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Metz : résorption progressive et durable d’un bidonville

Metz : résorption progressive et durable d'un bidonville

La ville de Metz est confrontée depuis une dizaine d’années à l’installation clandestine de populations originaires de Roumanie. Après un premier cycle de démantèlements, suivis de réinstallations des populations, la municipalité a souhaité appliquer les préconisations de la circulaire interministérielle de 2012 portant sur les campements illicites (dite « circulaire Valls ») pour trouver une solution locale et durable au phénomène.

L’action expérimentale « Louis Le Débonnaire », pilotée par le CCAS avec la participation des riverains, a ainsi permis d’assurer des conditions minimales d’existence aux habitants d’un bidonville pour prendre le temps de construire avec chacun une insertion durable. Régularisation administrative, emploi, logement, scolarité… l’opération a porté ses fruits pour la majorité des habitants qui ont aujourd’hui quitté le bidonville et sont devenus des habitants des différents quartiers de la ville.

Diagnostic préalable

Lancée officiellement en 2015, l’action a commencé par la recherche d’un lieu propice. La ville, en collaboration avec la Fondation Abbé Pierre, a trouvé une solution sur un terrain de la SNCF, proche de la rue Louis Le Débonnaire, qui a permis l’installation provisoire des familles. Le lieu présentait l’intérêt d’être proche des services : bus, écoles, loisirs...

Suite à la validation politique définitive de l’action au mois de juillet, deux opérations parallèles ont sonné le début de l’action :

  • un diagnostic social des personnes, mené avec l’association Trajectoires. Ce travail complétait la connaissance des familles suite aux différents diagnostics locaux réalisés sous l’égide du CCASou de la DDCS au cours des années précédentes. Il avait pour but de porter un regard nouveau sur ces familles, de connaître avec précision leur origine , leurs liens avec la commune, leur profil socio-professionnel... Il est apparu que la cinquantaine de résidents du site était originaire de la même commune rurale de Roumaine : Cetate, et que - contrairement à certaines idées reçues - il ne s’agissait pas de ferrailleurs mais d’agriculteurs. Ce travail a permis également de constater que la majorité d’entre eux était analphabètes, ne sachant ni lire ni écrire le Roumain, ce qui appelait des accompagnements adaptés .
  • un diagnostic du bâti sur les auto-constructions déjà en place - des cabanes - a également été mené avec l’association Quatorze, afin d’étudier les conditions de vie à date et de voir comment les améliorer.

Réhabiliter avec le soutien de la population

Le 8 septembre 2016, une souscription a été lancée pour l’achat de matériaux, à l’aide de la plateforme de crowdfunding Les Petites Pierres, lancée par la Fondation Somfy. Elle a permis la collecte de 20 000 € : 10 000 € récoltés auprès de 104 donateurs particuliers, ayant versé de 10 à 1000 €, complétés par 10 000 € versés par Les Petites Pierres.

Grâce à ces fonds, un chantier participatif, mobilisant une vingtaine de riverains bénévoles, a été lancé par Quatorze les 29 et 30 octobre, afin de construire une cuisine collective et des sanitaires adaptés, d’assurer la sécurité des cabanes (pose de cheminées) et de procéder à des aménagements paysagers élémentaires (désherbage, désencombrement...).

La réhabilitation s’est notamment poursuivie par un raccordement à l’eau courante en février 2017 et par l’installation d’armoires électriques en 2018, en remplacement des groupes électrogènes qui étaient précédemment utilisés.

Un parcours d’insertion complet

Dès le mois de septembre 2016, un accompagnement social et professionnel était parallèlement proposé, avec un cofinancement de l’Etat, de la Ville et de la Fondation Abbé Pierre. Le but était de trouver un emploi aux personnes pour assurer leur autonomie financière et de scolariser les enfants, avant de les orienter vers une solution pérenne de logement leur permettant de quitter le bidonville.

Ce travail de fond a permis l’insertion de la majorité des habitants. Sur les 16 familles qui vivaient initialement dans le campement, seules 5 résident encore aujourd’hui dans le bidonville sans possibilité immédiate de sortir du fait de l’absence de ressources durables. Les 9 autres ont obtenu leur droit au séjour, ont été relogées et travaillent. Les enfants sont scolarisés et certains d’entre eux sont brillants. « Ils mènent une vie tout-à-fait ordinaire », résume Gaëlle Pollien, directrice adjointe du CCAS « même si on continue de les accompagner, en lien avec les services départementaux, la PMI, etc. ».

Freins et perspectives

Bien accueillie par une partie des riverains, l’action a néanmoins cristallisé une certaine crispation sur des questions telles que le dépôt sauvage d’ordures. Gérée dès l’origine par la métropole grâce à la mise à disposition de containers, la problématique s’est avérée complexe, notamment en raison de « dons » maladroits (vieux matériels électroménagers déposés à proximité du campement et posant des problèmes d’enlèvement).

Officiellement, l’expérimentation devrait durer encore un an et s’achever en septembre 2019. Toutefois, Gaëlle Pollien se veut plus optimiste : « Il n’y a pas de frein insurmontable. On espère que ce sera terminé avant car toute le monde aura été relogé ».

Contacts

Gaëlle Pollien
Directrice adjointe du CCAS
gpollien@ccas.mairie-metz.fr
 
Syvlie Bortot
Directrice de l’action sociale et de l’insertion
sbortot@ccas.mairie-metz.fr

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