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Etude DREES : En 2020, trois EHPAD sur quatre ont eu au moins un résident infecté par la Covid-19

Etude DREES : En 2020, trois EHPAD sur quatre ont eu au moins un résident (...)

La pandémie de Covid-19 a particulièrement impacté les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad). C’est ce que rappelle une étude de la Direction de la Recherche, des Etudes, de l’Evaluation et des Statistiques (Drees) parue ce mois-ci.
En 2020, les trois quarts des Ehpad ont eu au moins un résident infecté et un établissement sur cinq a connu un épisode dit « critique » entraînant des décès. Avec une dynamique de l’épidémie similaire à celle observée en population générale, les Ehpad ont connu deux vagues de contamination en 2020. Au total, 224 500 résidents ont été infectés par le virus et 29 300 en sont décédés, que ce soit dans un établissement (38%) ou après un transfert en milieu hospitalier (5%).

UNE PREMIERE VAGUE CONCENTREE DANS CERTAINS TERRITOIRES

Durant la première vague de l’épidémie, 47 % des EHPAD de France (hors Martinique, Guyane et Mayotte) ont signalé au moins un épisode infectieux durant lequel un résident a été contaminé par la Covid-19 et 16 % ont connu un épisode sévère (plus de 30 résidents ou plus d’un tiers des résidents touchés). 10 % ont connu un épisode infectieux critique lors duquel plus de 10 résidents ou plus de 10 % des résidents sont décédés à la suite d’une infection par la Covid-19.

La première s’est concentrée en Île-de-France, dans le Grand-Est et les Hauts-de-France, avec plus de 55 % des Ehpad ayant signalé un cas parmi les résidents. 88 % des établissements d’Île-de-France ont eu au moins un résident contaminé et 45 % ont vécu un épisode infectieux critique. Ces proportions sont respectivement de 64 % et 23 % pour le Grand-Est.

A l’opposé, les régions comme la Nouvelle-Aquitaine, l’Occitanie ou la Bretagne n’ont dénombré que très peu d’établissements touchés et de décès.

D’autres caractéristiques peuvent être liées à la circulation de l’épidémie de Covid-19 au sein des EHPAD telles que :

  • Une moins grande confrontation des EHPAD publics hospitaliers au virus que les établissements d’autres statuts juridiques, grâce à leur proximité avec des établissements sanitaires ;
  • Une probabilité plus forte pour un établissement d’avoir été touché en présence d’un fort niveau de dépendance des résidents trouvant son reflet dans un groupe iso-ressources moyen pondéré élevé ;
  • Une probabilité plus élevée pour un grand établissement d’être atteint par la Covid-19.

UNE SECONDE VAGUE TOUCHANT PLUS LARGEMENT L’ENSEMBLE DU TERRITOIRE

Lors de la seconde vague, davantage de territoires ont été touchés : 54 % des EHPAD ont déclaré au moins un cas de Covid-19 parmi leurs résidents et 25 % ont connu des épisodes sévères. 10 % des EHPAD ont connu un épisode critique, de manière similaire à la première vague.

Deux fois plus de contaminations des résidents ont été occasionnées. Le nombre de résidents touchés par la seconde vague est presque deux fois supérieur à celui de la première : 144 400 contre 80 100. Le nombre des décès est resté identique, un peu moins de 15 000 personnes.

Les régions Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte-d’Azur ont été les plus touchées, avec respectivement 73 % et 66 % de leurs EHPAD ayant connu un épisode lors de la seconde vague.

Les deux régions les plus atteintes de manière critique et sévère sont l’Auvergne-Rhône-Alpes et la Bourgogne-Franche-Comté, avec respectivement 47 % et 35 % de leurs établissements ayant connu un épisode sévère, et 26 % et 21 % un épisode critique.

Plusieurs explications sont possibles :

  • Une meilleure détection des cas asymptomatiques grâce aux tests ;
  • Une meilleure prise en charge des formes graves de la maladie ;
  • Une probabilité plus élevée pour les grands établissements d’être atteints par la Covid-19 ;
  • Les effets plus marqués des effets des statuts juridiques sur l’atteinte des EHPAD avec des EHPAD privés commerciaux significativement plus touchés que lors de la première vague en raison d’un taux d’encadrement moins élevé et du plus fort recours à la sous-traitance pouvant entraîner des brassages de personnels (hypothèse restant à étayer). Similairement à la première vague, les EHPAD publics hospitaliers ont été moins exposés au virus que les autres établissements.

La campagne de vaccination a débuté en EHPAD à la fin de l’année 2020, ce qui a eu pour effet d’entraîner une baisse progressive des contaminations.

A partir de début mai 2021, moins de 100 nouveaux épisodes par semaine sont dénombrés.

4 700 résidents sont décédés des suites du virus en janvier-février 2021, puis 600 entre mars et mai 2021.

Voir l’étude.

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