J'ai compris, mais plus tard...

Contexte

Lors du Conseil Municipal du 26 septembre 2007, la municipalité de Malzéville a signé la charte « Villes actives du Programme National Nutrition Santé ». L’action "Cultiver son jardin", s’inscrit dans le cadre du projet communal "Mangeons mieux, bougeons plus" déclinaison de la charte du Programme National Nutrition Santé (PNNS) valorisé au titre du Groupement Régional de Santé Publique (GRSP).

Description / Fonctionnement de l'action

En bord de Meurthe, dans un jardin au cœur de la ville de Malzéville, des adultes et des enfants découvrent ou redécouvrent les joies du jardinage. Le terrain qui les accueille est découpé en 9 parcelles d’environ 30m², soit 8 parcelles destinées aux adultes, 1 parcelle destinée aux enfants et 1 zone de convivialité.

Objectif de l’action :
L’objectif est de permettre à un public de mieux se nourrir, de pratiquer une activité physique au service de sa santé et de sa vie sociale en favorisant l’accès à la culture grâce au concours du musée des beaux arts de Nancy.
Mais c’est aussi de :
- Recréer du lien social autour d’une activité commune et de temps forts partagés entre différents publics (en favorisant les échanges, l’entraide, le dialogue, la convivialité).
- Valoriser auprès des structures locales un lieu vivant (jardin) et didactique (avec des informations, des expositions, des actions ponctuelles).
- Permettre à des citoyens de tout âge de s’approprier et d’améliorer le cadre de vie, de valoriser l’espace naturel du bord de Meurthe.
- Permettre d’acquérir des savoirs, des savoir faire et des savoir être.
Public concerné et activités :
L’action « Cultiver son jardin » s’adresse aux bénéficiaires de minimas sociaux, aux personnes âgées du foyer-logement de la Ville et aux enfants (périscolaire, CLSH et ACM).

Pour les adultes, la pratique du jardinage doit apporter à chaque foyer un complément alimentaire en produits frais issus d’une culture dite biologique. Le jardinage nécessite en outre une pratique physique régulière. Enfin, ce lieu est un espace d’échange et de socialisation. Les jardiniers se côtoient, se soutiennent et discutent avec les nombreux passants.

Des temps de formation collectifs sont proposés sur les thèmes :
- de la santé (ergonomie au jardin),
- de la nutrition (la cuisine des légumes : en été / en hiver), 
- du développement durable (gestion de l’eau, compostage, recyclage, alternative aux pesticides …).
Ces temps de formation mutualisent les compétences locales compétentes (Institut de formation en ergothérapie, Jardin Botanique du Montet, Association des Jardiniers de France, des jardiniers amateurs locaux, Association des Jardins Ouvriers, cuisiniers locaux…)

Depuis 2010, en plus de la parcelle collective, une sortie du dispositif pour les bénéficiaires du RSA a été mise en place, par une réappropriation des friches communales et des mises à disposition de parcelles aux jardiniers qui sortent d’un an dans le jardin pédagogique. Cette option de sortie comporte plusieurs intérêts :
- Il y a une suite donnée à la pratique physique dans un jardin.
- Le public retrouve de l’autonomie et met en application ses nouveaux savoir faire acquis avec l’intervenante.
- Le nouvel espace mis à disposition permet d’envisager des récoltes dans le temps.
- Les jardiniers sont fédérés et le CCAS encourage l’échange de compétences.

De plus, la Ville ouvre des ateliers de jardinage adaptés aux séniors. Pour la première année, une activité régulière est envisagée pour agrémenter les jardinières de fenêtre au foyer des personnes âgées (fleurissement et herbes aromatiques).

Pour les enfants, c’est un lieu de sensibilisation et d’éveil. Ils apprennent eux aussi à cultiver, mais surtout à gouter, à sentir… Ils apprennent à mettre des images et des sens sur des mots. Ils peuvent situer les récoltes en fonction des saisons. Ils partagent leur récolte chaque semaine avec leurs parents (cerises, fraises, épinards, tomates...).

Pour les écoles, les centres de loisirs, le centre social, le lycée de Pixerécourt, le jardin est un outil interactif de découvertes. Chacun l’utilise en fonction de son projet.

L’association Les petits débrouillards de Lorraine vient y animer des actions sur les énergies renouvelables auprès des enfants.

Riche de ses différents publics, le jardin vit toute la semaine. Il s’épanouit et fait la joie et la fierté des malzévillois. Des expositions, des panneaux pédagogiques agrémentent le jardin d’une touche tantôt artistique, tantôt didactique. Ces informations sont consultables par les passants.

Encadrement et gestion :
L’action se déroule pour la seconde année consécutive de mars à novembre. Le jardin est géré est animé par deux agents du CCAS.

A chaque fin d’automne, les parcelles sont redistribuées. Les partenaires sociaux et les intervenants déterminent ensemble qui doit être accompagné une année de plus ou qui peut accéder à une parcelle autonome dans les jardins communaux de la ville.
Le CCAS souhaite constituer d’année en année un réseau de jardiniers soit en apprentissage, soit en autonomie. Tous sont bénéficiaires des formations collectives ponctuelles (santé, nutrition, culture bio).

