Offre de marché ou tarifs réglementés : quel choix faire ?
Le tarif réglementé de vente (TRV) est fixé par l’État, sur proposition de la Commission de régulation de l’énergie (CRE). Pour l’électricité, il est proposé uniquement par EDF. Pour le gaz, il a disparu en juillet 2023, avec la fin des TRV, remplacés notamment par des offres dites « passerelles ».
L’intérêt du tarif réglementé repose sur sa stabilité. Il protège en partie des fortes hausses de prix, mais limite aussi les gains en période de baisse. Il correspond donc davantage à des profils prudents.
À l’inverse, les offres de marché sont librement fixées par les fournisseurs. Elles se déclinent en trois grandes catégories :
- prix fixe : le prix du kWh reste stable sur une durée définie,
- prix indexé : le tarif évolue en fonction d’un indice, souvent le TRV,
- prix variable : le tarif fluctue selon les conditions du marché.
Certaines offres peuvent paraître attractives, notamment grâce à des remises. Mais elles exposent davantage aux hausses, en particulier dans un contexte de tensions internationales.
Dans un environnement incertain, le recours au comparateur officiel du Médiateur national de l’énergie (MNE) reste la solution la plus fiable pour identifier une offre adaptée à sa situation.
Réduire sa facture : des gestes concrets à portée de tous
Même sans agir sur les contrats, il est possible de limiter sa facture à travers des usages quotidiens.
Être attentif à l’étiquette énergétique
La facture d’énergie ne dépend pas uniquement des prix ou des usages, mais aussi des équipements utilisés au quotidien.
L’étiquette énergétique, obligatoire, permet de comparer les appareils selon leur consommation d’énergie, mais aussi d’eau ou leur niveau sonore. Elle classe les produits de A (les plus performants) à G (les plus énergivores).
Un appareil peu cher à l’achat peut en réalité coûter plus cher sur la durée s’il consomme davantage. À l’inverse, un équipement mieux classé représente un investissement initial plus élevé, mais permet de réduire significativement la facture.
Par exemple, un téléviseur classé A peut consommer jusqu’à 30% d’énergie en moins qu’un modèle classé C.
Rénover son logement : un levier décisif
La rénovation énergétique permet de limiter les déperditions de chaleur en hiver et de conserver la fraîcheur en été. Elle améliore le confort des usagers tout en contribuant à contenir la hausse des factures d’énergie.
Elle constitue ainsi un levier majeur de maîtrise de la consommation énergétique : dans un logement très énergivore, les écogestes seuls ne suffisent pas à compenser les pertes.
Dans ce contexte, les travaux de rénovation s’inscrivent également dans un cadre réglementaire renforcé. Certains logements énergivores ne peuvent plus être proposés à la location depuis le 1er janvier 2025. L’interdiction concerne les logements dont la consommation dépasse 450 kWh/m² par an, et s’applique aux nouveaux contrats, renouvellements et reconductions de bail, dans le parc privé comme social (hors locations saisonnières).
Le diagnostic de performance énergétique (DPE), obligatoire pour la mise en location, permet d’évaluer la consommation d’un logement et son impact environnemental. Valable dix ans, il constitue un repère essentiel pour apprécier la qualité énergétique d’un bien.
Échéances d’interdiction progressive à la location :
Calendrier (début) | Classe énergétique interdite à la location | Consommation annuelle d’énergie (kWhEP/m2) | Émissions de GES par an en kg CO2/m2 |
Depuis le 1er/01/2025 | Classe G | Entre 420 et 450 | < à 100 |
A partir du 1er/01/2028 | Classe F | Entre 330 et 420 | Entre 70 et 100 |
A partir du 1er/01/2034 | Classe E | Entre 250 et 330 | Entre 50 et 70 |
Pour les propriétaires en capacité d’engager des travaux, plusieurs interventions peuvent être envisagées : isolation des murs, de la toiture ou des fenêtres, ou encore remplacement des équipements de chauffage (chaudière performante, pompe à chaleur).
Ces travaux doivent être réalisés par un professionnel reconnu garant de l’environnement (RGE) pour ouvrir droit aux aides.
Plusieurs dispositifs existent pour accompagner leur financement, notamment MaPrimeRénov’ et les certificats d’économies d’énergie (CEE). Le chèque énergie ne peut en revanche plus être mobilisé pour ce type de travaux.
Les CCAS, un relais direct avec les fournisseurs d’énergie
Les fournisseurs d’énergie disposent de dispositifs dédiés aux situations de précarité, avec des conseillers spécialisés en lien avec les travailleurs sociaux.
Ces interlocuteurs permettent d’échanger sur la situation d’un usager en difficulté, notamment en cas d’impayés. Des outils spécifiques existent, comme le portail PASS d’EDF, qui facilite les échanges entre fournisseurs et professionnels de l’action sociale.
Ce lien direct permet d’anticiper certaines situations à risque (réduction de puissance, coupure), mais aussi de mettre en place des solutions adaptées, comme un échéancier de paiement. L’objectif est d’éviter l’accumulation des dettes et le basculement vers des situations de surendettement.
En cas de litige : un recours au Médiateur national de l’énergie
En cas de désaccord avec un fournisseur, le Médiateur national de l’énergie peut être saisi. Il intervient comme tiers indépendant pour proposer une solution amiable entre l’usager et le fournisseur.
Les litiges peuvent concerner, par exemple :
- une facturation erronée,
- une mauvaise application des tarifs,
- une coupure contestée,
- une résiliation abusive.
Avant de saisir le médiateur, une démarche doit obligatoirement être engagée auprès du service client du fournisseur.
Certains opérateurs, comme EDF ou ENGIE, disposent également d’un médiateur interne. Toutefois, si le différend persiste, le Médiateur national peut être sollicité.
Lorsqu’un usager n’est pas en capacité d’engager seul ces démarches, un travailleur social peut être mandaté pour l’accompagner ou agir en son nom.