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La France, l’un des pays de l’OCDE les moins bien pourvus en professionnels de la dépendance

La France, l'un des pays de l'OCDE les moins bien pourvus en (...)

Faisant le point sur la situation du secteur du grand âge pendant la crise sanitaire du Covid-19, l’OCDE déplore, dans un rapport et une note publiés le 22 juin dernier, qu’en France, ce secteur « souffre de sous-effectifs » et qu’« il est probable que cela s’aggrave à l’avenir » alors même que la proportion de personnes âgées de plus de 80 ans devrait passer de 5 % à 10 % de la population des pays de l’OCDE en 2050. .

L’épidémie de Covid-19 a mis en lumière et exacerbé des « problèmes structurels préexistants dans le secteur des soins de longue durée » relevant à la fois de sous-investissements, de ressources humaines et de sécurité.

Dans les trois quarts des pays de l’organisation, entre 2011 et 2016, la croissance du nombre de salariés a été inférieure à celle des plus de 65 ans dans la population. Alors qu’il y a 5 salariés pour 100 seniors en moyenne dans les 28 pays observés par l’OCDE, en France, l’organisation n’y compte que 2,3 salariés pour 100 personnes âgées de plus de 65 ans. Selon l’Organisation, pour combler ce retard, le nombre de salariés dans le secteur « devra donc augmenter de 60 % d’ici 2040 » afin de « maintenir le rapport actuel entre le nombre de soignants et le nombre de personnes âgées ».

Le rapport relève également que les professionnels du secteur n’ont pas toujours une formation appropriée ni la capacité à appliquer les protocoles infectieux ou autres activités de prévention. La raison en serait que « moins de la moitié des pays imposent un niveau d’éducation minimum ou un diplôme officiel aux professionnels et peu garantissent que ces derniers recevront une formation suffisante ». Seuls 21 % des professionnels de l’OCDE disposeraient d’un haut niveau d’éducation tandis que 16 % présenteraient un faible niveau d’éducation.

L’OCDE insiste également sur les conditions de travail particulièrement difficiles des salariés français : 85 % d’entre eux disent « être exposés à des facteurs de risques physiques ou mentaux », tandis que 15 % disent avoir souffert d’accidents « conduisant à des blessures », taux deux fois supérieur à la moyenne de l’OCDE. L’Organisation rappelle également que % des salariés de ce secteur souffrent de troubles physiques et 46 % sont exposés aux risques psychosociaux.

Selon les données de l’OCDE, en France, les salariés des maisons de retraite et de l’aide à domicile aux personnes âgées percevraient une rémunération nettement inférieure à celle des aides-soignants à l’hôpital : 9 euros de l’heure en moyenne, contre 14 euros à l’hôpital.

Face à ce contexte, l’OCDE enjoint de manière cruciale à « investir dans les ressources humaines » , en assurant des niveaux de formation adaptés et de meilleures conditions de travail.

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