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Fiche d'expérience

Panorama social de Gap

Panorama social de Gap
Cette action n’est plus portée par le CCAS/CIAS.

N’hésitez pas cependant à vous inspirer de cette fiche pour imaginer un projet similaire.

Contexte

Le secteur social occupe une place importante dans les priorités et les dépenses de la municipalité. Il est en perpétuelle mutation et donc très difficile à évaluer ou à chiffrer. D’où la difficulté de planifier des politiques sociales à moyen et long terme. A Gap, il n’existait aucune étude qui permettait de déterminer la qualité et la pertinence des actions sociales menées. C’est dans l’optique de pallier à ce manque de connaissance du terrain que le projet de panorama social a été validé par les partenaires du contrat de ville, en mars 2002. Il fallait réussir à créer un outil qui puisse être partagé en fournissant des données précises, simples à récolter et à comprendre.
Le panorama social sert de support à l’analyse des besoins sociaux (ABS) qui est réalisée annuellement.

Description / Fonctionnement de l'action

Le projet s’adresse aux administrateurs et cadres du CCAS, aux décideurs locaux et aux travailleurs sociaux.

Il consiste au développement d’une méthodologie reconductible permettant d’établir une photographie annuelle de la ville de Gap et du bassin de vie l’environnant, en ce qui concerne ses besoins sociaux et l’efficacité des actions sociales qui y sont menées. Son objectif est de donner aux acteurs sociaux (élus, cadres et travailleurs de terrain) une meilleure connaissance du public et de ses besoins.

Pour mener à bien ce travail, le CCAS a contacté une soixantaine de partenaires (administrations, associations, organismes de sécurité sociale, etc.) afin de construire un outil partenarial et transversal. Plus d’une quarantaine de partenaires se sont engagés à participer activement à la constitution du document. Afin d’inscrire cet outil dans la durée, ce partenariat a été validé par la signature d’une convention pluriannuelle entre le CCAS et les partenaires. Le panorama social est dirigé par un comité de pilotage qui propose des orientations quant aux méthodes d’enquête, ses délimitations, ses objectifs et son calendrier. Il valide tous les ans le panorama social. Ce comité de pilotage est composé de membres représentant les principaux acteurs sociaux de la Ville à savoir l’État, le Conseil régional, le Conseil général, la Ville, la Sécurité Sociale et certaines associations.

La plupart des informations qui figurent dans le panorama social existait déjà. Il ne s’agissait pas de créer des nouveaux indicateurs mais de rassembler et de trier ceux qui étaient disponibles. Le recensement de l’existant a été la première partie du travail. Cette tâche a consisté essentiellement à rencontrer les acteurs de terrain et les décideurs et à mettre en place des tableaux de bord dans les services. Grâce à ce travail, il a été obtenu une image assez fiable de l’existant car le type d’information récoltée dans ce contexte est très proche du terrain et donc de la réalité.
Il fallait, par la suite, rassembler et trier un certain nombre d’indicateurs d’ordre plus général. Il s’agissait ici de statistiques démographiques et socio-économiques qui peuvent être obtenues auprès de l’Institut National des Statistiques et des Etudes Economiques (INSEE), de certains organismes d’État et de Sécurité Sociale ou de collectivités territoriales. Ces données sont plus éloignées de l’individu et de la réalité mais sont indispensables pour former un cadre d’analyse général. Elles ont été croisées avec les données micrologiques afin d’obtenir une photographie très proche du terrain. Au final, le panorama social a recensé plus de cinq cents indicateurs. A travers ce travail, une photographie des besoins sociaux de la ville a pu être constituée et les différents acteurs ont été initiés aux techniques d’évaluation et de diagnostic, outils nécessaires à une action publique cohérente.

Le panorama social n’est pas un outil statique : il est amené à évoluer et à s’affiner au fil des années. Grâce à la simplicité de son fonctionnement et à la solidité de son réseau de partenaires, cette évolution est possible. Dans cette optique tout est envisageable : une amélioration du traitement informatique de ses nombreux indicateurs, une extension de son terrain d’étude au Pays Gapençais, l’ajout de nouvelles informations, la mise en place d’un volet qualitatif. Afin de se donner les moyens d’assurer de telles évolutions, le CCAS élabore un partenariat avec l’Institut d’Études Politiques de Grenoble afin de pouvoir bénéficier régulièrement de l’appui des compétences pluridisciplinaires de stagiaires très qualifiés et d’étudiants chercheurs.

Le traitement du panorama social est aujourd’hui très fortement automatisé, sa réalisation évolue au fur et à mesure des années.

