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Petite enfance et Covid : la nouvelle version des consignes

Petite enfance et Covid : la nouvelle version des consignes

La Direction Générale de la Cohésion Sociale (DGCS) a publié le Guide Ministériel Covid 19 - Modes d’accueil du jeune enfant – qui résume les principales consignes et délivre régulièrement des informations pour tenir compte de l’évolution de l’épidémie.

Etat d’urgence sanitaire et continuité d’activité

Pour mémoire, la dernière version du Guide relatif aux modes d’accueil a été publiée en décembre 2020 et a été complétée par une série de consignes sanitaires additionnelles intervenues depuis le début de l’année 2021.

La dernière en date, diffusée à la suite des annonces gouvernementales du 22 avril 2021, marque la levée de la suspension d’accueil : « tous les enfants peuvent à nouveau être accueillis dans les crèches, micro-crèches et maisons d’assistants maternels » depuis le 26 avril. Placée sous le signe d’un protocole sanitaire stabilisé, cette réouverture s’accompagne d’une réhabilitation de la pleine capacité d’accueil des structures :

  • La règle de l’accueil en groupes de dix enfants au maximum en établissement et en Maison d’assistantes maternels est levée : le nombre d’enfants accueillis simultanément dans chaque groupe (ou en groupe unique selon la taille et l’organisation de la structure) n’est plus limité. Les brassages des enfants des différents groupes ou sections, doivent néanmoins être réduits au maximum.
  • Tout en rappelant l’extension de la vaccination prioritaire aux professionnels de la petite enfance âgé de plus de 55 ans, la note inclut une nouvelle fiche pratique dédiée à l’organisation des dépistages par prélèvement salivaire dans les EAJE et les MAM. La montée en charge du dispositif est confiée aux ARS, chargées d’en faciliter le déploiement « en lien étroit avec les acteurs locaux » tels que les Udccas et CCAS-CIAS expressément visés par la note.
  • La Direction Générale de la Cohésion Sociale (DGCS) insiste par ailleurs sur la « multiplication des sorties en extérieurs » et appelle à une vigilance particulière quant au repérage des impacts de la crise sanitaire sur la santé des enfants. « Les alternances de confinement et de déconfinement et les mesures préventives impactant la vie quotidienne (…) sont autant de sources d’inquiétude et d’instabilité pour les parents, les enfants (…) » retrace une fiche pratique annexée. Une grille de repérage des signaux d’alertes est ainsi proposée aux professionnels afin de faciliter leur mobilisation conjointe aux côtés des acteurs spécialisés.
  • En parallèle, le répertoire national des référents Covid-19 des PMI (protection maternelle et infantile) est enrichi. Il dresse les coordonnées des interlocuteurs désignés dans les services départementaux pour aider les professionnels de la petite enfance dans leurs démarches liées à la Covid-19.
  • Pour le reste, les professionnels continuent d’appliquer les recommandations sanitaires déjà en vigueur, propres aux gestes barrières, aux mesures de dépistage et d’isolement, au contact tracing opéré « à tout instant pour les personnels et les enfants présents ». Les règles drastiques conduisant à la suspension de l’accueil en cas de contact positif ou à risque sont maintenues. Il en va de même pour les exigences d’entretien et d’hygiène mises en œuvre par les professionnels à l’occasion des changes, des repas ; dans les espaces de pause et de restauration ; pour l’entretien du linge, des locaux et du matériel, ou encore en matière d’aération.

Port du masque

Une série d’avis rendus par le Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP) a fait évoluer l’accueil des plus jeunes, à commencer par les prescriptions relatives au port du masque. Ainsi, en présence d’enfants, les masques chirurgicaux ou les masques grand public avec un niveau de filtration supérieur à 90 % sont obligatoires pour les professionnels des structures d’accueil.

