J'ai compris, mais plus tard...

Depuis 1990, la semaine du Goût est le rendez-vous annuel des amoureux des saveurs. Objectifs : initier petits et grands à la diversité et aux plaisirs gustatifs, faire découvrir les produits, leurs origines et leur mode de production, encourager les comportements alimentaires sains et durables tout en transmettant des savoir-faire et en mettant en avant les métiers de bouche. Collectivités, associations, écoles, entreprises privées… tout le monde peut participer ! Le CCAS de Vierzon, par l’intermédiaire de son épicerie sociale Epicéa, le fait depuis trois ans. Une occasion de travailler en partenariat sur le territoire de Vierzon sur un objectif commun : améliorer les habitudes alimentaires des habitants tout en développant le lien social.

Contexte

A Vierzon, de nombreuses interventions sont effectuées autour de l’alimentation, qu’il s’agisse de l’aide alimentaire ou d’action de prévention sur le thème du "bien manger’. La question de l’aide alimentaire ne doit pas simplement être traitée sur le plan curatif (distribuer de l’aide) mais d’abord sur un volet de prévention : se réapproprier des pratiques autour de l’alimentation (faire de la cuisine, partager des savoirs...). Ce constat a été construit avec les habitants qui ont fait part de leur souhait de faire des actions sur ce thème, et pas simplement d’être client d’un support mis en place sans eux. Pour travailler de manière participative avec les habitants, le CCAS et le centre médical de santé (CMS) ont décidé de s’associer sur cette thématique, notamment pour fédérer des partenaires autour de la semaine nationale du goût.
Ce projet repose sur une stratégie double : - impulser une dynamique collective au niveau du territoire en co-pilotant l’organisation de la semaine du Goût et en mutualisant des moyens et des compétences, au fur et à mesure de l’avancée du projet ; - mettre en place des groupes de travail mélangeant les habitants et les professionnels sociaux ou médico-sociaux organisateurs de manière à valoriser l’initiative citoyenne et l’autonomie. 
L’innovation repose sur la construction d’un projet avec les acteurs en fonction du thème choisi en commun. Depuis plusieurs années, la multiplication des animations (d’ateliers cuisines en passant par des démonstrations de restaurateurs, un jeu forum, des animations à destination des écoles ou des adolescents, en passant aujourd’hui par des animations avec les commerçants ou dans un bus de la ville) apporte une nouvelle perspective : celle de pouvoir partager de manière variée sur l’alimentation avec des habitants qui se rencontrent et qui utilisent ce support comme moyen d’échanges. 

Description / Fonctionnement de l'action

L’édition 2014 de la semaine du Goût se déroule du 11 au 17 octobre. Le thème retenu est « le tour du monde en 80 goûts ». Les objectifs de l’événement sont : - proposer des plats équilibrés adaptés au budget des publics, des ateliers de bien être, ou des « parcours santé » pour favoriser une approche globale de la santé,- proposer d’apprendre des techniques simples de cuisine (pâte brisée, purée maison…), privilégiant l’utilisation de produits de saisons, notamment en valorisant les jardins partagés,- promouvoir les compétences de chacun et le lien social en mixant les publics et en incitant la participation active des habitants,- présenter des lieux peu connus de Vierzon et faire se rencontrer des structures et des publics,- impulser une dynamique locale multi-partenariale en amenant différents acteurs à prendre part au projet.
1 – les animations en semaineToute la semaine, des animations cuisines sont proposées dans différentes structures de la ville et sous différentes formes : préparation de plats, dégustations, démonstrations de cuisine par des chefs cuisiniers, cuisine au pied des immeubles. Un référent projet est chargé de vérifier le cahier des charges de l’action : groupe de 15 participants maximum sauf exception en cas d’ateliers intergénérationnels, groupes à parité d’habitants et d’usagers de chaque structures, contenu de l’atelier (petit groupe, principes d’accueil de chacun...), distribution des questionnaires de satisfaction. 
2 - le OFF de la semaine du goûtDonner goût aux produits locaux et aux plaisirs gustatifs dans la ville à travers des animations ludiques : masques de légumes, chasse au trésor avec les commerçants du centre ville , "un bus au pied de chez vous", des lectures à la médiathèque, un masterchef avec des adolescents, visite d’un marché, expositions dans certains lieux de Vierzon....Le fait de parler autrement d’alimentation permet de toucher un public plus vaste. C’est aussi associer certains des acteurs professionnels ou habitants sur le territoire à une démarche différente : celle "d’aller vers". Pour ces animations l’accès se fait sans inscription. A cela s’ajoute un travail de décoration fait par les personnes qui ajoutent une autre forme de participation. 

