J'ai compris, mais plus tard...
Actualités

Face à la crise sociale et sanitaire : le plan de redressement du comité des régions européen

Face à la crise sociale et sanitaire : le plan de redressement du comité des (...)

Face à la crise sociale et sanitaire qui touche durement l’Europe et le monde, les collectivités locales et territoriales sont en première ligne : services d’urgence, communication vers les citoyens pour mettre en application les gestes barrières, décrets et décisions locales, coordination des actions et des efforts pour atténuer les incidences de la crise. Dans ce contexte exceptionnel, les dirigeants locaux et régionaux ont besoin d’une meilleure coordination des différents échelons décisionnaires pour pouvoir mobiliser les équipements nécessaires, des outils financiers rapides et souples à la hauteur des besoins, et de solutions pragmatiques pour s’adapter aux exigences territoriales.

Dans ces circonstances, le Comité des régions, intermédiaire et référent de l’Union européenne et ses pouvoirs locaux et régionaux, a approuvé un plan visant à aider, informer, mobiliser et représenter les régions et les villes de toute l’Europe.

But de la démarche

Les objectifs sont principalement les suivants :

  • Encourager l’aide donnée par l’Union européenne aux collectivités locales et régionales dans le secteur de la santé, grâce à l’appel lancé en faveur d’un mécanisme européen d’urgence sanitaire ;
  • Mettre à disposition une plateforme d’échange pour stimuler la coopération et faciliter l’entraide entre les villes et les régions de toute l’Europe ;
  • Assurer, au moyen de mécanismes mis en place au sein du Comité des régions, un retour d’information concret, aux niveaux local et régional, sur la manière de traiter les interventions d’urgence et sur les aspects sanitaires, sociaux et économiques de la crise, et leur incidence sur les citoyens et les collectivités locales ;
  • Fournir régulièrement aux collectivités locales et régionales des informations pratiques sur les mesures prises par l’UE pour faire face à la crise ;
  • Faciliter la réalisation d’un bilan objectif, sur le terrain, des mesures mises en œuvre par l’UE pour lutter contre la pandémie et collecter des données probantes qui permettront d’améliorer les politiques de l’Union en s’appuyant sur les expériences de l’échelon local et régional (« bilan de santé » des politiques).

Les propositions

Dans la déclaration « Les collectivités locales et régionales : des acteurs à part entière de la réponse européenne à la crise de la COVID-19 », le comité des régions présente quelques requêtes et revient sur certaines initiatives qu’il encourage. De façon globale, il appelle à un plan de redressement de l’UE au service du caractère durable, résilient et intelligent des villages, des villes et des régions.

  • Il souligne la nécessité d’adopter un plan de redressement ambitieux pour permettre à l’Union européenne de sortir de la crise de la COVID-19, qui soit fondé sur la solidarité, la croissance durable et la résilience. Ce plan de relance européen doit avoir pour pierre angulaire la mise en œuvre des objectifs de développement durable (ODD), du pacte vert pour l’Europe et du socle européen des droits sociaux, de manière à transformer cette crise en une occasion de lutter de toute urgence contre le changement climatique et de renforcer la cohésion économique, sociale et territoriale de l’Union
  • Il déclare s’inquiéter pour l’emploi et promeut la mise en place d’actions pour la sauvegarde des emplois, la mise en œuvre de conditions pour la création d’emplois déjà perdus et la protection sociale des personnes sans emploi. Il insiste également sur l’évaluation de la situation prévalant en matière de protection de la santé sur le lieu de travail.
  • Il reste convaincu que des mesures immédiates devraient être prises par le biais d’un fonds de redressement de l’UE. Ce fonds, doté d’au moins 500 milliards d’euros, devrait permettre de lancer des investissements durables tournés vers l’avenir et mettre l’accent en particulier sur les investissements dans les infrastructures locales et régionales durables, surtout dans le domaine de l’efficacité énergétique (notamment dans les hôpitaux, les écoles, les infrastructures sportives et d’autres bâtiments publics),
  • Il insiste sur la nécessité, pour les collectivités locales et régionales, de s’attaquer d’urgence aux situations particulières des habitants les plus démunis et les plus vulnérables de leurs circonscriptions,qui se sont tout-à-la-fois trouvés plus exposés au virus et fragilisés par les conséquences sociales de la crise, en particulier les personnes handicapées, les sans-abri, les réfugiés, les migrants présents dans les centres d’accueil et d’enregistrement, les mineurs non accompagnés et les membres de la communauté rom. Il convient d’accorder la priorité aux aides transitant par le Fonds européen d’aide aux plus démunis (FEAD) et aux mesures d’atténuation de la crise pour les personnes les plus vulnérables. Les locataires devraient être protégés contre toute éviction pendant la crise, tandis qu’un hébergement devrait être fourni aux sans-abri ;
  • Il souligne l’impact disproportionné de la crise sur les femmes, qui représentent de loin la plus grande partie de la main-d’œuvre dans le secteur de la santé et celui de l’aide sociale, et prône une harmonisation des salaires, des conditions de travail, ainsi que de mesures visant à traiter la question des prestations de soin non rémunérées et à lutter contre les violences domestiques, dont l’augmentation a été soulignée durant le confinement.
Retour en haut de page