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Fiche d'expérience

Consultations bucco-dentaires

Consultations bucco-dentaires

Contexte

Lors des permanences sociales, des dégradations bucco-dentaires ont été observées chez les populations précaires. Or une hygiène défaillante contribue à l’exclusion des personnes en difficulté qui souffrent souvent d’une faible estime d’elles-même, accentuée en cas d’apparence physique dégradée. Les chercheurs d’emploi sont également concernés, l’image renvoyée par la personne étant très importante pour l’employeur potentiel.

Or, les personnes disposant de faibles revenus font état d’une réelle difficulté d’accès aux soins dentaires. Celles disposant de la CMU font face à la réticence de certains dentistes à les soigner, et celles se situant jute au-dessus du barème d’attribution de la CMU ne peuvent assumer les avances financières ou le coût d’une mutuelle.

Le CCAS a donc décidé de lancer une action de prévention bucco-dentaire, en partenariat avec le comité de prévention dentaire de Meurthe-et-Moselle et le centre de médecine préventive. Il s’agissait d’inciter les familles à réaliser un bilan dentaire, de les amener à modifier leurs habitudes en terme d’hygiène dentaire et, si besoin, de les informer sur les dispositifs facilitant l’accès à une mutuelle.

Description / Fonctionnement de l'action

Le CCAS dispose d’un lieu de rencontres et d’échanges, baptisé « la maison fleurie », où se tient l’épicerie sociale tous les vendredis après-midi. La permanence du dentiste a lieu une fois par mois, le vendredi après-midi, afin de toucher le public fréquentant l’épicerie. 

Bilan et soins bucco-dentaires

Le dentiste réalise des bilans bucco-dentaires, donne des informations sur l’hygiène par la distribution de dépliants, de brosses à dents et de dentifrice.

Les usagers étaient au début un peu réticents, mais la convivialité des échanges entre le dentiste, l’intervenant du CCAS et le public a contribué à instaurer une relation de confiance. Le public a été réceptif aux messages de prévention.

Il s’est avéré que 60 % des personnes rencontrées avaient besoin de réaliser des soins dentaires. Or la moitié d’entre-elles a déclaré ne pas pouvoir faire les avances de frais médicaux. C’est pourquoi il leur a été proposé de se rendre, grâce à un transport régulier mis en place par le CCAS, à la clinique dentaire de la CPAM de Nancy qui ne demande pas d’avance de frais aux personnes possédant une mutuelle.

Informations sur les dispositifs d’aide à la couverture santé

Le CCAS a profité de ces rencontres pour distribuer un questionnaire afin d’évaluer les besoins en couverture sociale des participants. L’objectif est d’informer les familles n’ayant pas de couverture complémentaire sur les aides à l’acquisition d’une mutuelle. Il s’agit notamment du dispositif de ’crédit d’impôt" de la sécurité sociale, voire l’aide complémentaire susceptible d’être proposée par le CCAS en fonction des ressources des familles.

Prévention

Si les participants aux bilans bucco-dentaires se sont montrés réceptifs aux conseils du dentiste, celui-ci a également réalisé des séances de sensibilisation auprès des enfants du centre aéré. Ils ont également été informés des permanences organisées à la maison fleurie afin d’en aviser leurs parents.

Bilan

Une dizaine de personnes ont réalisé un bilan bucco-dentaire au cours des cinq permanences tenues en 2007 (le dentiste étant en congé maternité pendant quelques mois, les consultations ont été suspendues). La participation moyenne est de deux familles par séance. La participation est donc bonne maintenant que le public connaît le dentiste.

Il s’avère que les personnes ayant réalisé un bilan disposaient toutes d’une mutuelle, mais que 40 % bénéficiaient de la CMU et 30 % avaient une demande de CMU en cours. Il s’agit donc bien d’un public précaire. L’aide à la mutualisation envisagée par le CCAS n’a donc pas été utilisée, mais deux personnes supplémentaires ont été orientées vers la sécurité sociale pour l’obtention de la CMU et une autre pour le crédit d’impôt.

Cela explique sans doute qu’une seule personne parmi celles ayant besoin de soins dentaires ait entamé et poursuivi une démarche de soins. Deux autres ont fait savoir que leurs ressources financières ne leur permettaient pas de le faire. Le coût est donc un élément important dans l’absence de soins dentaires (en sus d’autres raisons comme la peur du dentiste ou l’isolement). En effet, certains dentistes proposent un règlement par chèque avec retrait ultérieur quand le remboursement de la sécurité sociale aura eu lieu, mais les familles endettées de disposent pas toujours de chéquier. D’autres sont réticents à soigner les bénéficiaires de la CMU.

La santé est un élément fondamental de l’insertion socio-professionnelle des personnes en difficulté. Une démarche de soins touchant à l’apparence et à l’intimité peut concourir à apporter un mieux-être et à créer une nouvelle dynamique dans la mise en place d’un projet personnel et /ou professionnel.

Moyens

Deux travailleurs sociaux, un agent administratif et l’adjointe aux affaires sociales du CCAS, un chirurgien-dentiste du centre de médecine préventive (permanence mensuelle de 2h).

Les partenaires

Partenaires opérationnels

Centre de médecine préventive de Meurthe-et-Moselle : mise à disposition d’un fauteuil et du matériel spécialisé.

Ils financent l'action

Groupement régional de santé de Lorraine : subvention de 3 500 € en 2007 et 2008.

Les observations du CCAS/CIAS

Cette action permet à un public précaire de bénéficier d’un bilan bucco-dentaire gratuit et de connaître les soins éventuels à réaliser. La démarche vers un dentiste n’est pas une évidence pour un public fragile dont la santé n’est pas une priorité. L’accompagnement proposé par le CCAS peut amener certaines personnes à surmonter leurs réticences, qu’elles soient personnelles (peur du dentiste) ou financières. Les permanences du dentiste leur permettent d’être écoutées. Leurs difficultés sont entendues.

Photo : Wikimedia Commons

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