Bilan

Fréquentation du jardin :
La parcelle pédagogique a permis à d’initier :
- 6 enfants, dans le cadre du Contrat éducatif local (CEL) en 15 séances.
- 30 enfants dans le cadre des ACM, CLSH et mercredis à raison de 2 séances par mois.
- 80 scolaires de manière ponctuelle.
Mais aussi
- 1 groupe d’ado a créé une soupe.
- 1 chantier-jeune a contribué à préparer le jardin sur 2 demies journées.

7 parcelles sur 8 ont été cultivées par des adultes. L’une d’elles a été cultivée en binôme afin d’aider un bénéficiaire. Ce fonctionnement n’a pas suffit à maintenir cette personne sur le jardin.
La 8ème parcelle a été cultivée exceptionnellement par les enfants (temps scolaire et périscolaire) suite à la défection d’un jardinier adulte.

De manière générale, la réussite des objectifs liés à la pratique d’une activité physique régulière et à l’alimentation est contrôlée par l’équipe d’encadrement. Les usagers du jardin ont largement profité de cette activité en plein air.
Les objectifs liés à la convivialité ont été atteint. La solidarité était présente (partage de plants, arrosages mutuels…).
L’accompagnement individuel (intervenante vacataire en maraichage) a été unanimement appréciée. L’intervenante a su s’adapter aux différents publics et aux différentes individualités (personnalités, attentes, objectifs). Elle était très présente et très disponible.

Les formations collectives ont connu un succès mitigé (participation moyenne) malgré une programmation attractive (intérêt initial formulé sur les thèmes proposés).
Une réflexion est à poursuivre sur l’accompagnement vers ces temps de formation.
Les récoltes ont été économiquement viables, l’activité régulière en plein air a été favorable à la santé morale et physique des bénéficiaires.

La question de la santé et de la nutrition est traitée dans ce projet de la manière la plus concrète répondant à l’objectif suivant : Permettre à un public de mieux se nourrir, de pratiquer une activité physique au service de sa santé et de sa vie sociale.
Par ailleurs cette action permet de :
- Recréer du lien social autour d’une activité commune et de temps forts partagés entre différents publics (en favorisant les échanges, l’entraide, le dialogue, la convivialité).
- Valoriser un lieu vivant (jardin) et didactique (avec des informations, des expositions, des actions ponctuelles) auprès des structures locales .
- Permettre à des citoyens (jeunes et adultes) de s’approprier et d’améliorer le cadre de vie, valoriser l’espace auprès des structures locales naturel du bord de Meurthe.
- Permettre d’acquérir des savoirs faire et des savoirs être.

Moyens

Moyens humains :
- Un coordinateur accompagne et anime le projet global. Il fait l’interface entre les besoins techniques des usagers et les moyens de la collectivité. Il propose des temps de formation.
- Une animatrice accompagne individuellement tout au long de l’année les différents publics dans la culture potagère biologique.

Moyens techniques :
Un terrain de 9 parcelles.Budget : 11 200 euros

Les partenaires

Partenaires opérationnels

Accompagnement des jardiniers : Centre médico social du conseil général, SIVU, Amicale des ainés, CCAS
Animation jeunes : périscolaire municipal, école Jules Ferry, Lycée agricole de Pixerécourt.
Intervenants ponctuels : Institut d’ergothérapie, maison de la propreté, Lortie association d’insertion, jardiniers volontaires.

Ils financent l'action

La Ville (politique de la Ville), Etat, Région, Département, Communauté Urbaine du Grand Nancy, SIVU du quartier Saint-Michel Jéricho, le Fonds d’Action et de Soutien pour l’Intégration et la Lutte contre les Discriminations (FASILD), Direction Régionale et Départementale de la Jeunesse et des Sports (DRDJS), GRSP.

Les observations du CCAS/CIAS

Cette expérience en cœur de ville s’inscrit dans le cadre d’une action éducative et d’un accompagnement social individualisé avec la présence de jardiniers bénéficiaires du RSA et cette année de personnes âgées d’une structure municipale.

Il y est cultivé une approche pluri partenariale et intergénérationnelle autour des enjeux de la santé et du développement durable.

Chaque public vit le projet à son rythme avec des temps partagés. C’est une belle expérience qui apporte cohésion sociale, éléments d’informations sur l’environnement, la culture, l’équilibre nutritionnel et des légumes avec visiblement du plaisir pour tous.

Cette expérience débouche sur l’ouverture de jardins individuels pour les jardiniers. Une nouvelle parcelle municipale pour trois jardiniers est ouverte cette année avec réhabilitation d’un puit pour les aspects relatifs au développement durable.

La dimension Développement durable de ce projet n’est pas négligeable. En se ré-appropriant les friches les jardiniers vont revaloriser un espace vert à l’abandon et ainsi contribuer à repousser des nuisibles comme les sangliers. Les puits vont être réhabilités et des citernes installées afin de favoriser la récupération de l’eau de pluie. En outre, les sensibilisations au paillage des parcelles comme à l’utilisation du compost devraient porter leurs fruits et provoquer de nouvelles manières de cultiver.

Photo : Wikimedia Commons / Ji-Elle

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