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Fiche d'expérience

Mise en place d’horaires atypiques dans un service d’aide à domicile

Mise en place d'horaires atypiques dans un service d'aide à (...)

Pour les bénéficiaires du service d’aide et de maintien à domicile, l’extension des horaires d’intervention permet également de rompre l’isolement au moment difficile du coucher, elle permet d’assurer une continuité des soins.

Contexte

La commune de Châtelaillon-Plage est située au Sud de La Rochelle. C’est une station balnéaire de 6 214 habitants dont 40 % des résidents sont retraités. Le CCAS est gestionnaire de plusieurs services contribuant au maintien à domicile : service d’aide à domicile, restauration à domicile et petits dépannages, une résidence non médicalisée "résidence l’âge d’or". A travers ces différentes activités, le CCAS a fait les constats suivants :

  • tous les services prestataires d’aide à domicile et les SSIAD interviennent sur le secteur entre 8 et 19 heures, ne respectant pas forcément les rythmes de vie et les attentes des personnes accompagnées (notamment pour le coucher)
  • en juillet 2008, lors de la rencontre organisée par le CCAS avec les familles et les personnes aidées du service d’aide à domicile, une demande essentielle a été émise : proposer une présence nocturne des services, par le passage d’un agent

Les besoins ressentis concernent d’une part une prestation de confort et de soin de la personne : chute la nuit, change en cas de maladie, prise de repas, coucher...
Et d’autre part une prestation sécuritaire : fermeture des volets, vérification du gaz…

Les personnes âgées résidant au foyer logement ont confirmé ces constats. L’intégration de l’institution étant souvent motivée par le souhait d’avoir une présence diurne et nocturne sécurisante.

C’est donc dans ce contexte que le CCAS de Châtelaillon a décidé d’étudier la possibilité de mise œuvre d’une prestation dite « coucher tardif », complémentaire aux autres services proposés en direction des personnes âgées et handicapées. 

En 2009, un groupe de travail, constitué de conseillers d’administration du CCAS et du personnel administratif, a étudié la faisabilité du projet. Il a décidé d’élaborer un questionnaire pour évaluer la demande, avoir un avis sur l’opportunité d’un tel service. 900 questionnaires ont été envoyés aux personnes âgées de 70 ans et plus. 280 ont répondu, soit 31 % des personnes interrogées. Les résultats ont permis de conforter le projet. 7 % d’entre elles (soit 20 personnes) sont intéressées par la prestation : aide au diner et au coucher, visite de sécurité, aide au lever.

Description / Fonctionnement de l'action

Suite à une étude, le CCAS a mis en place un service "coucher tardif" et aménagé les horaires du service d’aide et de maintien à domicile de sorte qu’il intervienne 7 jours sur 7 de 8 heures à 22 heures 30. L’objectif de cette démarche est de compléter l’offre de service au public fragilisé, retraité et handicapé.
Il s’agit également d’apporter sécurité et réconfort par l’écoute et l’accompagnement.

L’action répond aux besoins ressentis et exprimés :

  • l’aide au coucher tardif 
  • l’aide au transfert, à la mobilisation
  • l’aide à la toilette (situation d’énurésie nocturne nécessitant le change)
  • l’intervention en cas de chute
  • les vérifications de sécurité (coupure du gaz, fermeture des portes)
  • l’accompagnement et l’écoute ainsi que la prévention des angoisses nocturnes

Elle permet une continuité des soins et de prise en charge à domicile, évitant parfois l’hospitalisation.

Autorisation

Suite au dossier CROSM qui a été déposé en 2007, l’ensemble des prestations bénéficie de l’autorisation du conseil général et de l’agrément qualité. Dans un premier temps, le conseil général a été saisi pour une extension de l’autorisation et afin d’envisager une tarification différente pour la prestation « coucher tardif » et dans un deuxième temps, pour envisager une tarification spécifique au service.

A la lecture de l’arrêté d’autorisation le conseil général a estimé que l’on pouvait étendre les horaires d’intervention sans constituer de dossier complémentaire. Il a également décidé de maintenir le même tarif appliqué aux heures réalisées par les auxiliaires de vie, la journée. L’action devait débuter en mars 2010, la tempête Xynthia a conduit le CCAS a reporté l’ouverture en juillet 2010.

