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Santé mentale des enfants et des jeunes : un nouveau forfait psychologique

Santé mentale des enfants et des jeunes : un nouveau forfait (...)

Les souffrances et troubles psychologiques affectant les jeunes et les enfants constituent une préoccupation croissante des parents et professionnels concernés. Selon Santé publique France « l’impact de la crise sur la santé mentale des enfants a fait l’objet de plusieurs alertes depuis le début de l’épidémie de la part des professionnels de santé et de l’enfance ».

Pourtant, en 2011, le professeur Boris Cyrulnik alertait déjà sur la survenance aussi dramatique qu’insoutenable de suicides des jeunes enfants dans le rapport « Quand un enfant se donne la mort, attachement et sociétés », où il dépeignait l’impossibilité des plus jeunes à exprimer leurs souffrances par la parole. D’où la nécessité de détecter les signes annonciateurs, d’accroître la prise en charge du mal-être par l’intermédiaire de professionnels avertis et spécialisés.

Quelques nouvelles perspectives s’ouvrent avec l’ouverture de consultations psychologiques gratuites à destination des enfants de 3 à 17 ans annoncée par le gouvernement. Selon le communiqué du Secrétariat d’Etat en charge de l’enfance et des familles « ce dispositif sera mis en place dans le cadre d’un parcours de soins coordonné par le médecin : tout médecin, qu’il soit généraliste, pédiatre, hospitalier, médecin scolaire, médecins de PMI, pourra prescrire des séances sur une ordonnance permettant ainsi simplement d’adresser l’enfant ou l’adolescent au psychologue ». Ce dernier devra être choisi à partir d’une liste nationale donnant accès à des professionnels de proximité. Dans les situations plus complexes se rapportant à des « troubles plus sévères » , des « situations de crise conduisant à des troubles graves du comportement ou un risque suicidaire », les enfants et adolescents devront être orientés vers un psychiatre afin de bénéficier d’un accompagnement adapté.

A raison d’une dizaine de séances, on notera néanmoins que la mesure reste malheureusement une solution d’urgence ponctuelle. En outre on peut regretter l’absence de mesures pour les plus petits, âgés de moins de 2 ans. En 2011, Boris Cyrulnik appelait en effet à une politique de prévention globale dès les premiers mois de la vie, à la naissance, en termes de soutien parental, se poursuivant à l’école et s’appuyant la formation des professionnels de santé, de la petite enfance et de l’éducation.

Ces réflexions pourraient néanmoins nourrir les prochaines Assises de la psychiatrie et de la santé mentale prévues cet été, dont un volet spécial sera consacré à l’enfance et à la jeunesse. En outre, une Enquête nationale de Santé publique France est lancée sur le sujet afin de « combler le manque de données en particulier concernant la tranche d’âge des 3 à 11 ans ». De telles données constitueront un premier « socle essentiel à une action efficiente de prévention et de prise en charge » selon les termes de l’Agence.

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