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Fiche d'expérience

Equipe mobile de prévention de l’aggravation de la dépendance : Interlude

Equipe mobile de prévention de l'aggravation de la dépendance : (...)

L’équipe mobile de prévention s’adresse aux personnes âgées de soixante ans et plus, en perte d’autonomie, confinées chez elles et/ou isolées, vivant seules ou en couple, mais aussi en famille si celle-ci est absente en journée. Les personnes sont admises sans que soient retenus des critères de seuil de ressources, l’action de l’équipe mobile se fondant sur le seul principe de l’état de besoin. Interlude propose un accompagnement individuel à domicile visant la convivialité, le maintien du lien social et de la mobilité (accompagnement ponctuelle pour des visites médicales, faire des courses), ainsi que des animations collectives : mobilisation cérébrale (jeux de mémoire, de parole...) et motrice (marche, aller dans un magasin, une exposition, un marché, une manifestation locale, sortie au cinéma), activités occupationnelles et ludiques...

Cette action n’est plus portée par le CCAS/CIAS.

N’hésitez pas cependant à vous inspirer de cette fiche pour imaginer un projet similaire.

Contexte

Nombre de dispositifs de droit commun, d’initiatives institutionnelles ou associatives existent, permettant la prise en charge ou l’aide à son domicile de la personne âgée dépendante : intervenants médicaux ou paramédicaux, services de soins, services d’aide à domicile. Ces dispositifs répondent la plupart du temps aux besoins premiers de la personne (soins, réparation, actes essentiels de la vie) mais leurs interventions, soumises à un cadre légal, relevant de domaines de compétences morcelés et de financements précis, ne prennent en compte qu’une partie des besoins fondamentaux de la personne. Or, le maintien à domicile doit se situer dans une démarche qui vise une prise en charge globale de la personne et une réponse à l’ensemble de ses besoins. Sans cette dimension, le libre choix de rester ou pas à son domicile n’est pas réel, mais fonction des possibilités offertes et bien souvent de ses moyens financiers. Le domicile peut alors devenir un ghetto, un lieu d’isolement de la personne dépendante. On constate que le besoin fondamental d’épanouissement personnel de la personne âgée dépendante est peu ou pas pris en compte, alors qu’il s’agit d’un droit pour tout citoyen, qu’il soit valide, dépendant ou très dépendant. Ces constats sont corroborés par l’expérience acquise par les équipes du CIAS du Grand Auch à travers ses services (aide à domicile, SSIAD, CLIC labellisé, service loisirs...).

Description / Fonctionnement de l'action

L’équipe mobile de prévention s’adresse aux personnes âgées de soixante ans et plus, en perte d’autonomie, confinées chez elles et/ou isolées, vivant seules ou en couple, mais aussi en famille si celle-ci est absente en journée. Sont prises en compte les situations de crise, les facteurs de risque d’apparition ou d’aggravation de la dépendance : rupture sociale et familiale liée à un deuil, un déménagement, un projet d’entrée en établissement, syndrome de glissement, sentiment d’abandon, de rejet, d’inutilité. La population visée peut être repérée par : les professionnels de santé (médecins, infirmières libérales, hôpitaux), les professionnels sociaux et médico-sociaux (SSIAD, services d’aide à domicile, les services sociaux du Département, des caisses de retraite, etc.), les familles et les personnes âgées elles-mêmes, le CLIC et ses partenaires, les élus des communes intéressées.

Les objectifs :
- prévenir l’aggravation de la dépendance grâce à des actions et des accompagnements de proximité, au plus près du domicile, permettant de rompre l’isolement, de restaurer le lien social, de remobiliser l’individu ;
- redonner vie au quotidien de la personne qui doit assumer ses problèmes de santé, qui a perdu l’autonomie complète ou partielle des gestes de la vie de tous les jours, qui a de la difficulté à retrouver une place sociale et familiale ;
- conserver des projets de vie, un désir du lendemain ;
- effets induits attendus : apporter un soutien à l’entourage.

Les personnes sont admises sans que soient retenus des critères de seuil de ressources, l’action de l’équipe mobile se fondant sur le seul principe de l’état de besoin. L’admission est effectuée, après examen sur la base d’un recueil de données, par une commission devant laquelle sont exposés la situation et le projet. Cette commission est constituée du référent du CLIC, d’une infirmière du CCAS, d’un médecin compétent en gérontologie et du professionnel qui a soumis la situation.

Un projet individuel (même « modeste ») bâti avec chaque personne prend en compte les handicaps, les contraintes personnelles ou environnementales et son désir, qu’il soit exprimé ou sous-jacent. Il s’agit d’appréhender la personne dans son environnement familial, social, psychologique et familier. Un suivi est instauré avec un contrôle des prestations décidées et des évaluations par rapport aux effets attendus. La sortie du dispositif, au bout d’une année environ, est effective dès lors qu’un relais de proximité peut se mettre en place ou que la personne a la capacité de reprendre une vie sociale.