Suscitant l’inquiétude de certains parents ou professionnels, cette mesure connait toutefois des dérogations en présence d’« enfants stressés et angoissés par le port du masque par les adultes ou présentant des troubles du comportement, des difficultés relationnel ou un handicap ». En outre, le Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP) ayant encouragé l’usage de masques transparents (avis du 9 septembre 2020), le port du masque grand public en tissu réutilisable possédant une fenêtre transparente et homologué par la Direction générale de l’armement est possible. Une annexe rappelle les différents modèles disponibles, le degré de protection qu’ils apportent et les circuits d’approvisionnement.

Concernant les professionnels exerçants seuls avec des enfants au domicile (assistants maternels et autres professionnels de la garde d’enfants à domicile), si l’usage d’un masque ayant un niveau de filtration supérieur à 90% est recommandé, ces derniers sont exemptés du port du masque obligatoire. Il s’impose toutefois dans certaines circonstances, notamment lors de toute interaction avec les parents ou en présence d’enfant(s) identifié(s) comme à risque particulier.

Règle intangible, le port du masque de protection par les enfants de 0-3 ans est à proscrire compte-tenu du risque d’étouffement. Toutefois, « il est conseillé, dans la mesure du possible, pour les enfants de 6 à 11 ans au domicile de l’assistant maternel » et « obligatoire pour les enfants de 11 ans ou plus ». Les parents doivent quant à eux le porter à l’intérieur des structures ainsi qu’au domicile de l’assistant maternel (a minima grand public avec un niveau de filtration supérieur à 90%). Enfin, les gestionnaires sont invités à constituer des stocks de masques grand public pour 10 semaines d’activité.

Tests salivaires dans les EAJE et les MAM

L’accélération du dépistage par prélèvement salivaire dans les EAJE et MAM se dessine. Un cadre général de déploiement, adaptable selon les configurations locales, ressort d’une fiche pratique récemment diffusée par le Ministère des solidarités et de la santé.

Les Agences Régionales de Santé (ARS) reçoivent la responsabilité d’impulser le déploiement des tests. Pour autant, la réussite du dispositif repose sur une « coopération constructive » entre les ARS et l’écosystème formé par les acteurs locaux concernés. Tout en s’inspirant de l’expérimentation actionnée par l’Udccas de la Moselle, la note appelle ainsi les « acteurs publics locaux » tels que les « Unions départementales de CCAS et les CCAS » volontaires, à appuyer les campagnes dirigées par les ARS auprès des établissements. « Il convient notamment de lever les difficultés liées à la méconnaissance des ARS des gestionnaires d’EAJE, avec qui elles n’entretiennent pas de relations courantes », relève le document.

A cet égard, la Fiche pratique du Ministère détaille le rôle dévolu aux quatre parties prenantes (ARS, acteurs publics locaux, gestionnaires, Laboratoires de biologie médicale). Extrait :

  • « Les acteurs publics locaux volontaires pour assurer le relais destination des EAJE et des MAM (services de PMI, union départementale des CCAS, service enfance d’une grande commune ou EPCI) :
     
    • identifient les établissements volontaires et proposent à l’ARS, s’ils le souhaitent, des zones de déploiement prioritaire
    • diffusent aux gestionnaires d’EAJE et aux MAM la liste des laboratoires auxquels il peut être fait appel pour l’organisation des tests
    • relaient aux gestionnaires d’EAJE et aux MAM les informations et outils utiles
    • assurent un conseil et une réponse de premier niveau aux gestionnaires d’EAJE et aux MAM, ou relaient au besoin à l’ARS les questions des gestionnaires
  • Les gestionnaires d’EAJE et la MAM organisent le déploiement des tests auprès des enfants accueillis (au niveau de la direction de l’établissement ou du service gestionnaire de plusieurs établissement) :
     
    • prennent l’attache d’un laboratoire pour organiser la campagne de tests (calendrier, modalités…)
    • organisent en lien avec le laboratoire les modalités concrètes de prélèvement (date, locaux réservés, etc.), cf. « modalités opérationnelles » ci-dessous.
    • assurent l’information préalable des parents et des enfants à l’appui des outils qui leurs sont fournis et en lien avec le LBM ; ils sollicitent au besoin l’intervention de médiateurs LAC (Lutte anti covid)
    • invitent les parents à faire connaître les cas de résultats positifs pour suspendre l’accès au mode de d’accueil et prendre en conséquence les mesures d’isolement adaptées au sein de l’établissement ».

