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Fiche d'expérience

« Chantiers jeunes » : projet de mobilité et d’implication citoyenne par la rénovation d’éléments du patrimoine communal et/ou associatif

« Chantiers jeunes » : projet de mobilité et d'implication citoyenne par (...)

Ouvert aux jeunes de 18-25 ans, ce dispositif permet de participer à des chantiers saisonniers et bénéficier d’une rémunération et d’une insertion professionnelle, inscrite dans un projet d’accès à la mobilité.

Contexte

Le CCAS a réalisé avec des multiples partenaires institutionnels et associatifs, un diagnostic intitulé « Abbeville : la santé en mouvement », basé sur des données INSEE de 1999. Ce dernier a permis de montrer les indicateurs suivants :

  • le taux de chômage des 15-24 ans est de 39,5 % à Abbeville (pour la Somme : 34,7 % et pour la Picardie : 31,7 %),
  • seulement 15,2 % des actifs abbevillois ayant un emploi vont travailler uniquement à pied,
  • 64,7 % des actifs abbevillois ayant un emploi utilisent une voiture, 4 % utilisent les transports en commun et 5 % utilisent un véhicule deux roues,
  • le taux des 15-24 ans scolarisé est plus faible à Abbeville (38,9 %) que dans la Somme et la Picardie.

Le permis de conduire est un atout pour accéder à l’emploi ou la formation des jeunes. L’obtention de ce dernier permet aux jeunes peu ou pas qualifiés (niveau IV à VI), de les aider dans leur parcours d’insertion professionnelle. Il leur permet de pouvoir élargir géographiquement leur recherche d’emploi et de répondre à des offres qui nécessitent sa détention. De plus, comme l’indiquent les textes pour la mise en place de la bourse au permis (autre dispositif) : « son obtention contribue, en outre, à la lutte contre l’insécurité routière, qui constitue la première cause de mortalité des jeunes de moins de 25 ans (de nombreux jeunes conduisent à ce jour sans permis). Néanmoins, elle nécessite des moyens financiers qui ne sont pas à la portée de toutes les familles ».

C’est pourquoi, au vu des difficultés rencontrées par les moins de 25 ans sur le territoire que reflètent ce diagnostic, l’opération « Chantiers Jeunes » a été créée dès 1998. La volonté a été de fournir une expérience professionnelle aux jeunes et un apport financier (paie suite à la réalisation du contrat saisonnier) permettant de débuter ou de continuer leur projet mobilité.

En 2011, le Conseil d’administration du CCAS a décidé de mettre en place une nouvelle formule de l’opération « Chantiers jeunes » pour renforcer le partenariat, l’impact sur le parcours du jeune et le suivi de projet mobilité avec la mise en place d’un Comité de Suivi.

Description / Fonctionnement de l'action

Cette opération permet à des jeunes (garçons et filles) de 18 à 25 ans issus des différents quartiers CUCS de la Ville d’Abbeville de :

  • participer à mi-temps (une semaine le matin/ une semaine l’après-midi ou l’inverse), en contrat saisonnier de 45 heures sur 3 semaines, à la rénovation d’un élément du patrimoine communal en appréhendant divers corps de métiers (travaux accessibles à tous, de grattage, ponçage, nettoyage et remise en peinture),
  • bénéficier d’une paie, selon leur présence effective sur le chantier,
  • obtenir les moyens financiers afin de mettre en place ou de continuer un projet d’accès à la mobilité : permis de conduire, en s’engageant vis-à-vis du CCAS sur un suivi individuel et sur un appui de la structure vers son partenaire principal, la mission locale, qui étudie, au vu de la situation du jeune, du respect de son engagement, de sa volonté d’obtenir son permis de conduire, les possibilités d’aides financières possibles.

Il en découle de multiples finalités :

  1. réaliser une action inter-quartiers visant le décloisonnement en composant des équipes mixtes de 4,ou 6 voire 7 jeunes issus des différents secteurs de la ville,
  2. permettre aux participants de s’engager dans un projet, finaliser celui-ci et se projeter dans une démarche d’insertion,
  3. mettre au point un projet mobilité : permis B, en vue de faciliter l’accès à un futur emploi ou apprentissage/ aide à l’insertion professionnelle,
  4. aider les jeunes à avoir les moyens financiers pour débuter leur permis,
  5. avoir une première approche du monde du travail avec une expérience particulière durant laquelle est demandé un respect : des horaires, d’une hiérarchie, des collègues, du matériel mis à disposition, d’un site,
  6. fournir une expérience supplémentaire aux participants à inscrire sur leur curriculum-vitae, afin d’indiquer qu’ils s’investissent et de donner un atout supplémentaire aux jeunes dont le cursus scolaire correspond au domaine d’intervention,
  7. orienter le jeune, en fonction des échanges lors des entretiens individuels ou par les capacités repérées sur le chantier, vers d’autres institutions. Cette orientation peut permettre de l’aider à finaliser son projet, de l’intégrer dans un parcours d’insertion en rapport avec son projet professionnel ou dans un chantier d’insertion,
  8. réaliser une action rapprochée avec la mission locale afin de voir si le jeune peut bénéficier d’une aide complémentaire selon sa situation (faj, civis, permis à 1 euros…), 
  9. aider les services techniques à entretenir le patrimoine communal en les déchargeant des travaux simples et accessibles aux jeunes,
  10. inciter au respect du patrimoine communal en faisant participer les jeunes à sa rénovation.

