J'ai compris, mais plus tard...

Contexte

Le CCAS a constaté, depuis 2005, que les aides facultatives avaient été diversifiées mais que les familles suivies restaient malgré tout, otages des spirales de la paupérisation. Au regard des expérimentations menées par d’autres collectivités et des échanges avec les usagers, le CCAS a souhaité développer une approche plus globale et continue afin d’améliorer de manière constante la situation de ménages en situation délicate mais pouvant être résordée rapidement. L’objectif de cette démarche est également de travailler transversalement et en partenariat avec les différents services à la population de la ville.

Description / Fonctionnement de l'action

Le dispositif ELAN apporte un soutien aux familles en difficultés financières et aux travailleurs pauvres. Les bénéficiaires du dispositif ont été sélectionnés en fonction des difficultés qu’ils présentaient : difficultés à gérer un budget, endettement, problèmes de logement et de santé, malnutrition, difficultés d’insertion professionnelle par manque de mobilité ou absence de mode de garde pour leurs enfants...
L’action vise à apporter à ces personnes une autonomie en 3 à 6 mois, c’est pourquoi les critères de sélection sont très restrictif. La commission a établit la possibilité d’intégrer 15 bénéficiaires la première année. Ceux-ci doivent appartenir aux catégories suivantes : 
- Familles avec une faiblesse/fragilité de ressources (n’étant pas liées obligatoirement à une mauvaise gestion budgétaire),
- Familles dont le reste à vivre semble supérieur à la moyenne des 5 euros par jour et par personne mais rencontrant des difficultés budgétaires,
- Familles qui ne peuvent s’acquitter de factures ponctuelles et dont le reste à vivre est inférieur à 5 euros par jour et par personne,
- Surendettement avéré (dossier de surendettement en cours) ou constaté (pas de dossier de surendettement).Trois vecteurs d’interventions ont été retenus pour ELAN :

- l’aide éducative budgétaire et l’accès à l’épicerie sociale,

- les aides périphériques concernant :
La santé : coordination d’un parcours de soin cohérent avce le centre municipal de santé.
La nutrition : séances et ateliers d’éducation nutritionnelle en étroit lien avec l’épicerie sociale, des séances individuelles avec la diététicienne sur rendez-vous sont également proposées.
Le logement : relogement des personnes seules vivant dans des logement trop spatieux pour limiter le poids d’un loyer trop lourd et des charges afférentes.

- l’aménagement des conditions de réinsertion (mode de garde, microcrédit...)

Les bénéficiaires du dispositif sont sélectionnés sur dossier et après étude de celui-ci en commission.
En cas de refus de la commission, l’usager bénéficie toujours des aides de droit commun.
En cas d’acceptation, le dispositif est personnalisé en fonction des besoins du bénéficiaire. Ainsi, une personne demandant un microcrédit n’aura pas accès à l’épicerie sociale, de même le parcours de soin n’est pas systématiquement proposé.

L’ensemble de la formule proposée au bénéficiaire est contractualisé. En signant, le bénéficiaire s’engage à tout faire pour favoriser sa réinsertion à la fin du suivi.
Durant une période de 3 à 6 mois, le bénéficiaire est suivi et accompagné dans ses démarches. A la fin des 6 mois, il doit avoir acqui suffisamment d’autonomie pour s’en sortir. Si ce n’est pas le cas, le bénéficiaire revient sur le dispositif de droit commun.

Bilan

Points positifs : 
- Implication et appropriation par le personnel Mairie et CCAS,
- Prise en charge avant spirale de certains ménages, 
- Objectivation des approches du fait des discussions collégiales autour de l’intégration dans le dispositif.

Points Négatifs :
- Contrainte financière limitant le nombre de bénéficiaires, 
- Parfois difficultés de positionnement sur certains dossiers face aux services du Conseil Général, 
- Saturation des capacités d’accueil de l’épicerie sociale, 
- Difficultés à rendre les bénéficiaires « acteurs » de leur parcours (démarche passive)

Moyens

Moyens humains :
- 1 coordinatrice (responsable du CCAS)
- 1 assistante sociale
- 1 conseillère en économie sociale et familialeBudget : 
Enveloppe budgétaire dédiée aux aides facultatives de 56 000 euros

Les partenaires

Partenaires opérationnels

Epicerie Sociale « coup de Pouce » à Fresnes, les communes de Rungis et Fresnes, centre municipal de santé de l’Haÿ-Les-Roses, 4 structures municipales Petite Enfance (multiaccueil, halte garderie, crèche familiale et RAM), bailleurs sociaux présents sur la commune.

Ils financent l'action

Communes de Rungis et Fresnes qui subventionnent l’épicerie sociale et en permette la viabilité.

Les observations du CCAS/CIAS

L’initiative favorise une réflexion de fonds sur l’approche des familles en difficultés et développe une vision plus partenariale de l’aide sociale. Elle a permis de retravailler sur la transversalité des approches entre les services et motivé une réactualisation des connaissances des agents d’accueil en les réorientant vers une perspective plus individuelle des usagers.

Photo : Wikimedia Commons / C. Potez-Delpuech

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