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Fiche d'expérience

Mise en place et animation d’un réseau d’écrivains publics professionnels et bénévoles sur l’ensemble du territoire de Montreuil sous Bois

Mise en place et animation d'un réseau d'écrivains publics (...)

Depuis 2012, le CCAS de Montreuil développe un réseau d’écrivains publics de manière à garantir l’accès aux droits aux personnes à mobilité réduite, illettrées ou éprouvant des difficultés avec la langue française. Le recours à des équipes mixtes de professionnels et de bénévoles permet de couvrir l’ensemble de son territoire et l’organisation en réseau pérennise le dispositif.

Contexte

Montreuil, c’est un territoire de 852 hectares fractionné en 14 quartiers inégalement desservis par les transports en commun. Le regroupement des services et administrations en centre ville génère une fracture avec le Nord et le Sud de la ville. Leur accès reste problématique pour la population composée à près de 20 % par des personnes de nationalités étrangères et celles vivant dans les quartiers isolés, favorisant ainsi les phénomènes de non recours et de rupture de droits. 

En 2012, un diagnostic sur l’offre municipale, associative et citoyenne en matière d’écrivains publics est réalisé. Elle permet d’identifier cette offre comme une solution pertinente en matière de lutte contre le non recours. Néanmoins, l’offre est inégalement répartie sur la ville et les permanences disponibles sont saturées tant les demandes sont importantes. Ce diagnostic préconisait le recours à des bénévoles pour ouvrir de nouvelles permanences ainsi que la mise en réseau de ces bénévoles et des écrivains publics professionnels pour favoriser l’échange d’expériences et la formation. L’offre municipale initiale, reposant sur quatre écrivains publics professionnels (prestataires de municipale, associative et citoyenne en matière d’écrivains publics) a donc été étoffée par le recrutement et la formation de bénévoles.

Description / Fonctionnement de l'action

Les objectif du dispositif sont les suivants : 
- garantir un service public de proximité et un accès aux droits pour tous en couvrant tous les quartiers de la Ville,- Améliorer le service rendu aux publics les plus fragiles en optimisant les articulations avec les acteurs de droit commun (CAF, Pôle Emploi, CCAS, CPAM, CNAV, etc.),- prévenir la rupture des droits et lutter contre le phénomène de non recours, - faciliter l’insertion sociale et sociétale des personnes illettrées tout en les responsabilisant et en les incitant à accéder progressivement à la citoyenneté,- promouvoir un principe de solidarité et d’engagement citoyen en complétant l’offre existante par la mobilisation de bénévoles qui assurent des permanences dans les quartiers,- consolider le dispositif dans la durée, grâce à la constitution d’un fonctionnement en réseau, s’appuyant sur la formation, le partage d’expériences, l’entraide, entre les acteurs du réseau et l’animation par le CCAS.

Les phases du projet : 
2012-2013 : Diagnostic de l’offre municipale, associative et citoyenne en matière d’écrivains publics et préconisations.
Fin 2013 : Recrutement de 4 bénévoles actifs et de 4 bénévoles retraités (annonces parues dans le journal local, entretiens individuels et recensement des besoins spécifiques de formation des bénévoles).
2014 : Élaboration d’un plan de formation en fonction des besoins de bénévoles. De janvier à avril 2014, chaque bénévole a pu assister au déroulement d’une ou de plusieurs permanences d’écrivains publics professionnels. A l’issue de la permanence, un entretien a eu lieu entre bénévoles et professionnels. Le mois suivant, ils ont assisté à une formation sur le métier d’écrivain public assurée par Inter Service Migrants. Celle-ci détaillait les missions, le cadre de l’action, et l’articulation entre leurs missions de bénévoles et celles des professionnels. Parallèlement, le CCAS a cherché des lieux stratégiques où implanter de nouvelles permanences. Trois centres sociaux municipaux, un centre social associatif, un point d’accès aux droits, une antenne municipale « vie des quartiers » et deux associations caritatives ont répondu présents.

Bilan

Actuellement, les permanences se mettent en places et les nouveaux sites accueillant les permanences devraient désengorger le dispositif. Le CCAS va continuer d’organiser des échanges entre les écrivains publics professionnels et bénévoles de manière à maintenir mobilisation dynamique et pérenniser ce système. 