Les actions sont :
Des accompagnements individuels
Il s’agit d’aides ou d’activités simples réalisées au domicile ou à l’extérieur du domicile telles que : visites la journée pour passer un moment avec la personne, converser, lui permettre de s’exprimer, lire le journal, donner « des nouvelles » du village, aider à des petites activités quotidiennes, surveillance par rapport aux gros écarts climatiques (canicule, grands froids), accompagner à des sorties ciblées et ponctuelles des personnes nécessitant la présence d’un tiers en raison de difficultés physiques, psychologiques chez un médecin spécialiste par exemple, activités de complément ayant un but social (marche dans le quartier, accompagnement au marché, à l’épicerie, au cimetière).

Des regroupements pour des activités collectives à proximité du domicile (salle communale ou associative) : activités de mobilisation cérébrale (jeux de mémoire, de parole...), activités de mobilisation motrice (marche, aller dans un magasin, une exposition, un marché, une manifestation locale, sortie au cinéma), activités occupationnelles et ludiques (goûters, jeux, écoute de musique, de contes, journaux locaux, photographies).

Pour ces actions, le transport de la personne est assuré avec des véhicules de service du CIAS. Une participation financière est demandée aux usagers qui se décompose en un droit d’accès annuel de 16 euros par personne et un forfait d’activité mensuelle de 44 à 59 euros par mois, selon les revenus. L’adhésion ouvre droit mensuellement à 3 heures d’intervention individuelle et à une activité collective d’une demi journée.

Bilan

Ce dispositif est unanimement apprécié et reconnu comme très positif par les bénéficiaires qui font appel à lui, leur entourage et les professionnels. L’évolution des usagers est notable grâce à la stimulation et l’accompagnement personnalisé dont ils bénéficient.
L’activité collective, s’est révélée un excellent moyen de resocialisation et de stimulation.

Les difficultés rencontrées sont essentiellement d’ordre financier. Aucune aide pérenne n’a pu être obtenue en fonctionnement, ni de la part du conseil général, ni des caisses de retraite. La disparition des prises en charge au titre de l’APA a impacté la tarification du service dont certains bénéficiaires ont du apprendre à se passer, faute de moyens. L’existence du dispositif dépend donc de la seule subvention d’équilibre de la communauté de communes. En 2010, le dispositif INTERLUDE a été modifié, en diminuant le temps d’intervention individuel auprès des usagers (5 heures par mois initialement, 3 heures désormais) compte-tenu des financières impactant le projet. Ce tarif, rédhibitoire, à fait passer le nombre d’usagers de 20 en 2008 à 4 en 2014. Les caractéristiques de ce public ont également évoluées. Aujourd’hui les bénéficiaires sont essentiellement des personnes assez fragiles, peu valides et isolées pour qui les sorties collectives sont inadaptées.

Moyens

Moyens humains :
Une équipe mobile composée de 5 agents sociaux expérimentés (0,5 ETP) : 
- 2 animatrices (une animatrice sociale et une animatrice titulaire du BPJEPS),
- 2 auxiliaires de soins (dont une assistante de soins gérontologiques),
- 1 référente AMP.

Moyens matériels :
2 véhicules légers et du petit matériel d’animation
Les salles d’activité sont mises à disposition par les communes de la communauté de communes, les animations collectives étant organisées de façon tournante sur ces communes.

Le budget annuel prévisionnel est de l’ordre de 12 000 euros pour environ 4 usagers.

Les partenaires

Partenaires opérationnels

Le dispositif a été initié par la communauté de communes du Grand Auch, qui regroupe aujourd’hui quinze communes pour une population de 31 615 habitants dont 30 % de soixante ans et plus. Le CIAS d’Auch est gestionnaire et opérateur de ce dispositif.
Les acteurs sociaux et médico-sociaux du secteur, le CLIC et ses composants, en particulier le moyen séjour gériatrique et les associations tutélaires.

Ils financent l'action

En fonctionnement, les recettes proviennent uniquement de la participation des usagers et de la subvention d’équilibre de la communauté de communes du Grand Auch, représentant 90 % des recettes.

Les observations du CCAS/CIAS

Les prestations en matière de maintien à domicile des personnes âgées ne permettent pas, pour des raisons financières, d’évolution démographique et sociale de prendre suffisamment en compte le besoin d’épanouissement personnel. En permettant à chaque personne de retrouver des projets, d’avoir des désirs, Interlude répond à un besoin d’accompagnement humain.

Photo : Wikimedia Commons / JonhSeb

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