J'ai compris, mais plus tard...

La municipalité a choisi de mettre en place le projet « boîte à livres » consistant en la création, la réalisation et l’installation de 3 boîtes à livres dans l’espace public de la commune en partenariat avec lycée régional professionnel Nice-Vauban. Les lieux de vie des boîtes à livres seront :

  • le CCAS pour son prototype,
  • le Palais des Sports pour la deuxième,
  • et l’extérieur, dans l’espace public, pour la troisième.

Le principe de la boîte à livres est simple et sans contrainte : le citoyen peut disposer de livres et magazines à volonté, pour le temps qu’il souhaite ou même les conserver. Basé sur le libre-échange, s’il possède des livres, manuels, documents, revues qu’il n’utilise plus, il peut à son tour venir les déposer pour en faire profiter d’autres personnes.

Principaux objectifs

Ce qui fait aujourd’hui l’atout majeur de ce projet est bien sa dimension partenariale, lors de chacune de ses étapes : de son élaboration à sa création en passant par son bon fonctionnement, il permet d’atteindre des objectifs à plusieurs niveaux.

  • La formation professionnelle : pour le lycée, il vise au développement de la formation professionnelle et à la mixité des publics par la réalisation d’un chantier école permettant d’optimiser la partie pratique de la condition des stagiaires.
  • La politique culturelle locale : pour la mairie, une revitalisation de sa médiathèque publique et un aboutissement de son rôle de mise en commun des biens, d’organisation d’actions hors-les-murs, de « seconde vie » pour ses collections.
  • L’action sociale : pour le CCAS, être le vecteur de lien social en son sein et prévenir l’illettrisme du public-cible.

Le dénominateur commun est bien l’enrichissement personnel qui agit sur la confiance en soi et la prévention de l’illettrisme :

  • Permettre aux personnes éloignées en précarité économique d’accéder à la culture dans son environnement,
  • Restaurer le lien social et tisser des relations durables,
  • Accéder à la culture sous toutes ses formes,
  • Découvrir, développer et susciter l’intérêt pour dynamiser les personnes isolées,
  • Partager des moments conviviaux.

Public(s) Ciblé(s) par l'action

L’analyse des besoins sociaux, mise à jour en 2016 et pilotée par le CCAS, formalise des enjeux tels que l’équilibre du peuplement, la mixité sociale et le bien vivre ensemble, l’attractivité de la commune, l’accueil et l’intégration des nouveaux arrivants et le maintien du lien social. La municipalité s’est fixée pour objectif de rendre accessible la culture à tous et notamment aux publics qui en sont le plus éloignés.

Selon l’estimation du CCAS, en tenant compte de la fréquentation de l’établissement, plus de 100 personnes pourraient bénéficier de cette action.

En effet, la boîte à livres est positionnée de manière stratégique pour les Trinitaires :

  • dans les locaux du CCAS, dans l’espace d’attente tout-public, accessible aux personnes à mobilité réduite, situé en centre-ville, mitoyen aux locaux de la mairie.

Cet espace est utilisé notamment :

  • pour les publics en difficulté bénéficiant de l’aide alimentaire lors des distributions 2 fois/semaine (environ 40 foyers/distribution + 5 bénévoles),
  • pour le public senior lors des encaissements régie du pôle animation seniors (environ 30 seniors/encaissement),
  • pour les agents de la Mairie lors des permanences de l’assistante sociale du personnel (environ 5 agents/mois),
  • pour le public accueilli lors des permanences du pôle logement social tenues 2 fois/semaine (environ 15 foyers/semaine).

Contexte

Selon l’Agence Nationale de lutte contre l’illettrisme, 7% de la population adulte âgée de 18 à 65 ans ayant été scolarisée en France est en situation d’illettrisme, soit 2 500 000 personnes en métropole.

Sur ces 2 500 000 personnes en situation d’illettrisme :

  • La moitié a plus de 45 ans. Contrairement aux idées reçues qui limitent ce phénomène aux classes d’âge les plus jeunes, les difficultés augmentent avec l’âge...
  • Plus de la moitié exerce une activité professionnelle. La lutte contre l’illettrisme touche donc de très près le monde du travail, de l’entreprise.
  • 71% d’entre elles parlaient uniquement le français à la maison à l’âge de 5 ans. Attention aux idées reçues qui assimilent illettrisme et immigration...
  • La moitié des personnes concernées en situation d’illettrisme vivent dans des zones rurales ou faiblement peuplées, ce qui signifie que la politique doit s’organiser sur tout le territoire.
  • 10% vivent dans les Zones Urbaines Sensibles. Aussi la lutte contre l’illettrisme est-elle un axe majeur dans les politiques publiques.

L’environnement socio-culturel, associatif et éducatif de la Trinité est particulièrement riche que ce soit par la lecture publique, son environnement culturel, ses structures à destination de la petite enfance, de l’enfance et des jeunes de la commune, ses structures à destination des aînés ainsi que les structures sociales qui sont nombreuses et implantées sur le territoire.

