Les ambassadeurs santé mentale, un engagement citoyen au service des jeunes

Santé mentale
Publié le 28 janvier 2025

Questions à Hélène Salsi, coordinatrice Ambassadeurs santé mentale, et Brahim Saïdi, ambassadeur santé mentale à Reims.

Quel est votre rôle et celui des ambassadeurs santé mentale ?

Hélène Salsi : Je suis la coordinatrice des ambassadeurs santé mentale (ASM) de la région Auvergne-Rhône-Alpes au sein de la Fondation lyonnaise Action recherche handicap et santé mentale (ARHM) qui a mis en oeuvre le dispositif ASM dès 2019. Mon rôle consiste à accompagner les chargés de mission - mobilisés sur neuf territoires de la région - qui encadrent les ASM sur le plan méthodologique, en lien avec des coordinateurs d’équipes et de projets d’Unis-Cité. Je suis par ailleurs en lien au plan national avec les différents porteurs de projets qui déploient le dispositif sur leurs territoires. Les ambassadeurs sont des volontaires en service civique âgés de 16 à 25 ans qui s’adressent à d’autres jeunes du même âge en situation de vulnérabilité avec, comme atout, une forte potentialité d’identification. Les ASM sont formés et accompagnés pour mener, pendant les huit mois que durent leurs missions, des interventions de prévention dans des structures jeunesse.

Brahim Saïdi : Notre objectif est d’apporter de l’information sur la santé mentale, de déstigmatiser le sujet et de faire connaitre les lieux-ressources qui vont faciliter la parole. Nous allons à la rencontre des jeunes dans différents lieux : missions locales, maisons de quartiers, foyers de jeunes travailleurs, centres de formation d’apprentis, écoles de la deuxième chance, centres sociaux, services pénitentiaires d’insertion et de probation …. Le pair à pair est très important pour combattre les préjugés et sensibiliser à l’importance de préserver sa santé mentale. Nous menons aussi des interventions auprès du grand public, dans le cadre de forums métiers par exemple. Le 15 mars prochain, nous organiserons aussi une course à pied et une marche dans le cadre de la journée de la santé mentale positive, pour là aussi sensibiliser le plus grand nombre à nos messages. Parmi les thématiques que nous allons privilégier cette année figurent la lutte contre les addictions, le cyberharcèlement, la rupture de l’isolement, l’orientation sexuelle et l’identité de genre ou encore l’image de soi. Nous disposons de différents outils comme des jeux - trivial poursuit, photolangage, Kahoot… - pour faciliter les interventions et surtout les échanges.

Pour quelles raisons êtes-vous devenu ASM ?

B.S : J’ai postulé auprès d’Unis-Cité et après un entretien avec la responsable d’antenne qui portait sur mes motivations, j’ai pu valider mon inscription en service civique. Cette mission d’Ambassadeur santé mentale m’intéresse particulièrement car je souhaite devenir moniteur-éducateur. Je suis accompagné par une infirmière du Club Famille de l’association l’Amitié - qui porte le dispositif à Reims -, la coordinatrice d’Unis-Cité et une psychologue libérale qui assure notre supervision et nous aide à optimiser nos interventions auprès du public. J’aime beaucoup ce que je fais. Se sentir utile est au cœur de mon engagement et de celui du service civique.

Quelles sont les attentes des jeunes en matière de santé mentale ?

H.S : Nous constatons que la priorité reste le besoin de déstigmatisation. Lors des ateliers, nous continuons d’apprendre à faire la différence entre santé mentale et maladie psychiatrique ou encore à travailler sur la représentation des professionnels de santé. A la fin des interventions, beaucoup de jeunes nous disent se sentir plus à l’aise pour se rendre dans des structures de proximité et bénéficier d’une première écoute. Nous les informons sur les ressources accessibles et gratuites : lignes d’écoute, maisons des adolescents, points accueil et écoute jeunes… Cette année, nous avons identifié une thématique phare autour du cyberharcèlement. C’est un sujet d’actualité sur lequel nous avons développé des formations particulières. Il en est de même pour l’éco-anxiété, particulièrement présente dans les zones rurales. La gestion des émotions et du stress fait aussi partie des demandes récurrentes. Notre force est de répondre à des besoins spécifiques en fonction des publics et des territoires.

Travaillez-vous en lien avec des CCAS ?

H.S : J’ai participé le 13 novembre dernier à un colloque sur la santé mentale organisé par les Udccas de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Ce fut une belle opportunité pour nouer des liens avec les CCAS car nous souhaitons diversifier nos modalités d’intervention pour favoriser l’aller vers et toucher des jeunes que nous connaissons mal comme ceux qui sont isolés et éloignés des structures dans lesquelles nous intervenons.   

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