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Insertion par l’activité économique (IAE) : deux études de la Dares

Insertion par l'activité économique (IAE) : deux études de la (...)

Deux études de la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares), portant sur les structures d’Insertion par l’Activité Economique (IAE), sont sources de plusieurs enseignements sur le secteur.

Une offre touchant son public

Une première étude, intitulée Les salariés en insertion par l’activité économique : quels parcours avant l’entrée ? Quelles perspectives à la sortie ?, porte sur environ 70 000 personnes ayant suivi entre 2005 et 2014 un parcours au sein d’ateliers et chantiers d’insertion (ACI), d’entreprises d’insertion (EI), d’associations intermédiaires (AI) et d’entreprises de travail temporaire d’insertion (ETTI).

Elle révèle que ces structures touchent bien le public très éloigné de l’emploi auprès de qui elles ont pour vocation d’agir :

  • 80% des personnes concernées par l’étude avaient un niveau d’études inférieur au Bac avant l’entrée dans le dispositif,
  • 41% étaient bénéficiaires des minima sociaux,
  • 80% étaient sans emploi,
  • En moyenne, les bénéficiaires de l’IAE n’avaient connu que 10 mois d’activité salariée durant les trois années précédant leur entrée dans le dispositif.

Des résultats mitigés en termes d’accès à l’emploi

Bien que l’IAE soit souvent perçue « comme un sas, un passage transitoire vers l’emploi classique », comme le note Sonia Bellit, auteure du rapport, le taux d’insertion à la sortie du dispositif est très variable. Plus faible dans les territoires marqués par le chômage de masse, il varie également selon les types de structures, de 30% pour les ACI à 55% pour l’ETTI, avec un taux de chômage moyen de 59,1% à l’issue du parcours.

Seuls 15% des sortants bénéficient d’un CDI à temps plein à l’issue du parcours et, note l’auteure, ce sont en général les personnes les moins éloignées de l’emploi au départ (personnes diplômées...). Il est à noter que 5% bénéficient d’un CDI à temps partiel, dont une majorité de femmes, souvent dans les métiers des services à la personne.

Un rôle formateur pénalisant la productivité des structures

Il serait cependant injuste d’y voir un échec, la « mission sociale » de l’IAE allant, selon les termes de Sonia Bellit, « bien au-delà du retour à l’emploi ». Et c’est notamment sur son rôle en termes de formation qu’insiste une seconde étude, intitulée Les résultats économiques des entreprises d’insertion : quels écarts avec des entreprises classiques ? et consacrée aux Entreprises d’Insertion ayant le statut de Société Commerciale (EISC) .

Car cette vocation formatrice pèse lourdement sur la performance économique de l’IAE. Elle nécessite des efforts plus importants au moment de l’entrée dans la structure, les compétences ayant souvent été « érodées » par les années d’inactivité. Et cet effort doit être plus souvent renouvelé, les personnes concernées ayant vocation à quitter la structure pour regagner le marché de l’emploi... pour être remplacées par de nouvelles personnes à former.

Un constat qui conduit les représentants du secteur à appeler de leurs voeux une réforme de son financement pour mieux tenir compte de ces différentes dimensions.

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