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La nette aggravation de l’isolement social des personnes âgées en France : 2ème édition du baromètre des Petits Frères des Pauvres

La nette aggravation de l'isolement social des personnes âgées en France (...)

Après un premier baromètre sur la solitude et l’isolement des plus de 60 ans en France publié en 2017, l’association Les Petits Frères des Pauvres vient de publier une 2ème édition. Le constat est sans appel : l’isolement social s’aggrave.

En 2021, 530 000 personnes âgées sont en situation de mort sociale alors qu’elles étaient 300 000 en 2017. Deux millions d’aînés sont isolés des cercles familiaux et amicaux alors qu’ils étaient 900 000 en 2017.

Le panorama complet dressé par la 2ème édition de ce baromètre doit nous permettre de réfléchir collectivement aux solutions à apporter à l’isolement social, en privilégiant les solutions de proximité, comme le souligne Alain Villez, Président des Petits Frères des Pauvres. La crise a mis en exergue les failles d’une société n’ayant pas su répondre depuis une vingtaine d’années aux conséquences du vieillissement de la population pourtant annoncé.

Selon l’association, la lutte contre l’isolement des personnes âgées constitue un axe majeur dans la construction des politiques publiques de prévention de la perte d’autonomie. Cette prévention de l’isolement relationnel est donc à construire tout au long du parcours de vie.

Retour sur les principaux enseignements de l’étude :

  • une nette aggravation de l’isolement social en 4 ans  : + 77 % de personnes âgées en situation de “mort sociale” ;
  • une hausse du sentiment de solitude : 36 % de personnes âgées se sentant seules fréquemment ;
  • un isolement accentué aussi par le manque important de relations de qualité  : 6,5 millions de personnes âgées de 60 ans et plus n’ayant personne à qui parler de sujets intimes ;
  • 3,6 millions de personnes âgées toujours exclues du numérique : même si la fracture numérique se résorbe et qu’internet a été un outil précieux d’aide au maintien du lien social ;
  • la précarité est un facteur aggravant d’isolement ;
  • l’isolement est bien différencié selon les territoires ;
  • perdre ses proches représente toujours la préoccupation première pour plus de 14 millions de personnes âgées ;
  • une forte envie de retrouver un réel lien social avec ses proches ;
  • les premiers remparts contre l’isolement restent le maintien des commerces et services de proximité, ainsi que le lien entre les générations ;
  • une volonté farouche de vieillir à domicile quel que soit l’âge mais avec un inquiétant refus des aides au maintien à domicile.

Pour une meilleure compréhension des mécanismes d’isolement relationnel et des conditions de vie des personnes âgées isolées, l’étude met en exergue quatre enseignements :

  • un socle commun d’expériences avec des vies bouleversées dans leur parcours ;
  • un quotidien routinier principalement déterminé par l’état de santé ;
  • un besoin vital de partager un moment avec des proches ;
  • trois profils d’acceptation de la solitude et l’isolement : les solitaires, les esseulés, les abandonnés.

Les préconisations des Petits Frères des Pauvres :

  • produire des données officielles régulières sur la solitude et l’isolement de la population française avec des définitions partagées par tous ;
  • inclure la variable de l’isolement relationnel dans les processus d’évaluation de la perte d’autonomie ;
  • prioriser dans les actions de lutte contre l’isolement les personnes âgées aux revenus les plus modestes en mobilisant les crédits de la conférence des financeurs sur cet axe ;
  • ne pas faire de l’isolement relationnel un nouveau business et ne pas proposer seulement une société de la surveillance des personnes âgées ;
  • prioriser l’aide au maintien du lien social dans les actions de sensibilisation au numérique ;
  • s’appuyer sur les acteurs de proximité et les soutenir dans la construction des politiques de lutte contre l’isolement des personnes âgées ;
  • soutenir les structures associatives et les inciter à mieux intégrer les personnes âgées du grand âge en adaptant leurs missions ;
    faire de la sortie en extérieur un élément primordial de lutte contre la perte d’autonomie et de l’isolement ;
  • mener une politique de sensibilisation des plus jeunes au vieillissement et à l’isolement des personnes âgées ;
  • mieux prévenir les risques de mort solitaire en expérimentant un système d’alerte.

Ces constats rejoignent ceux de nombreux CCAS/CIAS engagés quotidiennement dans la lutte contre l’isolement des personnes âgées à travers différents types d’actions dont voici quelques initiatives inspirantes :

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