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Fiche d'expérience

Pratique d’une activité physique et sportive pour favoriser l’autonomie des résidents : l’escrime

Pratique d'une activité physique et sportive pour favoriser (...)

Après une séance d’essai, les personnes accueillies à la résidence autonomie suivent des séances mensuelles d’escrime adaptée. La pratique, debout ou assis en fonction des capacités physiques de chacun, ne pose pas de problème, l’adaptation guide la posture.

Contexte

Depuis plusieurs années, différents rapports et études démontrent et décrivent les bienfaits de la pratique d’activités physiques et sportives (APS) chez les personnes quel que soit leur âge y compris pour les séniors (cf Rapport INSERM 2008 – Activités physiques et effet sur la santé, Rapport Aquino février 2019, Anticiper pour une autonomie préservée…), bénéfices sur leur état de santé physique et psychique en réduisant la morbidité, en réduisant les troubles du comportement, en favorisant le maintien ou la création de lien social.

S’agissant des personnes âgées, ce sont autant d’éléments concourant à la prévention de la perte d’autonomie ou au maintien des capacités restantes. Ainsi, la loi relative à l’Adaptation de la Société au Vieillissement (ASV) comporte volet important concernant la prévention : « [Elle] a pour objectif d’anticiper les conséquences du vieillissement de la population et d’inscrire cette période de vie dans un parcours répondant le plus possible aux attentes des personnes en matière de logement, de transports, de vie sociale et citoyenne, d’accompagnement » (Portail CNSA).

En 2014, le gouvernement a rappelé que le développement du sport (et de l’APS) constitue une priorité nationale, un outil de promotion de la santé publique. Le sport est en effet considéré comme ayant des effets bénéfiques indéniables sur la santé, que ce soit pour maintenir un niveau de forme, pour prévenir et même guérir des maladies, y compris la réduction des troubles du comportement chez les personnes âgées.

C’est sur ces études que se base le projet des Résidences, prévenir la perte d’autonomie et maintenir le lien social en pratiquant une activité ludique et sportive : l’escrime, suite à des expériences du maître d’armes du club de la ville auprès d’un EHPAD et d’un public fragilisé.

Description

Publics ciblés

Les résidents des deux résidences pour personnes âgées autonomes.

Principaux objectifs de l’action

Les séances proposées ont été construites sur la base d’un guide fédéral pour s’adapter aux différents publics ; elles se situent dans un objectif de réhabilitation, de maintien des potentiels, voire d’augmentation des amplitudes articulaires (épaules par exemple) et dans le cadre plus général, du programme de prévention santé mis en œuvre dans les deux résidences.

Les mouvements sont pratiqués à droite comme à gauche pour le travail de l’ambidextrie, pour certains résidents, un travail avancé participant à la prévention des chutes est mis en place.

Les principaux axes travaillés :

  • Activités motrices, renforcement musculaire,
  • Amplitude articulaire,
  • Coordination,
  • Latéralisation et prise de conscience de son schéma corporel,
  • Précision,
  • Oculomotricité,
  • Activités cognitives,
  • Mémorisation des gestes et des enchaînements.

Les fonctions sensorielles sont aussi stimulées.

Outre les bienfaits liés à la pratique de ce sport, l’activité favorise le lien social (activités réalisées en groupe), les échanges (retour au passé à travers l’histoire de l’escrime, les souvenirs des films, des acteurs) et permet aux personnes de ressentir du plaisir et de l’épanouissement personnel.

Fonctionnement de l’action

L’intervenant est le Conseiller Technique Régional de la fédération d’escrime dans le cadre du projet Bretagne Sport Santé. Ce maître d’armes est formé à cette pratique (la Fédération d’Escrime organise des formations).

Les modalités de mise en œuvre

 
Les séances se déroulent en alternance au sein de la Résidence Henry Rebuffe et de la Résidence des Cotterets. En fonction du contenu de celles-ci, la salle d’activité et/ou la salle à manger (libre à partir de 14h30) sont mises à disposition car ces pièces spacieuses disposent d’un bon éclairage et peuvent accueillir 10 à 15 résidents, des chaises, le matériel d’escrime…

Un cycle complet comprend 10 séances (soit environ 1 séance par mois en alternance sur les deux résidences).

Le matériel spécifique d’escrime est fourni par l’intervenant (sabre, épée, masques, cible, accessoires pour échauffement).

Le rôle du personnel

 
Le personnel d’animation est mobilisé en amont pour la communication auprès des résidents, l’accompagnement des résidents les moins autonomes ainsi que pendant la séance afin d’assurer une présence auprès du formateur pour favoriser les échanges ; aussi, l’expérience a montré le bénéfice de partager ces séances avec les professionnels qui peuvent les autres jours continuer certains types de mouvement. Les animateurs raccompagneront également les résidents qui en ont besoin après les séances.

Le personnel d’entretien et de restauration (agent social) est également mobilisé afin de préparer la salle et la remettre en état à la fin de la séance.

Le minibus des Résidences est utilisé afin d’effectuer le transfert des résidents entre les deux structures.

Déroulement des séances

 

  • 10 séances, généralement d’une durée d’une heure pour les résidents, représentant 1h30 à 2 h de travail (incluant l’installation du matériel).
  • Groupe de 10 à 15 personnes maximum (nombre variable selon l’autonomie des personnes).
  • Pratique assis ou debout selon les résidents.

La séance débute toujours par un échauffement et est toujours progressive, avec des séquences très courtes pour limiter la fatigue mais répétitives pour mémoriser le bon geste ; travail du jeu de touches face à une cible et parades ce qui sollicite dos, épaule, bras, main, poignet, fait travailler la coordination et l’attention, la précision…

Les enchaînements sont codifiés et un travail important de l’ambidextrie est réalisé.

La mémoire est sollicitée via les mouvements et le dialogue avec le maître d’armes.

Un goûter conclut chaque séance.

Les outils pour évaluer l’action

Les indicateurs généraux pour évaluer cette action sont :

  • le nombre de séances,
  • le nombre de personnes ayant accepté de suivre la totalité des séances,
  • la satisfaction des participants et des personnes qui les accompagnent (familles, personnel de l’établissement, intervenants extérieurs).
  • les effets pour la mobilité et la dextérité des résidents participant à l’action.

De manière individuelle, sont réalisés des évaluations en amont et un bilan par l’intervenant sur les capacités des résidents avant et après le cycle de séances (amplitude articulaire, réalisation de gestes de la vie courante…).

Moyens

  • Moyens humains : 1 intervenant extérieur (encadrement des séances), 1 animateur du CCAS (communication et accompagnement), 1 personnel d’entretien (préparation et réfection de la salle).
  • Moyens matériels : alimentation et boisson, matériel d’escrime fourni par l’intervenant
  • Coût / budget : 2340 €/an

Bilan

Depuis leur mise en place, les ateliers réunissent au minimum 10 personnes à chaque séance avec de nombreuses personnes fidèles à chacune d’entre elles. Il est intéressant de constater que cette nouvelle activité attire des résidents qui participent en général peu aux animations (résidents jeunes et très autonomes).

Les résidents sont fiers de présenter cette nouvelle activité à leur famille qui d’ailleurs parfois pratique elle-même si elle est de passage lors de la séance. Le souhait est de pouvoir reconduire cette activité sur l’année 2018-2019 tant elle répond aux attentes et objectifs fixés.

Estimation CCAS

Le CCAS de Fougères recommande cette action pour d’autres résidences ; l’activité s’adapte très bien au degré d’autonomie des participants.

Photo : Wikimedia Commons / S.Möller

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