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Fiche d'expérience

Micro-projet Interreg III : échanges transnationaux entre la France et la Belgique (Flandre/Wallonie) dans le domaine social

Micro-projet Interreg III : échanges transnationaux entre la France et la (...)

Contexte

Interreg III est une initiative communautaire du Fonds Européen de Développement Régional (FEDER) en faveur de la coopération entre régions de l’Union Européenne pour la période 2000-2006.
Le Fonds « micro-projets » est une nouvelle initiative de la coopération transfrontalière entre la France, la Wallonie et la Flandre. Il a été mis en place pour favoriser l’émergence de projets de proximité s’adressant directement aux populations de part et d’autre de la frontière.
Ainsi, le Fonds vise en premier lieu les organisations de petite taille dont les ressources financières sont souvent insuffisantes pour le financement de projets de grande envergure, mais dont les ambitions en matière de coopération transfrontalière ne sont pas moins réelles.

Les échanges transfrontaliers entre la ville de Marcq-en-Baroeul (France) et celle de Kuurne (Belgique) ont ainsi pris naissance depuis quelques années grâce aux relations amicales qui se sont nouées entre leurs maires respectifs, notamment dans le domaine économique.
Les CCAS n’échappent pas à cet intérêt pour les échanges transnationaux.
Les partenaires des communes de Kuurne, Pecq-Celles-Mont de l’Enclus, Menin et Marcq-en-Barœul ont organisé plusieurs rencontres afin d’échanger leurs expériences et d’organiser un projet frontalier commun. Le but est d’apprendre à se connaître, voire à travailler ensemble.

Description / Fonctionnement de l'action

Le micro-projet Interreg III s’adresse aux acteurs des structures œuvrant dans le domaine social : CCAS en France, CPAS en Belgique.
Les partenaires dans le domaine de l’insertion sont Dynamic Emploi Service (France), Mobi Service, BIK (Belgique).
Les partenaires dans le domaine du maintien à domicile sont le centre hospitalier intercommunal de Wasquehal, l’ADAR, six établissements pour personnes âgées.

La coopération entre ces villes a permis de formaliser le micro-projet sous la forme de plusieurs ateliers dont le premier a eu lieu le 1er juin 2005 à Marq-en-Barœul et a consisté dans la présentation des politiques sociales en France et celle de l’organisation sociale au niveau fédéral en Belgique.
L’objectif d’un tel projet est de permettre l’émergence de projets de proximité.
Les programmes des autres ateliers sont :
- l’organisation des services auprès des personnes âgées au niveau local,
- l’organisation de la gestion de l’emploi local pour les personnes en difficulté, des échanges sur les mesures pour l’emploi, les prestations de services pour les personnes en recherche d’emploi,
- les projets d’emploi pour les personnes en parcours d’insertion, les services de proximité,
- une journée de synthèse avec tous les intéressés.

Bilan

La Belgique a apporté ses expériences dans le domaine de l’hébergement des personnes âgées. Les « Seigneuries » belges n’attirent-elles pas beaucoup de Français du Nord de la France ? Dans tous les métiers liés à l’aide à la personne, les Belges ont une compétence reconnue. Nous avons de notre côté des atouts à faire valoir en terme notamment de prestation de services.

Les acteurs de ce projet appartiennent à un même bassin de vie et ont chacun le même intérêt à développer, au-delà des frontières, aujourd’hui virtuelles, des projets communs, des échanges, des compétences et un partenariat.

Ainsi, l’intensification des contacts, celle de la diffusion d’informations au sujet des activités transfrontalières, la coopération transfrontalière en terme d’action sociale, ont permis de se rendre compte que les préoccupations étaient les mêmes d’un côté et d’autre de la frontière.

Difficultés rencontrées :
L’obstacle de la langue côté français... Si les belges ne maîtrisent pas toujours parfaitement le Français, du moins savent-ils faire comprendre et sont-ils en mesure de suivre les débats pour la plupart.

Moyens

Moyens financiers :
Les fonds INTERREG sollicités ont été accordés à hauteur de 20 000 euros, soit une subvention de 4 000 euros par partenaire (Pecq, Menin, Marcq-en-Barœul, Kuurne et l’association BIK de Kuurne).

Les partenaires

Partenaires opérationnels

CPAS en Belgique : Kuurne, Menin, Pecq, Celles, Mont de l’Enclus, association BIK de Kuurne (services de proximité).
CCAS de Marcq en Barœul.

Ils financent l'action

Interreg III, FEDER (Fonds Européen de Développement Régional).

Les observations du CCAS/CIAS

Les échanges au cours des quatre ateliers et lors de la cérémonie de clôture à Bruges, le 19 mai 2006, ont fait apparaître le côté très pragmatique de nos partenaires belges. Ils ont plus rapides dans l’action et arrivent donc plus vite à des solutions.

Ces échanges montrent qu’il est nécessaire d’aller toute de suite à l’objectif et de s’adapter aux réalités de terrain. Une dynamique s’est mise en place entre les partenaires du projet, les liens se sont noués et ont donné à tous l’envie d’aller plus loin. Des collaborations et des échanges devraient se développer autour d’actions de terrain très concrètes.
Ainsi, le tourisme, le sport et l’économie sont le plus souvent les principaux thèmes traités lors des échanges entre les villes jumelées et particulièrement avec nos voisins frontaliers de Belgique.

Ce projet qui a consisté à découvrir les organisations et les actions sociales des deux pays et des différentes régions, nous ouvre des perspectives nouvelles et nous conforte dans la nécessité de prendre en compte la dimension sociale de l’Europe si nous voulons que celle-ci compte ce monde en pleine évolution.

La mondialisation de l’économie, l’ouverture des échanges commerciaux, les mouvements de populations, les outils de communication (Internet, téléphone mobile, télévision...), l’émergence de nouvelles puissances économiques telles que la Chine, l’Inde, transforment radicalement le monde et bousculent nos institutions et nos modes d’organisation.

Nous sommes confrontés à de nouvelles difficultés sociales : le vieillissement et l’allongement du temps de vie, le chômage et l’exclusion sociale, la transformation des solidarités familiales (parents isolés, familles recomposées...). Nos pays démocratiques et modernes ont développé des pratiques sociales pour protéger et être solidaires des personnes les plus fragiles : personnes malades, personnes handicapées, personnes âgées, enfants en danger, personnes privées d’emploi.

Les acteurs du projet sont géographiquement proches, cependant, les frontières existent encore : frontières linguistiques, administratives, culturelles... Cette première approche leur a donné l’envie d’élargir les échanges et d’envisager des projets communs. C’est par ce type de travail qu ’il y aura possiblité de construire l’Europe sociale.

Photo : Wikimedia Commons / Velvet

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