3 – les ateliers écoles Depuis trois ans, le CCAS a développé un partenariat avec l’inspection académique qui permet de proposer des animations dans les écoles sous différentes formes. Elles durent en moyenne deux heures et sont portées principalement par des partenaires éducation populaire, cuisine mobile de la banque alimentaire, une régie de quartier et l’office de tourisme.
Explication des choix méthodologiques effectués :- un jeu plateau qui inclue de la cuisine, des questions sur l’alimentation et une approche sur la culture autour de l’alimentation (manière de manger, quand, importance dans chaque pays...) ;- une animation aux jardins partagés sous formes de jeux et de prises de goûter ;- des animations intergénérationnelles permettant d’avoir un contact entre générations et d’aborder l’alimentation autrement (par la parole le plus souvent) ; - des animations au collège par une Segpa : un accueil d’une classe est proposé autour des métiers de la restauration (visites et dégustations) par les collégiens ;- des animations proposées par la cantine scolaire en lien avec le thème général. 
Un référent projet est chargé de vérifier le cahier des charges de l’action : travail de fléchage et de préparation, contenu de l’atelier (principes d’accueil de chacun...), distribution des questionnaires de satisfaction. Il s’agit de travailler sur un plan préventif la question de l’équilibre alimentaire. Le support ludique permet d’aborder ces notions de base sans être dans un format trop difficile pour les enfants. C’est aussi amorcer des partenariats qui ont permis par exemple à certaines classes d’avoir des parcelles aux jardins partagés toute l’année. 
4 – le forum Le jeudi après-midi et le vendredi toute la journée, un forum est proposé. Accessible à tout public, il permet de reprendre les thèmes abordés et de terminer la manifestation sous une forme partagée. Ce forum sous forme de jeu pour grands et petits se compose d’ateliers divers (atelier des sens, cuisine, parcours santé, lecture, questions, fabrication...).Une journée mélange les classes primaires et les habitants, et une demi-journée est ouverte uniquement aux classes maternelles. La construction des décors est réalisée par un groupe d’habitants (ESAT, particuliers, papothèque, CADA...).Un repas pris en commun le vendredi avec chaque acteur permet de valoriser ce que chacun a fait, d’en parler et de remercier pour le travail accompli. Ce repas est préparé par un groupe d’habitants et animé par la boutique solidarité.
Le forum a pour objet de revenir sur les notions d’équilibre alimentaire et de partage des savoirs. Le fait d’avoir créé un jeu est aussi un moyen d’insister sur la notion de parcours (au sens de parcourir c’est à dire s’enrichir et se découvrir des compétences). Un référent projet est chargé de vérifier le cahier des charges de l’action : travail de fléchage et de préparation, contenu de l’atelier (principes d’accueil de chacun...), distribution des questionnaires de satisfaction. 

Bilan

Le projet continue de grandir tant au niveau des partenaires (plus de 20 nouvelles structures) qu’au niveau de la circonscription (action hors Vierzon). De manière générale, les ateliers sont travaillés à deux structures ou plus. Avec un effet levier important : la rencontre avec des populations diverses : CADA et maison de retraite, population âgée et enfants. Pour certains partenaires qui ne se connaissaient pas, cette action a permis de créer un partenariat qui perdure très souvent le reste de l’année. Chaque groupe de travail a fonctionné de manière autonome. La participation de chacun (prise de décision, information) est plus facile avec ce fonctionnement. Un meilleur accompagnement doit être construit pour éviter de perdre des structures motivées ou pour structurer d’avantage les porteurs identifiés (moyens, partenaires, construction de l’animation). La participation des habitants est très importante dans le projet : de la décoration, en passant par la présence aux réunions, à l’animation de certains temps, à la participation sur du long terme ou sur un temps donné. Cette participation multiple est un gage de renouvellement dans les actions, mais aussi un porteur de réseau. 

Moyens

Moyens humains : 
- 1 conseillère en économie sociale et familiale,
- 1 agent administratif titulaire,
- 1 assistant socio-éducatif mis à disposition par le conseil général.

Budget : 22 000 euros pour la coordination, la communication et l’animation + 14 900 euros de charges de personnel.

Les partenaires

Partenaires opérationnels

Fondation Grancher, bibliothèque, association « Lire et faire lire », accueil petite enfance, réseau d’assistantes maternelles, centre de loisir, IME, collège Albert Camus, groupement d’entraide mutuelle, CDEF, CODES, AJCV, EHPAD, accueil de jour Alzheimer, restaurant social, médiateur santé du CCAS.

Ils financent l'action

Conseil général, CAF, FEADER, ARS, DRAFF.

Les observations du CCAS/CIAS

Depuis quatre ans, le projet n’a cessé de se développer ce qui est encourageant. Il tente de mettre au centre les habitants du territoire par diverses propositions : animations multiples, nouveaux partenaires, participation directe sous de multiples formes... Ce projet est aussi un modèle au sens où il répond aux problématiques du territoire en termes de santé et de lien social. D’une part parce qu’il véhicule un message de prévention positif où chacun peut agir pour sa santé (bien manger, pour un coût raisonnable). Cela a permis d’intégrer ce projet au sein du contrat local de santé signe qu’il est un outil de prévention utile et reconnu ; mais d’autre part par le lien social que compose le repas (manger ensemble, partager des cultures, de savoir-faire...). C’est un projet qui a l’ambition d’être à la frontière du secteur social et médical. C’est aussi une illustration du dynamisme partenarial d’un territoire et de ses acteurs et tend à démontrer qu’il est possible d’agir à moindre coût pour vouloir un vrai changement. Cette action montre également que la mutualisation des moyens et des compétences permet un travail plus efficace et une réponse plus adaptée aux besoin des usagers. 

Photo : Wikimedia Commons / Croquant

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