du CCAS et Directeur de l’environnement : rédaction de la fiche de poste, définition du profil recherché.
  • Service RH et Service communication de la mairie : diffusion de l’offre auprès des structures d’insertion, centres de formation, France Travail.
  • Comité de pilotage : implication dans le processus de sélection.

Durée estimée : 2 à 3 mois.

Phase de maraîchage et d’ateliers pédagogiques (juillet 2025 à juillet 2026)

Objectif : Produire des légumes bio et organiser des ateliers pour les bénéficiaires.

Protagonistes :

  • Agent technique : production maraîchère avec un objectif de 2,5 tonnes sur 12 mois.
  • Équipe de la régie agricole : encadrement technique.
  • Agent technique de l’épicerie : coordination des ateliers.
  • Bénéficiaires : participation active aux ateliers de sensibilisation à la culture de la terre.

Durée estimée : 6 à 7 mois.

Phase de récolte et de mise en rayon (à partir de juillet 2025)

Objectif : Distribuer les légumes produits aux bénéficiaires de l’épicerie sociale.

Protagonistes :

  • Agent technique de l’épicerie et agent de la régie : organisation de la mise en rayon et de la vente.
  • Bénéficiaires : consommateurs des produits issus du circuit court.

Durée estimée : continue sur la période de production.

Suivi et gouvernance 

Comité de pilotage (vice-présidente du CCAS, élus, directeurs concernés) : suivi stratégique à chaque étape du projet.

Réunions techniques mensuelles : évaluation opérationnelle avec les directeurs et agents techniques pour ajuster la mise en œuvre.

Moyens alloués 

Moyens humains

Le projet mobilise un agent technique contractuel dédié à la production maraîchère, encadré par la régie agricole municipale.

Il associe également les agents du CCAS, les bénévoles de l’épicerie sociale et les bénéficiaires dans le cadre des ateliers.

Environ 2,5 ETP sont engagés, répartis entre le CCAS (direction, agent technique, communication), la régie agricole (production) et les services transverses (RH, environnement). Ce volume représente une mobilisation significative au sein du CCAS.

Moyens matériels

Utilisation des infrastructures existantes : parcelles cultivables, matériel de maraîchage, locaux de l’épicerie, outils de communication municipaux (site, affichage, télévision interne).

Budget prévisionnel (12 mois) : 35 808 €, majoritairement dédié au salaire de l’agent technique.

Financement assuré par :

  • CCAS : 6 814 €
  • DREETS : 23 994 €
  • AMIS ACTAS : 5 000 €

Le projet bénéficie d’un appui institutionnel fort, d’une dynamique partenariale locale (régie, DREETS) et d’une stratégie de valorisation par les médias et supports municipaux.

Partenaires opérationnels

Régie agricole municipale (service Environnement de la commune)
Partenaire principal du projet, la régie encadre l’agent technique recruté pour la production maraîchère et anime les ateliers pédagogiques à destination des bénéficiaires.

Service Alimentation municipale (Maison d’éducation à l’alimentation durable / PAT)
Partenaire opérationnel impliqué dans l’animation des ateliers pédagogiques et dans la coordination des actions autour de l’alimentation durable.

Modalités de gouvernance 

Un comité de pilotage a été mis en place, réunissant la vice-présidente du CCAS, l’adjoint délégué à l’alimentation, la directrice de l’alimentation, le directeur de l’environnement, le directeur de la précarité et la directrice du CCAS.
Ce comité assure le suivi stratégique du projet et se réunit à chaque étape clé.

Des réunions techniques mensuelles sont également organisées à partir de la phase de maraîchage, associant les directeurs et agents techniques concernés afin d’assurer le suivi opérationnel et l’évaluation continue du dispositif.

Partenaires financiers

DREETS

Partenaire institutionnel, la DREETS contribue au financement du poste d’agent technique à travers deux enveloppes dans le cadre de l’appel à projets « Mieux manger pour tous » :

  • 8 000 € acquis pour 4 mois,
  • 15 994 € demandés dans le cadre du renouvellement de l’appel à projets fin 2025.
    Ce soutien représente environ 67 % du budget total.