Organisation

Le créneau horaire mis en place suit les résultats de l’enquête. Majoritairement, les personnes souhaitaient une intervention entre 19 heures et 21 heures.

L’auxiliaire de vie assure le service de 8 heures à 12 heures et de 18 heures 15 à 22 heures 30. En fonction des prises en charge, des temps de pause et de coordination sont prévus dans le planning. Les interventions durent 30 minutes, sur la plage horaire du soir.
C’est sur la base du volontariat qu’une équipe de deux auxiliaires de vie et une remplaçante assure le service « coucher tardif ».

L’auxiliaire de vie travaille un week-end sur deux et cumule maximum 3 jours sur ce rythme de travail. Elle alterne travail de jour et de garde itinérante de nuit. C’est un choix de l’équipe qui souhaitait garder le contact avec leurs bénéficiaires habituels.

A la fin de la tournée, un cahier de transmission est complété dans les locaux du CCAS. Ceci permet le matin au personnel administratif de prendre connaissance du déroulement de la soirée et éventuellement d’intervenir si nécessaire auprès de la personne aidée ou de la famille. Un référent administratif reste joignable, en cas de difficultés lors de la soirée.

L’équipe est réunie régulièrement par la responsable de service afin d’ajuster planning, coordonner les interventions et adapter le plan de formation à la spécificité de l’action. Le CCAS a mis en place depuis des années, pour les auxiliaires de vie et aides à domicile, un groupe de parole animé par une psychologue.

Le plan de financement initial de l’opération a prévu l’achat d’un véhicule, l’aménagement dans un lieu de repos, l’achat de matériel, les charges de personnel liées au travail nocturne, le recrutement de personnel et la gestion d’un planning.

Bilan

Cette action contribue à la bientraitance des personnes fragilisées à domicile, leur permettant de choisir leur horaire de coucher. Elle garantit une meilleure prise en charge des personnes à domicile correspondant aux attentes de l’ensemble des intervenants et complète l’offre de service du service d’aide à domicile. L’action permet un réel maintien à domicile des personnes les plus dépendantes avec une prise en charge adaptée, retardant ou évitant le placement en EHPAD.

Les difficultés rencontrées sont minimes et ont été évoquées dès les premiers mois : les horaires du personnel ne correspondant pas à leur rythme de vie. Une adaptation du planning par un troisième agent remplaçant une fois par mois un week-end a été mis en place, et permet ainsi d’ajouter des temps de repos.

La détention de clés des domiciles est complexe : la transmission de celles-ci entre agents est difficile. En effet, l’auxiliaire de vie travaillant le soir dépose les clés dans un coffre au service administratif, permettant à l’agent travaillant le soir suivant de récupérer les clés. Afin d’éviter les oublis, un projet de mini-coffre à code contenant la clé et scellé à l’extérieur du domicile de la personne aidée est en cours.

Moyens

Moyens humains

Service d’aide et de maintien à domicile :

  • 3 agents administratifs
  • 17 auxiliaires de vie
  • 2 assistantes de vie
  • 5 aides à domicile

Service « coucher tardif » :

  • 2 auxiliaires de vie
  • 1 remplaçante

Moyens materiels

Au commencement du projet, le CCAS décide de minimiser les frais en mutualisant les moyens existants : utilisation du véhicule du service SOS BRICOL’AGE, accès aux locaux du service administratif pour les moments de pause, introduction des nouveaux horaires dans les plannings existants.

Coût total du projet

12 600 euros.

Les observations du CCAS/CIAS

En septembre 2011, devant le succès rencontré, une deuxième équipe a été mise en place permettant ainsi de répondre aux nouvelles demandes. L’équipe médico-sociale du conseil général connaît le service et inscrit régulièrement dans les plans d’aide, une intervention tardive pour le change, l’aide au repas et le coucher. L’ensemble des services à la personne du CCAS est sollicité par les communes limitrophes ne développant aucun service d’aide à domicile et propose déjà ses prestations dans quatre communes limitrophes.

Photo : Wikimedia Commons / Piso17

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