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Fiche d'expérience

Mise en place d’une équipe mobile dans le cadre d’une prise en charge globale des femmes victimes de violences

Mise en place d'une équipe mobile dans le cadre d'une prise en (...)

Contexte

Les violences conjugales toucheraient chaque année près de 550 000 femmes d’après les dernières données de l’INSEE. Seules 20% d’entre elles en parleraient à un professionnel. L’absence d’écoute et d’accueil adapté lorsque les violences viennent de se produire en est l’une des principales raisons. Ainsi, la possibilité pour les professionnels d’être présents et d’apporter une réponse efficace lors des situations extrêmes de violence devient un enjeu capital.Avec le SOS téléphonique et les services de police, l’hôpital est le principal « lieu d’entrée » pour les femmes victimes de violence. L’hôpital apporte une réponse sanitaire aux victimes. Mais dans le cas de violences conjugales, il s’agit d’apporter une réponse rapide et globale afin de sortir les femmes de cette spirale. La venue à l’hôpital doit permettre la prise de conscience nécessaire pour amener celles-ci à refuser toute forme de violence ultérieure.

Le service de médecine légale de cet hôpital est un lieu stratégique pour le public visé puisque la violence y est constatée et abordée quotidiennement. Le Professeur Baccino, responsable du service, est particuliérement investi sur cette problématique et a notamment écrit un ouvrage de référence sur la question des violences (Médecine de la violence, éd. Masson 2006 ).

Il a semblé nécessaire de proposer la mise en place d’un partenariat entre le Centre d’Accueil et d’Hébergement Féminin (CAHF) et le service de médecine légale à la fin de l’année 2007. Signée en janvier 2008, la convention de partenariat permet d’apporter une réponse complète et pluriprofessionnelle pour prévenir les récidives et enclencher un processus d’arrêt des violences.

Description / Fonctionnement de l'action

L’équipe mobile prenant en charge les femmes victimes de violences intervient en complément des soins apportés par l’hôpital. Les prestations proposées sont essentiellement de l’ordre de l’accompagnement et du soutien psychologique, social, juridique et administratif :

Accompagnement psychologique :
- évaluation du traumatisme subi,
- écoute et prise en charge de l’angoisse et du stress généré par la situation,
- aide à la décision.Accompagnement social :
- hébergement d’urgence dans certains cas,
- hébergement temporaire au Centre d’Accueil et d’Hébergement Féminin géré par le CCAS,
- aide financière
- suivi

Accompagnement juridique et administratif :
- conseil juridique,
- secours d’urgence,
- accompagnement physique et aide pour les démarches administratives.

Par ailleurs, une préparation à la sortie de l’hôpital est proposée systématiquement afin de ne pas laisser ces femmes s’isoler à leur sortie, ce qui pourrait être un facteur de récidive de la violence.

Bilan

Depuis la création du dispositif, plus de 30 femmes ont pu bénéficier d’une intervention de l’équipe mobile. Basée sur des méthodes d’intervention ayant montré leur efficacité (comme le samu social et les équipes mobiles santé mentale), ce projet apporte une approche préventive originale. Sa vocation d’aller vers l’usager au moment où il en a besoin permet l’atténuation, voire l’arrêt des effets post traumatiques et empêchent dans nombre de cas les phénomènes de récidive.Cette action s’appuie sur la mutualisation des moyens et des compétences des deux structures : le CHU et le CAHF. Sa mise en place a participé au rapprochement des professionnels et favorisé la réussite du projet.

Cependant, le travail en commun entre le CCAS et le CHU n’a pas été simple compte tenu d’une organisation et d’un fonctionnement différent. La mise en oeuvre du projet doit beaucoup à la persévérance du service de médecine légale et du Centre d’Accueil et d’Hébergement Féminin qui ont dû convaicre la hiérarchie administrative et mettre en place des procédures de travail communes aux agents administratifs, aux médecins et aux travailleurs sociaux mobilisés sur cette action.

Moyens

1 assistant du service social (0,3 ETP)
1 psychologue (0,25 ETP)
Mise à disposition des prestations du CAHF pour l’hébergement d’urgence et le suivi des bénéficiairesBudget en 2008 : 23 920 euros

Les partenaires

Partenaires opérationnels

Centre Hospitalier Régional Universitaire Lapeyronie
Service de médecine légale / Urgence

Ils financent l'action

Le contrat urbain de cohésion sociale (CUCS) de Montpellier
Le Plan Régional de Santé Publique (PRSP) Languedoc Roussillon

Les observations du CCAS/CIAS

Un an après la mise en place du dispositif, les résultats obtenus par l’équipe mobile sont satisfaisants. Ce projet a permis de rapprocher les professionnels travaillant sur le projet depuis ses débuts et d’en mobiliser d’autres. La mobilisation autour de ce dispositif s’est d’ores et déjà étendue à l’ensemble du CHRU et il est prévu d’organiser une campagne d’information au sein des cliniques privées prochainement.De nouveaux projets de partenariat sont actuellement en discussion notamment pour un groupement de coopération médico sociale et l’achat d’un véhicule d’urgence.

Photo : Wikimedia Commons / Christophe Finot

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