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Fiche d'expérience

Expérimentation d’un hébergement d’urgence à taille humaine

Expérimentation d'un hébergement d'urgence à taille humaine

Contexte

Bien que n’ayant pas de compétence directe en matière d’hébergement d’urgence, le CCAS et la Ville sont régulièrement sollicités par des personnes sans abri pour les aider à trouver une solution d’hébergement. Ces personnes ne peuvent pas être prises en charge par le 115 (dispositif national d’urgence), soit parce qu’elles rencontrent des difficultés de mobilité et ne souhaitent pas quitter Villeneuve d’Ascq, soit par manque de places disponibles via le 115.Malgré le travail mené par tous les intervenants locaux et les dispositifs existants en matière de logement d’urgence et d’insertion, il s’avérait donc difficile de couvrir l’ensemble des besoins. L’hébergement d’urgence, en période de grand froid, se limitait ainsi à des financements de nuitées d’hôtel, dispositif efficace en matière de mise à l’abri mais qui n’apportait pas de solution durable.

Face à ce constat, il a été proposé au Maire de la ville, de mettre en place un dispositif spécifique d’hébergement d’urgence, associant les principaux acteurs villeneuvois (service logement, services du Département, associations...). Ce dispositif expérimental vise à la fois un objectif à court terme d’hébergement mais aussi un objectif à plus long terme, par le biais d’un accompagnement social renforcé et partenarial afin que le passage par ce dispositif impacte positivement le parcours des personnes. Le CCAS a ainsi répondu à un appel à projets de la Direction Départementale de la Cohésion Sociale, pour la période hivernale 2011-2012.

Description / Fonctionnement de l'action

Deux lieux, propriétés de la Ville, ont été mis à disposition du CCAS dans le cadre d’une convention votée par le conseil d’administration du CCAS le 24 octobre 2011 :
- un site destiné aux hommes seuls (8 places), 
- un site destiné aux femmes (seules ou avec un enfant) (6 places).

L’accompagnement social a été réalisé par l’AFR (Accueil Fraternel Roubaisien), association spécialisée dans l’accueil des personnes sans abri. La convention entre le CCAS et l’AFR a été votée par le conseil d’administration du 24 octobre 2011.Un éducateur spécialisé mis à disposition par l’association Accueil Fraternel Roubaisien a donc mené l’accompagnement à temps plein, en lien avec le service action sociale du CCAS (travailleurs sociaux, agents d’accueil social, agent de liaison et de proximité) et les acteurs locaux.

Un comité de suivi composé du service habitat de la Ville, de la direction du CCAS, de représentants du secteur action sociale du CCAS et de l’éducateur spécialisé s’est réuni toutes les trois semaines afin de faire le point sur les situations des personnes entrées dans le dispositif.

Bilan

Au total, 24 personnes dont un enfant ont été hébergées, sur un total de 1 740 journées d’hébergement.Points positifs :
Outre les démarches relevant des missions générales du CCAS (accueil, écoute, accès aux droits), un véritable travail d’accompagnement global renforcé a été mené sur le logement, l’emploi et la santé.

Logement : 17 sorties positives (71 %)

- 3 sorties en logement ordinaire (bailleur social ou parc privé), 
- 6 sorties en logement de stabilisation (CHRS, résidence sociale, logement de transit...), 
- 3 sorties en logements d’urgence et d’insertion, 
- 1 logement adapté (projet santé), 
- 3 hébergements chez un tiers (par choix), 
- 1 hébergement très temporaire (lieu de vie, hébergement choisi).

Emploi : 4 personnes sans emploi avant l’hébergement d’urgence ont trouvé un emploi (CAE, CDD) pendant la période d’hébergement.

Santé : 5 personnes dont les besoins importants en matière de santé n’étaient pas couverts avant l’hébergement d’urgence, ont entamé une démarche de soins pendant la période d’hébergement.

Pari ailleurs, aucune difficulté avec le voisinage n’a été recensée depuis le lancement de l’opération.

Difficultés rencontrées :
- 2 personnes connues de longue date du CCAS (avec lesquelles il s’avère difficile de trouver des solutions) ont quitté volontairement l’hébergement d’urgence, 
- une unique sanction sous forme de mise à pied de 3 jours qui a porté ses fruits,
- un unique vol de matériel mis à disposition (poste de télévision).

Moyens

Moyens humains :
- mobilisation du service action sociale du CCAS,
- 1 éducateur spécialisé,
- les acteurs locaux de l’insertion sociale.

Coût annuel : 84 463 euros.

Les partenaires

Partenaires opérationnels

Le service habitat de la Ville, l’accueil Fraternel Roubaisien, le SIAO (Service Intégré de l’Accueil et de l’Orientation), les associations caritatives (pour notamment l’aide à l’installation dans le cadre de relogement), les associations d’insertion locales, les services du Département et le service jeunesse de la Ville.

Ils financent l'action

Etat, LMCU (Lille Métropole Communauté Urbaine), la Ville.

Les observations du CCAS/CIAS

La petite capacité d’accueil a permis la mise en place d’un accompagnement renforcé de proximité. L’aspect « maison » des lieux d’accueil a facilité l’organisation de la vie quotidienne sur le mode de la colocation en permettant de favoriser l’expression de la solidarité, la remobilisation des personnes, la revalorisation de leurs ressources, de leurs potentiels.A la différence des autres lieux d’accueil d’urgence, la présence éducative sur les deux sites n’était pas permanente, les personnes hébergées possédaient une clé de la porte d’entrée et n’étaient pas soumis aux contraintes horaires. Il est à supposer que ce fonctionnement a favorisé une plus grande implication des personnes dans le projet.

L’implantation favorable des logements a permis une ouverture des personnes sur le territoire, les structures sociales environnantes (CCAS, associations…). Ce projet a permis d’offrir aux personnes un hébergement proche de leur lieu de vie (là où elles ont leurs habitudes, leur ancrage au quotidien).

L’articulation avec le service Logement Habitat de la Ville a favorisé l’avancée des démarches vers le logement ordinaire.

Le bilan qualitatif en terme de nombre de sorties vers le logement, vers l’emploi mais aussi l’ensemble des démarches qui ont été menées dans le cadre de l’accès aux droits, des soins, illustre la réussite du dispositif. Les moyens octroyés par le CCAS en matière de mise à l’abri, par le biais de financement de nuitées d’hôtel, n’ont pas été inférieurs à ceux octroyés à la même période au cours de l’hiver 2010-2011. Ce dispositif a donc permis de renforcer la politique du CCAS en matière d’hébergement d’urgence.

Photo : Wikimedia Commons / Jiel Beaumadier

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