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L’égalité des chances, jalon des politiques de jeunesse

L'égalité des chances, jalon des politiques de jeunesse

Dans un rapport paru le 23 septembre 2021, la Mission d’information sénatoriale sur la politique en faveur de l’égalité des chances et de l’émancipation de la jeunesse revient sur les carences systémiques qui cristallisent aujourd’hui l’avenir de la jeunesse. Alors qu’en France « les inégalités de départ ont tendance à s’accentuer plutôt qu’à se réduire », le rapport dresse une série de recommandations, dont certaines soulèvent l’enjeu transverse d’une coordination et d’un soutien renouvelé aux actions de terrain.

Un objectif manqué

Prévention, insertion, citoyenneté, animation… De la petite enfance jusqu’à l’insertion sociale et professionnelle des jeunes, l’égalité des chances touche à plusieurs domaines de l’action publique et mobilise de nombreux acteurs nationaux et locaux. Pour autant, «  aucune politique n’est aussi segmentée que celle destinée aux jeunes  » souligne la rapporteure. A l’appui de ce constat, les sénateurs soulignent « un manque d’impulsion globale et cohérente » à l’échelon gouvernemental mais également « des partenaires à mieux mobiliser et fédérer » dans les territoires. Une analyse à laquelle sont confrontés les CCAS/CIAS qui, aux côtés des communes et intercommunalités, font face à ces problématiques d’inégalités sociales et territoriales dans la déclinaison de leurs interventions à portée éducative, sociale ou socio-culturelle.

Tout en passant en lumière la question des moyens financiers et techniques donnés aux acteurs locaux, mais aussi de l’attractivité des métiers, le rapport encourage une meilleure utilisation des «  instruments favorisant une approche partenariale et coordonnée » (schémas départementaux des services aux familles, conventions territoriales globales, projets éducatifs territoriaux). Il plaide également pour la pérennisation d’un «  fonds de soutien aux initiatives innovantes (….) sur le modèle du fonds d’expérimentation de la jeunesse ». Plus largement, les recommandations sénatoriales couvrent un périmètre aussi large que le champ d’investigation de la Mission. De la petite enfance à l’entrée dans l’âge adulte, voici un extrait des principales préconisations :

  • Renforcer les efforts de création de places en structure d’accueil du jeune enfant dans les quartiers prioritaires, les zones rurales sous-dotées et outre-mer et en faveur des familles modestes.
  • Assouplir les règles de financement des établissements d’accueil du jeune enfant par la branche famille afin de favoriser l’accueil volontariste d’enfants de familles modestes.
  • Donner une base législative aux crèches à vocation d’insertion professionnelle (AVIP) et renforcer le soutien en faveur des projets combinant accueil du jeune enfant et accompagnement des parents.
  • Pérenniser et accroître le dispositif des vacances apprenantes et des cités éducatives.
  • Mettre en place une campagne de communication autour du mentorat dans la fonction publique, afin de développer le recrutement de mentors fonctionnaires.
  • Relancer la conclusion de projets éducatifs territoriaux en portant attention à la qualité des activités proposées et en cherchant à davantage toucher les adolescents et les familles les moins favorisées.
  • Assurer un soutien financier et un appui technique renforcés aux collectivités qui s’engagent dans un projet éducatif territorial, notamment lorsque ce projet concerne des territoires et des publics prioritaires.
  • Renforcer les partenariats avec les associations d’éducation populaire pour la mise en œuvre des politiques territoriales en direction des jeunes.
  • Accentuer le soutien aux actions visant l’accès aux activités culturelles des publics qui en sont le plus éloignés, telles que le projet Démos.
  • Mieux valoriser et articuler les interventions des structures de prévention et d’accompagnement des jeunes en situation de vulnérabilité et de leurs familles en décloisonnant les politiques sociales locales en direction des enfants et des jeunes.
  • Clarifier l’articulation entre le Pacea et la Garantie jeunes et faire de cette dernière l’outil privilégié d’accompagnement des Neet.
  • Assurer rapidement l’entrée en vigueur des dispositions relatives à l’accompagnement des jeunes sortant de l’aide sociale à l’enfance, en particulier l’accès systématique à la Garantie jeunes.
  • Pérenniser les financements du plan « 1 jeune 1 solution » à hauteur des besoins.
  • Rénover le cadre de la coopération entre Pôle emploi et les missions locales par la conclusion d’un nouvel accord cadre permettant de mieux articuler leurs actions.
  • Réaffirmer le rôle des missions locales en tant qu’acteur central de l’insertion des jeunes et engager une réflexion sur l’organisation d’un service public de l’insertion des jeunes.
  • Remettre en question les règles de financement qui créent des biais dans le recrutement et l’orientation des jeunes en difficulté par les acteurs de l’insertion professionnelle.

Pour aller plus loin

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