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Fiche d'expérience

Chantiers jeunes

Chantiers jeunes

Contexte

Le foyer de jeunes travailleurs Pierre Perret, situé dans le quartier Saint-Jean (6 000 habitants) accueille 88 jeunes. Son projet éducatif prévoit l’ouverture sur le quartier et la ville. Son objectif prioritaire est l’accueil des jeunes en situation d’insertion sociale et/ou professionnelle. Il souhaite devenir un relais positif entre le monde du travail et le public jeune qui en est le plus éloigné.

Au quotidien, les différents services du CCAS implantés dans le quartier Saint Jean (service d’accueil et d’orientation départemental, pôle animation, hébergement d’urgence,...) sont en contact avec des jeunes en rupture scolaire ou familiale, en situation d’échec et dans l’impossibilité d’intégrer les structures classiques d’insertion. De ce constat est née l’idée d’un projet susceptible de mettre concrètement ces jeunes en contact avec le monde du travail.

Le projet du FJT propose à ces jeunes de participer à un atelier d’insertion rattaché à l’équipe polyvalente du CCAS chargée des petits travaux de réfection nécessaires dans les établissements. Il a fait l’objet d’un agrément d’utilité sociale de la Direction départementale du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle au titre des fournitures à la personne.

Description / Fonctionnement de l'action

Les participants sont orientés par différents services : ANPE, mission locale, service de prévention spécialisée,... La sélection est faite à partir d’une mise en situation réelle de recherche d’emploi : réunion d’information collective, rédaction d’un CV, préparation à l’entretien, premier entretien avec un jury puis entretien final avec la directrice et le vice-président du CCAS. Les critères de sélection prennent en compte la motivation des jeunes, leur volonté d’entreprendre une démarche d’apprentissage et/ou de formation.

L’atelier d’insertion prend en charge cinq jeunes pendant une période non renouvelable de six mois. Le temps de travail est de vingt heures par semaine, réparties en cinq demi-journées.

Les participants sont intégrés directement à l’équipe technique du CCAS et prennent part aux différentes actions collectives du personnel (fête des aînés, repas annuel de la solidarité,...). Les travaux qu’ils prennent en charge s’articulent autour des besoins manifestés par les différents services et établissements du CCAS. Ainsi, leurs actions sont valorisantes et utiles à l’organisation collective.

Un planning précis est validé chaque mois avec les jeunes, des temps d’échanges sont notamment programmés autour de repas collectifs ou de réunions plus thématiques. Et, en parallèle du chantier, chacun dispose de temps pour se rendre à la mission locale ou au service d’action sociale pour des découvertes des métiers (comme « les jeudis du bâtiment » par exemple).

Au-delà de l’apprentissage de techniques précises, ce chantier d’utilité sociale souhaite s’inscrire comme un tremplin positif en redonnant aux jeunes participants des repères en termes de temps, d’espace et de volonté de s’insrire par la suite dans une véritable démarche personnelle de formation.

Bilan

Les jeunes participants se sont investis dans la démarche de prise en charge individuelle. Il n’y a eu aucune démission et des liens durables se sont parfois tissés avec certains professionnels du CCAS (techniciens, animateurs, directeurs d’établissement) qui apparaissent alors comme des référents positifs. La qualité de la finition des chantiers a été unaniment saluée.Les personnels du CCAS ont adapté leurs pratiques professionnelles, les services se sont rapprochés. Le partenariat s’est renforcé au sein du CCAS, et également avec les autres acteurs locaux du domaine de l’insertion.

Les difficultés sont venues de la gestion du quotidien, des conflits mineurs au sein des groupes. Il a parfois été difficile pour certains jeunes d’intervenir sur leurs lieux de résidence.

La difficulté majeure a été de faire accepter que la finalité du projet n’était pas forcément l’accès immédiat à l’emploi à l’issue du chantier.

Moyens

Moyens humains : deux agents techniques, un agent de maîtrise, une assistante sociale, une conseillère en économie sociale et familiale, un coordonateur de l’action. Le service des ressources humaines du CCAS assure le suivi administratif.

Moyens financiers : le budget de fonctionnement est à la charge des services désireux d’organiser des travaux.

Les partenaires

Partenaires opérationnels

Mission locale de Chateauroux (suivi professionnel individualisé), service de prévention (référent jeune), association Mob’emploi (activité code de la route), Institut interrégional d’éducation permanente (INIREP - plate-forme du bâtiment), ANPE (référent orientation), Assofac (organisme de formation et de remise à niveau).

Ils financent l'action

CNASEA (Centre national pour l’aménagement des structures des exploitations agricoles) : remboursement des charges en lien avec l’emploi de jeunes issus de zones urbaines sensibles en contrat d’accompagnement dans l’emploi.

Les observations du CCAS/CIAS

Cette expérience montre qu’un CCAS est à même d’intervenir auprès de publics en grande difficulté et de gérer un chantier d’insertion, au même titre que des associations en réunissant les différentes compétences existant dans ses services, du peintre à l’assistante sociale.

Photo : Wikimedia Commons / Châteauroux Métropole

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