Suspension d’accueil, durée d’isolement et réadmission

Depuis le 2 février 2021, dès qu’un enfant est testé positif à la Covid19, l’accueil de tous les autres enfants du même groupe est suspendu. Si l’enfant « Covid + » a été en contact avec des enfants d’autres groupes que le sien, ce sont tous les enfants de tous les groupes concernés qui sont considérés « contact à risque » et dont l’accueil doit être suspendu. Enfin, l’accueil est également suspendu pour les enfants auprès desquels un professionnel testé positif a été en contact à risque.

La durée d’isolement des enfants ou des professionnels identifiés comme « cas confirmé » ou « contact à risque » est la suivante :

  • Pour les enfants ou les professionnels dont la contraction du virus est confirmée, la durée d’isolement est de « 10 jours pleins à partir de la date de la réalisation du test s’il est asymptomatique ou de la date de début des symptômes avec absence de fièvre au 10ème jour ».
  • Pour les enfants ou adultes identifiés comme « contacts à risque » la durée d’isolement demeure fixée à 7 jours.

Le retour d’un enfant « contact à risque » de moins de 6 ans est possible à J +18 sans être subordonné à la réalisation d’un test. En revanche, les adultes et enfants de plus de 6 ans, doivent réaliser un test antigénique (TAG) immédiat dès connaissance du cas positif, doublé par test RT-PCR négatif pour la sortie de quarantaine de 7 jours.

Rappel des signes évocateurs

Les professionnels peuvent être les premiers à repérer de potentiels symptômes de la maladie. Parmi les enfants accueillis, certains nécessitent d’ailleurs une attention plus particulière, comme les « nourrissons de moins d’un an ou encore ceux de moins de six mois présentant des facteurs de risques (notamment ceux porteurs de séquelles à type de broncho-dysplasie, et enfants atteints de cardiopathie congénitale, de déficit immunitaire congénital, de pathologie pulmonaire, neurologique ou neuromusculaire ou d’une affection de longue durée) » précise la note. Leur accueil est donc conditionné à l’« avis du médecin de traitant, le cas échéant en lien avec le médecin référent de la structure ».

Pour soutenir cette vigilance, la note reprécise les symptômes évocateurs du Covid19 propres aux enfants en s’appuyant sur conclusions du HSCP. Les symptômes évocateurs recouvrent ainsi « une infection respiratoire aiguë avec une fièvre ou une sensation de fièvre, ou l’une des manifestations cliniques suivantes lorsqu’elle est de survenue brutale : Asthénie inexpliquée (fatigue générale) ; Myalgies inexpliquées (douleur musculaire) ; Céphalées (maux de tête) en dehors d’une pathologie migraineuse connue ; Anosmie ou hyposmie sans rhinite associée (perte de l’odorat) ; Agueusie ou dysgueusie (perte du goût) ; Altération de l’état général (fatigue inexpliquée, apathie, somnolence) ; Diarrhée ; Fièvre isolée chez l’enfant de moins de 3 mois ». A noter que « les rhinites seules ne sont pas considérées comme des symptômes évocateurs » rappelle le document.

Placer les besoins des enfants et des parents au cœur des pratiques

La lutte contre le virus ne devant pas conduire à mettre entre parenthèse le développement des plus jeunes, une ligne de mire restera incontournable : celle de toujours replacer les besoins des enfants et de leurs parents au cœur de l’attention et des pratiques. Sous l’effet des mesures de protection, les enfants sont contraints dans leur découverte et leur appréhension du monde, d’autres ont pu développer des troubles psychologiques ou somatiques à la suite des mois écoulés. Comme le relevait des membres du Groupe de travail « Enfance » de l’Unccas, la crise a conduit à focaliser l’attention sur les mesures sanitaires, d’où une aspiration des professionnels à remettre l’intérêt des enfants au cœur des préoccupations.