Bilan

Cet outil est aujourd’hui une formidable façon d’appréhender les besoins de la population. Il sert de point de support extrêment efficace à l’analyse des besoins sociaux et au débat d’orientation budgétaire. Son utilisation par les institutions du territoire est très répandue.
Effets positifs :
1) Il a permis de créer, sur le territoire, une culture commune de mesure objective des besoins afin d’apporter des réponses cohérentes et coordonnées. Toutes les institutions se réfèrent aux chiffres du panorama social.
2) Il a modifié la représentation du CCAS par les partenaires et institutions sociales du territoire, en en faisant un acteur essentiel et central des politiques sociales, de leur coordination et du développement social et non un simple gestionnaire de services / distributeur d’aides facultatives.
3) Au sein du CCAS, il a participé à un changement des manières de travailler pour les cadres qui ont abandonné une logique de gestion de service pure au profit d’une logique de développement social de la ville. Des projets de directions ont été démarrés et une cellule de développement social a été mise en place.
4) Les administrateurs du CCAS ont compris qu’au-delà de leurs sentiments, les politiques devaient être accompagnées d’une réelle démarche d’évaluation de l’opportunité.

Points négatifs :
1) Certains élus ou administrations continuent à avoir du mal à utiliser l’outil car ils ont l’habitude d’avoir un ressenti des besoins sociaux plus qu’une approche objective. Ils n’ont pas le réflexe de le consulter.
2) Le panorama social ne parvient pas à appréhender correctement les problèmes relatifs aux personnes handicapées, faute d’avoir pu trouver des indicateurs satisfaisants.
3) Les chiffres du recensement de 1999 commencent à être anciens et le recensement rénové, pour notre territoire, sera beaucoup moins précis.
4) Il faut enrichir la partie d’analyse qualitative de l’outil.

Moyens

Moyens humains :
Lors de la conception : un chargé de mission à temps plein pendant un an et 10 % de secrétariat général.
Pour le fonctionnement ultérieur : 10 % de travail du directeur adjoint et 15 % de secrétariat.
Budget : Outre les salaires, l’ordinateur et les logiciels, il faut compter environ 1 500 euros pour la publication du document (phocopies couleur 48 pages A5, 350 exemplaires).
Frais généraux (téléphones, courriers, etc.).

Les partenaires

Partenaires opérationnels

Les partenaires les plus proches sont ceux auxquels il a été demandé et qui ont accepté de participer au comité de pilotage du projet et aujourd’hui, du dispositif, à savoir :
le chef du bureau de l’action sociale de la préfecture, la responsable d’antenne locale du conseil régional, la directrice du territoire social de Gap pour le conseil général, le président du CCAS, plusieurs adjoints et techniciens de la mairie, le directeur adjoint de la CAF, la directrice départementale adjointe de la DDASS, l’inspectrice principale du travail, le délégué départemental de l’ANPE, le directeur de l’UDAF 05 (Union des Affaires Familiales), l’inspectrice en charge des constructions sociales de la DDE (Direction Départementale de l’Equipement), la directrice de l’OPAC (05), l’assistante sociale, chef du service social de l’Inspection d’Académie, le chef de service social de l’antenne 05 de la CRAM du Sud-Est.

Autres partenaires :
Association d’Aide à Domicile en Milieu Rural (ADMR), AIDES (Association de Lutte contre le Sida), Association de Gestion de Fonds d’Insertion des Personnes Handicapées (AGEFIPH), Alpage (associations de soutien des crèches associatives), ANPE, conseil régional.

Ils financent l'action

Pour la constitution de la méthodologie, le contrat de Ville (Ville/région/Etat) a participé au fonctionnement du service. Depuis, il fonctionne avec les moyens généraux du CCAS.

Les observations du CCAS/CIAS

Un guide méthodologique et un CD-ROM ont été élaborés par le CCAS, qui peut volontiers les transmettre sur demande. Grâce à ce guide, les CCAS peuvent reconduire facilement la méthode sans avoir à embaucher sur une longue période, un chargé de mission.

Cette expérience a été un formidable outil de modernisation du CCAS et de l’ensemble du secteur des politiques sociales sur le territoire. Il a créé les conditions d’une véritable culture commune de l’évaluation préalable des besoins avant de mener des politiques.

Il s’agit d’un outil qui est simple et qui ne demande pas de connaissances statistiques poussées. Il peut donc facilement être compris et exploité par nos partenaires. En cela, il répond tout à fait à leurs attentes.

Photo : Wikimedia Commons / Aups

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