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Droit des femmes : retours sur quelques leviers d’action des CCAS/CIAS

Droit des femmes : retours sur quelques leviers d'action des (...)

Pour les CCAS et CIAS aussi, le 8 mars, c’est toute l’année. De l’urgence de la lutte contre les violences sexuelles et sexistes à leur travail quotidien pour l’égalité d’accès aux droits, à l’emploi, au logement, à la santé, aux loisirs, à la culture, aux modes de garde… l’action sociale des communes et intercommunalités est, sur tous les fronts, un levier pour lutter contre les inégalités, dont celles entre les femmes et les hommes.

A l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, nous avons souhaité revenir sur quelques-unes de ces actions, trop nombreuses pour être mentionnées.

Face aux violences, reprendre son destin en main

Dans les situations de violence intrafamiliale, la première urgence est de mettre à l’abri les victimes. Pour ce faire, les CCAS et CIAS disposent souvent d’un parc d’hébergement d’urgence dédié, qui peut - selon les cas - prendre la forme de lieux identifiés, comme à Saint-Laurent-du-Maroni (Guyane), de lieux destinés aux femmes sans abri comme aux victimes de violences, comme la Maison Simone Veil récemment inaugurée à Saint-Priest (Grand Lyon) ou d’une offre plus diffuse, comme sur le territoire d’Ambert-Livradois-Forez (Puy-de-Dôme). Le développement de cette offre demeure en soi un sujet : ainsi, les CCAS de Saint-Benoît et de Saint-André ouvriront bientôt les premiers logements temporaires de la Réunion pour les victimes de violences familiales et conjugales.

Outre leur fonction d’hébergement, ces lieux permettent également d’engager un travail d’accompagnement social en profondeur des victimes. Le but est de leur donner des clés pour se reconstruire et reprendre en main leur destin. A ce titre la Maison des Femmes de Roubaix (Nord), inaugurée à l’automne dernier et présentée au Congrès 2019 de l’Unccas, apparaît comme une initiative particulièrement ambitieuse. Nourri d’une démarche de design de service, le lieu, son organisation, son offre et jusqu’à sa décoration ont été pensés par les utilisatrices, en lien avec les équipes du CCAS : un moyen de se sentir bien dans ce nouvel espace et une première occasion de prendre la parole et de reprendre confiance en soi, avant d’entamer le travail sur son projet de vie.

Les CCAS et CIAS s’appuient également sur des partenariats avec de multiples acteurs : les départements, les services publics décentralisés et le monde associatif, mais également des acteurs privés tels que la société de taxis G7, qui a noué une convention de partenariat avec plusieurs villes des Hauts-de-Seine pour transporter gratuitement les victimes de violence à l’unité médico-judiciaire du département. Les travailleurs sociaux basés dans les locaux de la police ou de la gendarmerie, comme à Sens (Yonne) ou Issoudun (Indre) sont également des interlocuteurs précieux, dont le rôle devrait être renforcé par le plan de prévention de la délinquance publié récemment par le FIPD (voir l’analyse de Maire Info).

L’innovation technologique apparaît parfois comme un moyen de protéger les femmes en danger, comme l’outil Mon Shériff mis à disposition par le CCAS de Châteauroux (Indre), qui permet d’alerter simultanément cinq proches grâce à une simple pression sur un bouton...

L’action sociale locale : un outil quotidien contre les inégalités femmes/hommes

En vertu de leur mission « de prévention et de développement social », pour reprendre l’expression légale, les CCAS et CIAS ont par essence vocation à agir au quotidien contre les inégalités et nombre d’actions répertoriées sur le site de l’Unccas et relevant de l’accompagnement social ou de l’insertion contribuent à réduire les inégalités entre sexes. C’est le cas par exemple de l’école des consommateurs de Somain (Nord), ouverte à tous les publics, mais qui en pratique permet principalement à des femmes isolées et en grande précarité de sortir de chez elles, de prendre la parole et, petit à petit, de se construire un avenir.

Certains CCAS/CIAS ont également fait le choix de proposer des dispositifs d’insertion s’adressant spécifiquement à un public féminin. Ils peuvent privilégier l’accès à l’emploi, comme le « Parcours femmes » du CCAS de Plérin (Côtes d’Armor) ou améliorer l’estime de soi des bénéficiaires à travers différents outils : pratique artistique, comme à La Possession (Réunion), sport, loisirs et sociabilité, comme à La-Voulte-sur-Rhône (Ardèche) ou ateliers de beauté solidaire, comme à Arles (Bouches-du-Rhône).

La politique petite enfance des territoires est un levier particulièrement crucial. Cela peut se traduire par la conception d’une offre de garde innovante, pour s’adapter aux horaires décalés comme à Bègles (Gironde), à l’isolement des territoires, comme le bébé-bus itinérant du Cannet (Alpes-Maritimes), voire à la situation des mères incarcérées, comme pour l’expérience pilote menée par le CCAS de Fleury-Mérogis (Essonne). Les actions d’accompagnement et soutien à la parentalité, dont le développement a fait l’objet d’une publication de l’Unccas, permettent également d’agir contre les fragilités et l’isolement, en particulier pour les mères seules.

Sensibiliser le grand public et faire changer les mentalités

Engagés pour tous les publics de leurs territoires, les CCAS et CIAS sont également en position d’organiser des événements de prévention et de sensibilisation auprès du grand public, comme la semaine Debout les femmes ! pilotée par le CIAS du Blaisois (Loir-et-Cher) ou, en contexte scolaire, le sexo-forum organisé chaque année par le CCAS de Romans-sur-Isère (Drôme), qui permet d’allier prévention santé et déconstruction des stéréotypes auprès des collégiens et lycéens.

L’action des CCAS et CIAS auprès des femmes âgées et handicapées leur donne enfin toute la légitimité pour porter des messages au sujet de leurs droits, ainsi que l’exposition Femmes en situation de handicap : stop aux violences et aux discriminations l’a récemment montré à Bayonne (Pyrénées-Atlantiques).

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