Points positifs : 
- identification des besoins et des réponses appropriées sur le champ de l’accès aux droits,- une équipe de bénévoles aux profils intéressants et complémentaires (ex. une huissière de justice est bénévole),- réduction des délais d’attente des usagers pour un rendez-vous auprès d’un écrivain public grâce à une couverture territoriale plus étendue,- une formation et un accompagnement qui renforce l’action des écrivains publics bénévoles, les valorisent, leur donne une légitimité et les maintiennent dans une dynamique.
Points négatifs : 
- nécessité de pallier le manque de matériel ou de conditions d’accueil dans les structures associatives,- besoin important de formation continue des écrivains publics notamment des bénévoles, à l’heure où les normes sont de plus en plus complexes, notamment en matière de droits sociaux,- accroître la vigilance pour l’action en faveur des écrivains publics n’incite pas les institutions à considérer ces derniers comme de nouveaux guichets pouvant remplacer les « leurs »,
- l’engagement bénévole a besoin d’être constamment dynamisé pour ne pas s’amenuiser et celà demande une énergie importante en matière d’animation du réseau.

Moyens

Les moyens humains :
- le directeur du CCAS chargé de la supervision,- 1 chargée de mission « inclusion sociale » à hauteur de 20% d’un ETP,- 1 équipe de 6 écrivains publics bénévoles,
- 1 équipe de 4 écrivains publics professionnels (prestation de service dans le cadre d’un marché public dont l’attributaire est l’association ISM – Inter Service Migrants). 
Le coût des permanences professionnelles : 1 permanence de 3H/semaine : 110 euros5 permanences/semaine sur le territoire pendant une année : 25 500 euros (coût annuel). Ce coût ne concerne donc que les permanences des écrivains professionnels. 
Formation des bénévoles : 450 eurosTemps conviviaux pour le réseau : 300 eurosValorisation du bénévolat : si les 8 permanences bénévoles étaient mises en œuvre par des professionnels, elles représenteraient un coût de près de 40 000 euros supplémentaires.
Les moyens matériels mis à disposition : - 8 structures municipales et associatives, - imprimantes, ordinateurs, téléphones, fournitures de bureau,- outils de communication (affiches, flyers).

Les partenaires

Partenaires opérationnels

Les services de la Ville et du CCAS : service solidarité, service maintien à domicile, service intégration et lutte contre les discriminations, CLIC, les centres sociaux, les antennes vie des quartiers, la direction de la communication.La Communauté d’Agglomération Est Ensemble : point d’accès aux droits (PAD), la bibliothèque.Associations : les associations locales qui accueillent les permanences, professionnelles ou bénévoles, celles qui orientent vers ces dernières, etc.

Ils financent l'action

Aucun.

Les observations du CCAS/CIAS

Cette action est un bel exemple de renforcement d’un dispositif grâce à l’engagement citoyen. Il permet de renforcer l’accès aux droits des publics les plus fragiles et éloignés des structures d’accès aux droits. C’est un dispositif assez simple à mettre en place et à transposer dans d’autres communes mais qui nécessite une coordination et une animation pour maintenir une dynamique au sein du réseau. Pour les bénévoles, ce projet constitue une expérience enrichissante grâce à la formation et aux échanges avec les professionnels.
Cette action se déploie dans les quartiers avec une logique de proximité. En 2015, il est question de la développer en lien avec le service maintien à domicile chez les personnes en perte d’autonomie. La création d’un pool d’écrivains publics bénévoles auprès de ces personnes isolées permettra de poursuivre l’amélioration de l’accès aux droits et constitue un moyen efficace de lutter contre le non recours face à la solitude et l’exclusion.Il est notamment question d’expérimenter la mise en place d’une permanence dans le centre de santé municipal pour : répondre aux besoins croissants d’accompagnement administratif sur les différents dispositifs d’accès aux droits santé et toucher un public dont la problématique santé fait apparaître bien d’autres difficultés sociales et dont le traitement n’est pas du ressort du professionnel de santé.

Photo : Wikimedia Commons / Damien Boilley

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