UPCOOP

Une subvention de 5 000 € a été sollicitée dans le cadre de l’appel à manifestation d’intérêt ACTAS 2025, soit environ 14 % du budget global.
Ce financement vise à soutenir l’expérimentation d’un circuit court solidaire et durable, en appui à la démarche portée par le CCAS et la régie agricole municipale.

Outils de communication 

Le CCAS de Mouans-Sartoux déploie une stratégie de valorisation multicanale afin de faire connaître les avancées et les impacts du projet.

Un support audiovisuel interne, installé dans l’épicerie sociale, diffuse de courts reportages réalisés en interne retraçant les étapes du maraîchage et mettant en avant l’implication des bénéficiaires.

L’ensemble des canaux de communication municipaux sont mobilisés : site internet, page Facebook, revue communale et associative.

La presse locale est également associée pour relayer chaque phase du projet et valoriser les résultats obtenus.

Outils d'évaluation

L’évaluation du projet repose sur deux dispositifs complémentaires :

  • suivi technique mensuel : des réunions réunissant les directeurs et agents techniques concernés permettent d’ajuster la mise en œuvre du projet en fonction des résultats observés et des besoins identifiés.
  • retour d’expérience des bénéficiaires : des questionnaires et entretiens semi-directifs recueillent l’avis des bénéficiaires, à la fois comme consommateurs des produits issus du maraîchage et comme participants aux ateliers pédagogiques.

Bilan

Éléments quantitatifs et qualitatifs

  • Nombre de bénéficiaires du dispositif
  • Poids total de l’approvisionnement
  • Poids des produits redistribués
  • Fraîcheur et qualité des produits
  • Résultats du questionnaire de satisfaction

Impact par rapport aux attentes

Les résultats sont conformes aux objectifs initiaux : amélioration de la qualité des produits proposés, renforcement du pouvoir d’agir des bénéficiaires et création d’un lien direct entre production locale et consommation solidaire.

Évolutions prévues

Le projet vise à pérenniser le poste créé, avec une nouvelle demande de financement en 2026.

Un essaimage vers d’autres structures est également envisagé, notamment grâce à la valorisation du modèle auprès des réseaux sociaux et institutionnels.

Difficultés rencontrées

La coordination interservices a nécessité une gouvernance rigoureuse. Ces difficultés ont été surmontées par la mise en place d’un comité de pilotage actif et de réunions techniques mensuelles.
La question du financement pérenne demeure toutefois un point de vigilance pour la poursuite du dispositif.

Observations

L’action présente un fort potentiel de duplication sur d’autres territoires, à condition de disposer d’infrastructures agricoles locales ou de partenariats avec des structures de production.

Fondée sur une logique de circuit court solidaire, elle constitue un modèle adaptable à des contextes variés et reproductible dans le cadre de politiques locales d’alimentation durable.

Principaux atouts

  • Existence d’une régie agricole municipale déjà opérationnelle.
  • Dynamique territoriale forte autour de l’alimentation durable.
  • Implication des bénéficiaires dans une démarche participative et inclusive.

Principales difficultés / points de vigilance

  • Recrutement d’un agent technique adapté au projet, nécessitant un profil spécifique.
  • Coordination entre les services (CCAS, environnement, RH, communication), exigeant une gouvernance claire et réactive.
  • Pérennisation du financement au-delà de la phase expérimentale, à anticiper dès la conception du projet.

Parole d'élu 

« Ce projet incarne pleinement notre volonté de relier l’action sociale à une démarche territoriale durable. En créant un circuit court entre notre régie agricole et l’épicerie sociale, nous offrons aux habitants en situation de précarité une alimentation saine, tout en favorisant leur pouvoir d’agir. C’est une action concrète, inclusive et reproductible, qui illustre l’engagement du CCAS de Mouans-Sartoux pour une solidarité active et innovante. », Pierre Aschieri, maire de Mouans-Sartoux et président du CCAS

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