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Les Maisons des familles : des lieux pour maintenir le lien

Les Maisons des familles : des lieux pour maintenir le lien

Le confinement lié à la crise sanitaire du Covid-19 a particulièrement éprouvé les familles vulnérables. Depuis la mi-mars, les Maisons des Familles d’Apprentis d’Auteuil agissent aux côtés des acteurs de terrain, dont les Centres communaux d’action sociale (CCAS), pour accompagner les parents et enfants qui en ont le plus besoin.

Fondation catholique reconnue d’utilité publique, Apprentis d’Auteuil accompagne chaque année plus de 30 000 jeunes et familles fragilisés, afin de les aider à trouver leur place dans la société. Parmi ses 240 établissements (maisons d’enfants à caractère social, crèches, résidences sociales, écoles…), 15 Maisons des Familles ont ouvert en France, portées par une conviction commune et partagée par ses partenaires : les parents ont des compétences, qui les rendent capables de trouver par eux-mêmes les solutions à leurs problématiques.

Christophe Beau, responsable du programme, précise : « Ici, les familles s’entraident. Le temps d’un repas, d’un atelier couture ou d’une sortie, ils partagent leurs expériences, questionnements et difficultés, sans crainte d’être jugées. Les parents reprennent alors confiance en leurs capacités éducatives et se mettent en mouvement. »

Partenaire du territoire

Bien plus qu’un dispositif d’accompagnement à la parentalité, les Maisons des Familles jouent un rôle essentiel en matière de cohésion sociale à l’échelle du quartier et de la commune. « Ce temps de crise a encore renforcé notre besoin et notre volonté de travailler pour et avec le territoire sur lequel nous sommes inscrits », confirme Elisabeth Michel, directrice de l’établissement de Grenoble.

Comme à Bordeaux où, dès 2016, la Maison des Familles s’est associée au CCAS de la Ville dans le cadre du Relais popote. Karine Schoumaker, la directrice, détaille ce concept original : « Il s’agit de permettre à des familles en parcours migratoire ou situation de mal logement d’avoir accès à une cuisine afin de préparer un repas chaud à partir des aliments qu’elles apportent, pour le consommer sur place ou en un autre lieu. » Une réponse à un besoin essentiel, qui est aussi une porte d’entrée pour engager le dialogue autour de l’interculturel et des codes sociaux. « Dès le début du confinement, nous nous sommes assurés dans le cadre de la convention "relais popote" que les invendus étaient toujours livrés deux fois par semaine, mais dans notre frigo "Zéro Gaspi" se trouvant juste à l’extérieur de la Maison. Cela a permis une distribution alimentaire a minima pour les habitants du quartier et les familles qui osaient se déplacer » précise Karine Schoumaker.

A Grenoble aussi « nous avons consolidé nos liens avec le CCAS afin de répondre dans un premier temps aux besoins primaires (hébergement, distribution alimentaire…) des familles et trouver des lieux pour qu’elles puissent récupérer des attestions de déplacement papier ; ensuite en lien avec le centre social du quartier, afin d’articuler nos besoins de bénévoles ponctuels (pour l’accompagnement scolaire, la lecture d’histoires…) avec la coordination faite par la ville de propositions de bénévoles » souligne Elisabeth Michel.

Poursuivre le dialogue

Pour maintenir ce dialogue avec les familles malgré le confinement, il a fallu s’adapter. « En quelques jours, nous avons créé une Maison des Familles virtuelle via WhatsApp et une veille téléphonique intensive », explique Elisabeth Michel.

Même chose du côté de la Maison des Familles de Mulhouse, où Anne-Claire Schneider et son équipe ont joué à fond la carte digitale pour prendre des nouvelles, rassurer et écouter les besoins. « Nous avons mesuré les conséquences de la fracture numérique pour les familles les plus modestes, faute d’accès à Internet et à une information de toute façon difficile à décrypter. » D’où l’idée, en partenariat avec le CCAS, et aussi le Conseil départemental, la PMI, le centre culturel et social de leur adresser un livret avec des infos utiles, des jeux, des bricolages, des recettes de cuisine… Depuis fin avril, 800 exemplaires partent chaque semaine à destination des familles accompagnées par Apprentis d’Auteuil.

Retour à la maison

Avec le déconfinement renaît aujourd’hui l’espoir de « retrouver l’ancienne Maison des Familles  », selon l’expression d’une maman bordelaise. C’est que la chaleur du collectif manque cruellement à tous ces parents, où qu’ils se trouvent. Un collectif réduit pour le moment à dix personnes maximum, quel que soit l’établissement, règles sanitaires obligent. « À nous de réinventer nos modalités d’accueil avec les familles ! » résume, philosophe, Anne-Claire Schneider. Elisabeth Michel renchérit : « Masques, gestes barrières… Il y a des contraintes, certes, mais comment s’en empare-t-on pour vivre avec ? » C’est qu’à la Maison des Familles, toute occasion est bonne pour créer de l’intelligence collective.

Contact

Christophe Beau
Responsable du programme « Maisons des familles »
christophe.beau@apprentis-auteuil.org

Photo : JP Pouteau/Apprentis d’Auteuil - Maison des familles de Vaulx-en-Velin (maman et sa fille)

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