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Pauvreté urbaine et Covid-19 : les solutions du réseau Urbact

Pauvreté urbaine et Covid-19 : les solutions du réseau Urbact

Créé en 2006, le programme de coopération et d’échange Urbact rassemble des acteurs européens travaillant autour de l’inclusion active, notamment dans les quartiers défavorisés. Son travail de capitalisation d’expériences a permis depuis le début des années 2010 le déploiement d’un pacte local offrant un cadre politique pour les pays et les villes, promouvant des approches de proximité, axées sur les personnes pour concevoir et mettre en œuvre des mesures de réduction de la pauvreté et s’appuyant sur de nouveaux financements et des instruments adéquats pour cibler les zones défavorisées.

Face à la crise sociale et sanitaire, le réseau a formulé différentes recommandations, inspirées de bonnes pratiques européennes, en matière d’alimentation, de logement et d’hébergement, d’éducation inclusive, d’accompagnement des personnes âgées

Les villes en première ligne pour soutenir les populations le plus fragiles

Urbact souligne que les gouvernements nationaux ont été les premiers acteurs à piloter les réponses au Covid-19, entraînant une « forte centralisation de l’élaboration des politiques », mais que ces systèmes nationaux ont été très différents d’un pays à un autre, avec dans certains « de très gros trous » dans le « filet de sécurité », qui a nécessité une intervention des collectivités locales, avec le double écueil de moyens financiers trop souvent insuffisants et des contraintes administratives nationales les plaçant dans une position difficile de subordination, face à des problèmes sociaux d’une complexité inédite.

L’« augmentation spectaculaire du chômage » a été le trait commun de nombre de situations européennes, et les publics les plus touchés par la crise sociale ont été ceux qui étaient déjà les plus précarisés par leur type d’emploi et leurs conditions de le logement, qu’Urbact identifie comme des « déterminants clés du maintien du revenu, de la santé et de la qualité de vie pendant le confinement ». Le réseau européen note aussi que « de nombreuses familles qui étaient dans des positions relativement sûres ont également basculé dans une tranche à risque ».

Face à cela, les municipalités ont dû proposer rapidement des solutions inédites dans des domaines variés.

Logement

Les villes d’Europe ont été nombreuses à proposer des moratoire sur les expulsions, à limiter les augmentations de loyers et coupures énergétiques, à déployer des aides financières pour les propriétaires, les locataires, les détenteurs d’hypothèques...

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Parallèlement la capacité d’accueil et la sécurité des solutions d’hébergement ou de logement alternatif pour les personnes sans abris ont été renforcées. La situation a été particulièrement difficile dans les bidonvilles et zones péri-urbaines marquées par le logement informel.

Alimentation

De nombreuses villes ont déployé de nouvelles actions pour soutenir la production alimentaire, les services de livraison à domicile et les interventions d’urgence (distribution alimentaire) pour prévenir la faim parmi les plus pauvres.

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Éducation

Plusieurs collectivités ont souhaiter améliorer la qualité et l’inclusivité de l’éducation en ligne en améliorant les services et en donnant accès aux outils numériques. Par exemple, La Haye (Pays-Bas) a distribué 330 ordinateurs portables aux familles à faible revenu.

Grand âge

Les risques pour la santé des personnes âgées ont été un enjeu majeur de la crise, en établissement comme à domicile, où des risques importants d’isolement étaient à craindre. L’appel à la mobilisation citoyenne, comme à Bilbao (Pays basque, Espagne), a été une stratégie fréquente pour protéger ces membres vulnérables de la communauté.

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Un plaidoyer pour de nouveaux moyens

Rappelant que de nombreuses solutions avaient été déployées suite à la crise de 2008, puis s’étaient effacées au profit du business as usual, le réseau Urbact souligne que « les villes ne peuvent pas gérer seules les problèmes sociaux croissants et complexes ». Urbact demande donc que le Green Deal, la future politique de cohésion et toutes les politiques et tous les instruments connexes de l’Europe se dotent de nouveaux outils pour aider durablement les collectivités à faire face aux crises climatique, sociale et économique. Cela implique de renouveler et renforcer les systèmes de protection sociale à l’échelle de l’Union « en renforçant le socle social, sur la base de principes tels que le salaire minimum, le revenu de base universel, le logement d’abord »...

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