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Précarité des jeunes : l’Unccas mobilisée

Précarité des jeunes : l'Unccas mobilisée

« La lutte contre la pauvreté des jeunes doit devenir une grande cause nationale », affirme Luc Carvounas dans le journal Le Monde du 9 janvier dernier. Face à une situation qui était déjà difficile pour nombre d’entre eux avant la crise sanitaire, et qui n’a fait que se dégrader depuis, le président de l’Unccas y propose plusieurs mesures d’urgence.

L’urgence d’agir

Luc Carvounas rappelle dans sa tribune que le phénomène n’a rien de nouveau. A la veille de la crise sanitaire, en 2018, 963 000 jeunes de 16 à 25 ans n’étaient ni en études, ni en emploi, ni en formation. Et l’Observatoire des Inégalités a également souligné récemment qu’au cours de cette même année 2018, 52 % des personnes en situation de pauvreté en France avait moins de trente ans. Reprenant des formules du Président de la République Emmanuel Macron, il souligne à quel point la situation s’est dégradée depuis, affirmant à son tour que les jeunes vivent un « sacrifice terrible. Des examens annulés, de l’angoisse pour les formations, de l’angoisse pour trouver le premier job ». Des mots auxquels il faudrait ajouter « colère et incompréhension suite à la réduction des APL, incertitudes liées à la mise en place de Parcoursup, inquiétudes à la lecture des nouvelles règles de l’assurance chômage dont les conditions d’ouverture des droits impactera les plus jeunes des allocataires ».

Le président de l’Unccas plaide pour un certain nombre de mesures :

  • l’ouverture du RSA aux 18-25 ans,
  • de nouvelles actions pour éviter les « sorties sèches » de l’Aide sociale à l’enfance (ASE),
  • un renforcement de l’accompagnement social des jeunes, s’appuyant sur les dispositifs mis en place durant le confinement,
  • la création d’un fonds d’insertion à disposition des collectivités « pour multiplier les offres d’emploi, via les stages ou les modes d’alternance, en direction des plus jeunes pour les former aux emplois nécessaires à nos services publics de demain »,
  • une réflexion sur une dotation universelle versée à chaque jeune majeur, pour l’aider à démarrer dans la vie.

Des constats et propositions parallèles

Ces débats apparaissent d’autant plus cruciaux que de nouvelles données sont venues confirmer une dégradation de la situation des jeunes depuis le début de la pandémie, notamment sur le plan de leur santé mentale. Ainsi, le rapport présenté le 16 décembre par la députée Marie-George Buffet, suite à la commission d’enquête « pour mesurer et prévenir les effets de la crise du covid-19 sur les enfants et la jeunesse » présidée par la députée Sandrine Mörch, consolide plusieurs « signaux de détresse et de souffrance psychologique » :

  • 30 % des jeunes adultes ont renoncé à l’accès aux soins depuis le début de la crise,
  • plus de 50 % d’entre eux se déclarent inquiets pour leur santé mentale,
  • l’AP-HP constate une hausse de 50 % des hospitalisations en pédiatrie pour raisons psychiatriques depuis août 2020,
  • l’Observatoire de la vie étudiante comptabilise pour sa part 31 % des étudiants ayant « présenté les signes d’une détresse psychologique »,
  • les moyens de prise en charge restent très sous-dimensionnés, avec un psychologue pour 30 000 étudiants.

L’étude de Santé Publique France sur la santé mentale en France menée depuis mars 2020 semble confirmer l’ampleur du phénomène, indiquant une situation de dépression chez 29 % des 18-25 ans.

Sur le plan social, le Conseil d’orientation des politiques de la jeunesse, dont l’Unccas est membre, a pour sa part remis le 7 janvier un rapport présenté par Antoine Dulin à la ministre Elisabeth Borne. Il recommande un élargissement de la garantie jeunes, actuellement réservée aux jeunes « NEET » (ni en situation d’emploi, ni en formation). Le dispositif pourrait être ouvert :

  • à tous les jeunes connaissant des difficultés d’insertion,
  • sous condition de ressources s’ils cohabitent avec leurs parents,
  • avec la possibilité de cumuler l’allocation avec les revenus d’un emploi à temps partiel,
  • sans limitation de durée (comme pour le RSA)…

L’Unccas concernée

Bien que les publics jeunes soient traditionnellement davantage accompagnés par les Missions locales que par les CCAS-CIAS, ces derniers ont vu de plus en plus de jeunes recourir au cours de l’année à leurs prestations, notamment en matière d’aide alimentaire. De nombreux CCAS et CIAS ont également développé des dispositifs locaux d’accompagnement visant spécifiquement les jeunes, en matière de mobilité, d’insertion professionnelle, d’accès aux droits, au logement...

L’Unccas prendra donc toute sa part aux débats sur la question en 2021, en parallèle de sa participation aux travaux du Haut Conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge (Hcfea) réuni en séance plénière le 12 janvier dernier.

Pour aller plus loin :

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