Le protocole sanitaire rappelle d’ailleurs l’importance de « maintenir les apports esthétiques, ludiques, sensibles et narratifs qu’offrent l’éveil culturel et artistique favorisant le développement de l’enfant ». En outre, il incite les gestionnaires à offrir des solutions de répit aux parents, par des modes d’accueil adaptés aux besoins qu’ils expriment, notamment « ponctuels ou en horaires décalés ». Il attire aussi l’attention sur « la situation inédite du chômage en France » laquelle « rend encore plus indispensable toute action permettant de lever les freins du retour à l’emploi que peut constituer l’absence ou le manque de solution de garde pour les jeunes enfants ».

Afin de préserver les fondamentaux du métier, divers leviers sont mis en œuvre par les CCAS/CIAS gestionnaires :

  • Des temps de soutien renforcé sont ainsi proposés aux équipes pour s’adapter aux nouvelles contraintes et réinventer avec dynamisme des pratiques garantissant le plein développement des enfants accueillis, leur éveil, et leur épanouissement. Cette attention renforcée des encadrants est essentielle pour permettre aux professionnels de la petite enfance d’agir et de mener leurs missions en cohérence avec leur vision du métier, de remédier aux difficultés rencontrées.
  • Dans le Maine-et-Loire, un CCAS évoque des collaborations mises en place avec les services municipaux sur des renforts d’effectifs. Depuis février, des professionnels disponibles du service des sports, de la culture etc. viennent ainsi soutenir les équipes dans la mise en œuvre des protocoles sur l’entretien du matériel, des jouets et des locaux. Une aide fructueuse qui a permis aux professionnels de la crèche de se recentrer sur un accompagnement plus individualisé des enfants, d’enrichir les activités proposées.
  • En Haute-Savoie, le directeur d’un CIAS évoque l’attention portée aux familles : « La responsable d’un établissement rassemble en visioconférence tous les 15 jours les parents qui le souhaitent pour une heure de point d’information. Depuis six mois, ce rendez-vous réunis un grand nombre de parents en même temps et permet de dialoguer, d’échanger sur la mise en œuvre de nos protocoles et de délivrer des informations que les parents n’ont pas le temps de recevoir ou entendent de manière aléatoire par les médias. Cela permet de renforcer encore plus la confiance des parents sur la garde de leur enfant et en même temps ce lien est extrêmement utile pour communiquer sur l’ensemble de nos services en matière d’accueil des enfants et des parents. Cela se déroule après le travail des parents, le vendredi de 18h30 à 19h30, parfois en présence de l’infirmière ».
  • Une directrice partage l’importance de maintenir une disponibilité plus grande envers les nouvelles familles confiant leur enfant. « On porte ces temps en début et en fin de journée sur des créneaux où il y a moins de monde » afin qu’elles puissent découvrir au mieux la structure et son projet pédagogique. D’autres CCAS rappellent enfin l’intérêt de maintenir les ateliers parents/enfants, de créer des temps de convivialité pour répondre aux besoins d’accompagnement et de soutien accentués.

Remontées de terrain des CCAS/CIAS dans le champ de la petite enfance

Intérêt des enfants, difficultés familiales, compensations financières, restrictions d’effectifs, baisse d’activité des accueils collectifs petite enfance…. Dans le cadre du suivi des travaux nationaux propre à la situation sanitaire, les CCAS/CIAS peuvent partager auprès de l’Unccas leurs avis de terrain, les difficultés concrètes rencontrées, ou toute mesure innovante activée en temps de gestion sanitaire.

Pour aller plus loin :

Contact

Florence Angier
Juriste et chargée de mission « handicap -politiques sociales »
fangier@unccas.org

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