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Quelle stratégie de déploiement des tests salivaires ?

Quelle stratégie de déploiement des tests salivaires ?

Depuis le début de l’épidémie, les professionnels de l’enfance montrent une grande capacité d’adaptation pour ajuster leur activité aux contraintes et réinventer des pratiques garantissant l’intérêt des enfants. Alors que les besoins d’accompagnement et de soutien des parents ont pu être accentués par la situation épidémique, les crèches et autres EAJE vont connaître une nouvelle restriction d’accueil à compter du 6 avril.

Comme en 2020, les CCAS/CIAS gestionnaires pourront toujours s’engager dans l’organisation d’un accueil continu au bénéfice des enfants des personnels prioritaires. Reste qu’en attendant le 26 avril, le déploiement futur des tests salivaires demeure au cœur des préoccupations.

Quelle stratégie de déploiement des tests salivaires pour les enfants ?

Pour mémoire, suite à l’avis favorable de la Haute Autorité de Santé (HAS) du 11 février dernier, l’utilisation des tests RT-PCR salivaires a été élargie au dépistage à grande échelle tout en ciblant en priorité les écoles maternelles et élémentaires situées dans les zones « connaissant une forte circulation du virus selon les orientations données aux académies par les ARS », sachant que, selon les termes du gouvernement, l’offre des laboratoires est encore « en phase de montée en charge » et n’est « pas encore homogène sur l’ensemble du territoire ».

Bien que la stratégie nationale de dépistage salivaire ne vise pas spécifiquement les modes d’accueil de la petite enfance, elle mérite « une réflexion nationale », soulignent les CCAS/CIAS gestionnaires. Face à un taux d’incidence évoluant à la hausse chez les jeunes enfants, ces tests présentent l’avantage d’être plus adaptés et moins invasifs pour les enfants en bas âge, pour qui les prélèvements nasaux peuvent apparaître impressionnants, être générateurs de stress et de douleurs. Autre mesure corolaire plébiscitée par les CCAS/CIAS, celle propre à la vaccination des personnels de l’enfance afin de remédier aux restrictions d’effectifs ayant mis à mal les taux d’encadrement.

Une action proactive en Moselle

C’est pour tenir compte de ces enjeux que Marie-Louise Kuntz, présidente de l’Union départementale des CCAS de Moselle (Udccas 57) a pris les devants en supervisant une campagne de dépistage par test salivaire dans les multi-accueils des CCAS/CIAS du département. Initialement prévue dès le 5 avril prochain, celle-ci sera reportée compte tenu des fermetures de crèches. En amont, l’idée a recueilli une approbation « unanime » de la part des présidents de CCAS interrogés par l’Udccas.

Comme le relate Marie-Louise Kuntz, elle souhaitait répondre aux demandes des parents qui « ne comprenaient pas que leurs enfants accueillis en écoles primaires et maternelles soient testés et pas ceux en crèches ». L’action a été structurée en étroite collaboration avec un laboratoire d’analyse médicale partenaire de l’Udccas. Une procédure dédiée a été rédigée, recueillant l’avis favorable de l’ARS. Pour déployer l’action, les Maires du département ont alors adressé un courrier à l’ensemble des familles pour recueillir leur accord préalable. A partir du 26 avril, près de 2 500 enfants accueillis dans une trentaine de crèches du territoire accéderont ainsi à cette campagne d’une quinzaine de jours.

L’idée de faire réaliser les prélèvements à domicile par les parents s’est imposée. Plus sereine pour les plus petits, cette démarche simplifiée permet de ne pas surprendre l’enfant. « C’est important que cela ne soit pas perturbant pour eux. C’est moins traumatisant avec les parents que par une personne en blouse qu’ils ne connaissent pas ». L’initiative vient également soulager les professionnels, certains craignant de ne pas être suffisamment avertis et formés aux gestes du soin pédiatrique. Si le prélèvement de salive est facilement réalisable auprès des enfants plus autonomes, il est moins évident chez les plus petits, explique Marie-Louise Kuntz.

Mode d’emploi de l’action

Le laboratoire partenaire de l’Udccas se rendra directement au sein des structures d’accueil afin d’y déposer les kits. Celles-ci remettront ensuite ces tests, accompagnés d’un protocole explicatif aux parents, lorsqu’ils viendront rechercher leurs enfants. Les familles volontaires réaliseront ensuite l’auto-prélèvement le lendemain matin à jeun. Et après avoir été ramenés à la crèche, ces tests seront récupérés par le laboratoire qui transmettra directement les résultats d’analyse aux parents. Le tout sous 8 heures.

Les retours des parents recueillis par l’Udccas sont encourageants : ils se montrent rassurés de pouvoir s’assurer facilement de la bonne santé de leurs enfants tout en bénéficiant d’une qualité d’accueil renforcée. Quant aux professionnels, ils pourront aussi se faire tester sur la base du volontariat. Tout l’enjeu de cette mesure est en effet de « assurer, prévenir, agir vite et efficacement » conclut Marie-Louise Kuntz, habituée à ces impératifs dans sa fonction parallèle de vice-présidente du conseil départemental chargée de la protection de l’enfance.

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