L’action comprend trois phases :

  • phase projet : établir un projet mobilité avec les jeunes au début de l’action et soutenir son montage durant l’action (3 devis d’auto-école à fournir, comparaison à faire sur la durée du forfait code illimité, sur les conditions de conduite en individuel ou collectif, sur la possibilité d’avoir des leçons de code corrigée avec moniteur,…) ,
  • phase chantier : évaluation quotidienne sur les chantiers (présence, comportement, capacités),
  • phase réalisation du projet : concrétisation du projet et valorisation du travail effectué par une attestation de participation à l’opération remise en fin de chantier.

Les outils de communication sur l’action

  • affiches A3 distribuées sur 26 sites : mairie et annexes, maisons de quartiers, mission locale de la Picardie Maritime, 3 centres médico- sociaux, 3 lycées, bus BAAG, maison pour tous, Pôle emploi, association Yves Le Fevre, office du tourisme, …
  • communiqué de presse transmis à la télévision de quartier « TV 200 » et la presse locale,
  • panneau d’information « chantiers jeunes » pour mettre en valeur l’opération, ses partenaires et l’investissement des jeunes

Bilan

Points positifs

Depuis sa création, l’opération a aidé 601 jeunes (dont 159 depuis sa nouvelle formule de 2011) pour leur projet mobilité. Cette nouvelle formule du dispositif et le partenariat renforcé avec la mission locale permettent de mieux orienter le jeune après le chantier et de renforcer son accompagnement. Le service est régulièrement satisfait de voir les anciens participants au volant.

Par exemple, de 2011 à 2017, l’opération a concerné 159 participants dont

  • 70% ont débuté une formation au permis B, 45% ont dores et déjà obtenu le code et 37% l’examen de la conduite,
  • 56% ont eu une sortie positive (Garantie Jeunes, Initiative Emploi Jeune, emploi, intégration de l’Epide de Doullens ou de l’Ecole de la 2ème Chance voire reprise de formation)

Les participants, sans pré-requis demandés en peinture, réalisent chaque année plus de travaux que prévus et ont toujours les félicitations des élus, des partenaires voire des associations qui les ont accueillis. Le CCAS leur délivre une attestation de participation lors d’une remise officielle en présence des divers intervenants et partenaires. Ces jeunes, en échec scolaire et rencontrant des difficultés pour leur insertion ont ainsi l’occasion de se sentir valorisés et de retrouver une certaine estime d’eux-mêmes.

Difficultés rencontrées

Chaque année, le service se heurte à de nombreux désistements pour des motifs divers (contrat de travail plus intéressant, départ en vacances…). Mais, les jeunes postulent en grand nombre et le service a, de ce fait, une liste complémentaire de postulants en cas de désistements.

Moyens

Moyens humains

  • 1 coordinatrice de l’opération, chargée de la mise en place, du suivi de l’opération et des suivis individuels,
  • 1 encadrant recruté pour l’opération via Pôle emploi (contractuel).

Moyens matériels

  • 1 véhicule utilitaire du CCAS pour le déplacement du matériel avec information chantiers jeunes apposée sur parebrise arrière ;
  • 1 kakémono avec le même visuel que l’affiche ;
  • masques, lunettes de protection et gilets fluorescents ;
  • brosses métalliques, pinceaux, peinture…

Les partenaires

Partenaires opérationnels

Pour la mise en place : la Ville d’Abbeville, les services techniques et leurs ateliers municipaux (appui technique), le service « Vie des Quartiers » et ses maisons de quartiers (orientation de candidatures, proposition de sites), le service des Sports et de la DLVA (proposition de sites), la mission locale de la Picardie Maritime (convention de partenariat/ orientation de jeunes et aide sur les projets mobilité notamment), l’association Yves Le Fevre (orientation de candidatures).

Ils financent l'action

  • Etat : Commissariat Général à l’Egalité des Territoires (CGET)
  • Communauté d’Agglomération Baie de Somme : Le service de la Politique de la ville (ancien contrat urbain de cohésion sociale-CUCS)
  • Région Hauts-de-France

Les observations du CCAS/CIAS

Cette action permet de donner une image de la jeunesse dynamique et investie en permettant de rénover des éléments du patrimoine communal et/ou associatif. Depuis la mise en place de l’action, il a été constaté une diminution des dégradations avec un respect des sites rénovés dans le cadre de cette opération réalisée par les jeunes.

Exemples de rénovations accomplies :

  • en 3 ans, le Stade Paul Delique (portes d’entrée et guichets, bancs de la tribune centrale, murs des tribunes annexes, tour de chronométrage, mains courantes du terrain de football, l’entrée des vestiaires, grilles d’accès aux terrains de tennis…),
  • des mobiliers urbains dans les quartiers CUCS (bancs publics, but de football, mains courantes aux abords des city-stades), 
  • des locaux associatifs (intérieur du local du boulodrome, chalet du club canin,…), 
  • de maisons de quartier, 
  • de divers ponts, 
  • des chalets de la ville (installés lors de manifestation ou du marché de noël).

Photo : Wikimedia Commons / Pline

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