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Fiche d'expérience

Prévention sanitaire auprès d’un public en situation de précarité

Prévention sanitaire auprès d'un public en situation de précarité

Contexte

La dernière analyse des besoins sociaux réalisée par le CCAS a mis en évidence un manque de moyens d’information et de sensibilisation sur les questions relatives à la santé auprès du public précaire, en particulier les personnes sans domicile fixe.

Les usagers du service d’accompagnement à l’insertion sociale et professionnelle présentent des fragilités inhérentes à l’errance : insertion professionnelle lointaine, dépendance à des produits, santé préoccupante, parcours personnel et social chaotiques. 

 La démarche de sensibilisation et d’information a pour objectif de faire prendre conscience à ces personnes de l’importance de leur santé, de sa fragilité, et de les amener par ce biais à entamer une démarche qui les mènerait vers les centres de soins généralistes, et/ou à modifier leurs conduites personnelles.

Le thème retenu était l’hygiène, déclinée en deux sous-thèmes, hygiène alimentaire et hygiène corporelle. Il s’agissait d’informer les personnes sur les risques liés au manque d’hygiène et à une alimentation pas ou mal équilibrée, en tenant compte de leur mode de vie et de leurs ressources ; de les aider à adopter un comportement adapté ; de recenser des dysfonctionnements et de faire émerger des besoins liés ou non à l’hygiène.

Description / Fonctionnement de l'action

Outils pédagogiques retenus et support 

Exposition de panneaux sur le thème de l’hygiène, création d’affiches et de flyers, création de jeux avec possibilité de participer individuellement ou en groupe (un jeu de l’oie, composé de 27 questions sur l’alimentation et un jeu de hasard, ciblant la santé à travers 52 questions). 

 Lieu et déroulement 

Les séances ont eu lieu dans un espace dédié créé dans le hall d’accueil, afin de faire participer les usagers en attente d’être reçus par un service du CCAS. Un travailleur social convie les usagers présents dans le hall d’accueil à participer à l’activité, propose une dégustation dans une approche nutritionnelle de découverte alimentaire (boisson chaude, pains spéciaux) et invite à participer aux jeux. Les participants sont récompensés par un petit lot en lien avec le thème abordé. Les échanges au sein des groupes permettent le repérage de besoins et/ou de problématiques que le travailleur social mettra à profit dans le cadre des accompagnements individuels menés auprès des participants.

Les séances se sont déroulées sur quatre demi-journées de deux heures, pendant une semaine, une fois par mois, par thème, chaque action étant reconduite deux fois.

Communication 

Une invitation personnalisée a été reçue par chaque usager du service. Des flyers et d’affiches présentant l’action ont été envoyés auprès des partenaires accompagnant un public marginalisé.

 

L’évaluation a eu lieu à la fin de chaque action et au terme de la série.

Bilan

Le taux de fréquentation a été important : 65 personnes ont participé à une ou plusieurs des actions collectives proposées. Les participants ont été majoritairement masculins, les hommes isolés étant nombreux parmi le public suivi par le service d’accompagnement et d’insertion professionnelle (75 %).

Ces actions ont permis à des usagers de différents horizons de se rencontrer et de dialoguer, certains échanges ont débouché sur des thèmes d’actualité. La reconduction de l’action a été demandée et des thèmes proposés.

Mais le public le plus éloigné de l’insertion a refusé de participer, exprimant un décalage entre ses réalités de vie et les thèmes abordés. Les réponses apportées n’ont pas été révélatrices d’une addiction, malgré la connaissance de notre public. Le public a eu du mal à s’approprier l’espace semi-ouvert en tant que lieu de parole. Enfin la fréquentation était aléatoire.

Cette action a amené le service à réfléchir sur l’opportunité de développer des actions en direction d’un groupe plus homogène d’usagers précarisés, marginalisés mais possédant une dynamique personnelle suffisante pour pouvoir s’investir.

Moyens

Moyens humains : les trois travailleurs sociaux du service d’accompagnement à l’insertion sociale et professionnelle, à tour de rôle. Coût : 100 euros (achat de denrées de dégustations).

Les partenaires

Partenaires opérationnels

CODES (prêt de panneaux d’exposition), Institut Pasteur (documentation), DDASS (préservatifs), accueil du Pont des Grilles (structure d’hébergement d’urgence), pharmaciens de l’agglomération messine (petits lots offerts).

Ils financent l'action

Aucun.

Les observations du CCAS/CIAS

Les grands marginaux dont le CCAS assure l’accompagnement social bénéficient rarement d’une action collective de prévention santé. Leur sensibilisation est difficile. La tenue des ateliers de prévention dans les locaux du CCAS, pendant les périodes d’attente de rendez-vous a permis de solliciter aisément leur participation.

Photo : Wikimedia Commons / Marc Ryckaert

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