Néanmoins, en tant qu’acteur social de proximité, la ville connaît les problématiques pouvant découler de ce sentiment d’isolement chez les personnes en situation d’illettrisme : honte, perte de l’estime de soi... Autant de facteurs de risques amenant des conduites d’évitement et de « non-recours ».

Ainsi, la restauration du lien social, l’écoute et la prise en compte globale des personnes qui doivent réacquérir et consolider ses compétences de base participent non seulement à lutter contre l’illettrisme mais aussi à le prévenir.

Fort de ces constats, les actions du CCAS envers la population trinitaire doivent impérativement s’adapter et s’enrichir d’activités hors-les-murs au sein de l’espace public.

Description / Fonctionnement de l'action

Calendrier de l’action

  • Novembre 2017 : une convention tripartite mairie/lycée/CCAS a été signée
  • De janvier à mars 2018 :
    • réalisation du prototype de la boîte à livres,
    • installation au CCAS le 29 janvier 2018,
    • film réalisé par la collectivité mis en ligne sur les réseaux sociaux,
    • 2 articles de presse diffusés dans : Les brèves du 3V du 23 février 2018 et Vie village du mois de mars 2018.
  • De mars à décembre 2018 :
    • réalisation des 2 autres boîte à livres,
    • installation au palais des sports et à l’extérieur,
    • inauguration de l’ensemble de l’action avec tous les partenaires.

Bilan

Après quelques mois de recul, l’évaluation du CCAS est très positive. Il constate une satisfaction de la section menuiserie du lycée régional professionnel de Nice-Vauban : il est intéressant de noter la forte implication de l’ensemble du corps pédagogique du lycée qui a su, dès le début de l’opération, donner du sens à la démarche auprès de leurs élèves, à savoir :

  • motiver le groupe des 5 élèves de la section menuiserie à la fabrication d’une boîte à livres avec une visée de service public,
  • susciter leur créativité par la confection d’une boîte à livres originale et sur-mesure, adaptée aux locaux du CCAS,
  • s’approprier la boîte à livres par leurs empreintes puisque on notera le "V" de Vauban et les gravures des signatures des 5 élèves -apprentis,
  • valoriser leur travail en déplaçant le groupe-classe directement sur site pour une séance d’assemblage et de montage de la boîte à livres.

Le CCAS est lui aussi satisfait. Il est intéressant de noter également une certaine "captation" du public, qui, depuis les mois d’existence de la boîte à livres, semble très satisfaisante et encourageante.

  • des dons multiples : la boîte à livres a un fond issu des collections retirées de la médiathèque qui a été très vite enrichi par des dons divers offrant déjà une variété de support intéressante : section jeunesse, romans fictions, documentaires, revues.
  • des témoignages positifs : « l’accès libre et simple », le fait que ce soit « gratuit », qu’il n’y ait « pas de contrainte d’inscription et de suivi »,
  • des différents usages bien intégrés : les personnes se servent librement, lorsqu’elles prennent 2 livres, la semaine d’après elle en rapportent 2 ou 3...
  • les personnes consultent sur place (adulte et enfant),
  • les personnes déposent des livres (bénévoles, élues, agents, particuliers).

Le CCAS souhaite étudier en fin d’année 2018 la satisfaction des usagers par le biais d’une enquête de satisfaction qui sera mise à disposition à côté de la boîte à livres et analysée en fin d’année.

Moyens

Moyens humains

L’ensemble du personnel du CCAS, de la médiathèque et de l’accueil central de la mairie a été formé sur l’action et ses objectifs puisqu’il est primordial de mettre en commun les biens, d’organiser la communauté qui se crée et d’expliquer son fonctionnement.

Moyens materiels

Avec la subvention obtenue grâce aux Trophées UNCCAS, le CCAS souhaite :

  • financer les matériaux de fabrication des deux autres boîtes à livres mises à disposition du Palais des Sports et en extérieur,
  • financer la communication et l’inauguration de l’ensemble du projet pour le bon rayonnement de cette action,
  • financer le temps de travail de l’agent administratif pour formation au projet et diffusion auprès des collègues et du public.

Coût total du projet

5000 €

Les partenaires

Partenaires opérationnels

  • Le lycée professionnel régional Nice-Vauban, section menuiserie, apporte son concours en créant et réalisant les 3 boîtes à livres,
  • Les services de la médiathèque de la mairie de la Trinité alimentent la boîte à livres avec les ouvrages retirés des collections,
  • Les services de la communication relaient l’information au plus grand nombre et font rayonner cette belle action par le biais de tous supports,
  • Le CCAS accueille la première boîte à livres dans ses locaux, lance la dynamique de libre-échange auprès de son public spécifique et veille à le faire vivre.

Ils financent l'action

Un cofinancement est envisagé : région/commune.

Les outils de communication sur l'action

  • Articles de presse diffusés dans les journaux locaux,
  • Affiches et supports annonçant et indiquant le lieu de la boîte à livres.

Les observations du CCAS/CIAS

Le CCAS espère l’essaimage du projet et sa modélisation par l’UNCCAS.

La seule difficulté est bien le partenariat interne avec les services culturels de la Mairie et le CCAS et enfin le lycée professionnel qui a pu se saisir de ce projet.

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