Les politiques de solidarité joueront un rôle dans le scrutin municipal de 2026 : 32 % des électeurs affirment que l’ambition du projet social d’une liste est un critère déterminant dans leur choix. Par ailleurs, 29 % des Français considèrent la commune comme l’acteur institutionnel le plus légitime pour agir en cas de crise, derrière l’État (35 %).
Lorsqu’il s’agit de prise en charge, 81 % des Français estiment que le modèle public est plus efficace que le privé, une tendance qui se retrouve dans d’autres secteurs comme la dépendance (72 %), la mobilité (67 %) et l’énergie (66 %).
L’enquête met aussi en lumière le malaise grandissant des maires face aux défis actuels. 89 % des Français jugent compréhensible la décision de certains élus de ne pas poursuivre leur mandat. Un chiffre qui illustre la pression exercée sur les équipes municipales et la nécessité d’un soutien renforcé aux collectivités locales.
Santé et vieillissement : des préoccupations croissantes
Pour la troisième année consécutive, la santé reste la priorité en matière d’action sociale (88 %). Ce chiffre, stable par rapport aux années précédentes, illustre l’importance des enjeux sanitaires dans une société marquée par le vieillissement et des crises successives.
La place des personnes âgées dans l’action sociale gagne en importance : 33 % des Français les considèrent comme le public prioritaire, contre 28 % en 2024. Une évolution qui témoigne d’une prise de conscience accrue du vieillissement de la population et de ses implications en matière de dépendance et de financement des retraites.
Quel financement pour l’action sociale ?
Face à ces attentes croissantes, les Français se montrent ouverts à des arbitrages budgétaires. 65 % d’entre eux accepteraient une réduction de certains avantages fiscaux pour les entreprises afin de renforcer l’action sociale. En revanche, l’augmentation des impôts reste largement rejetée, seuls 18 % y sont favorables.
Un focus inédit sur les disparités régionales
Pour la première fois, le baromètre propose une analyse détaillée des différences régionales, mettant en évidence des disparités notables. La santé, priorité des Français, l’est particulièrement en Occitanie (94 %), mais moins en Pays de la Loire (73 %).
Par ailleurs, l’accompagnement des plus fragiles en période de crise est jugé essentiel par 62 % des Français, mais cette vision atteint 74 % dans les Hauts-de-France, contre seulement 49 % dans le Grand Est.
La perception de l’ampleur de l’action sociale évolue aussi selon les territoires. La Normandie est ainsi la région où la hausse du nombre de bénéficiaires au cours des dix dernières années est la plus fortement ressentie (83%), un chiffre largement supérieur à ceux observés en Île-de-France (63%) et dans le reste de la province (70%).
Concernant le financement de l’action sociale, la Bourgogne-Franche-Comté se distingue par un soutien fort (84 %) à l’idée de supprimer certains avantages fiscaux pour financer l’action sociale.
Cette enquête démontre une fois encore que le bloc communal est vu par les Français comme le dernier kilomètre des solidarités et le premier mètre de l’accès aux droits. Une grande majorité de nos concitoyens considère l’action sociale comme un levier essentiel pour accompagner les plus fragiles et réduire les inégalités. La justice sociale est bien l’ADN de notre pays, et les Français attendent qu’elle soit préservée et renforcée.
À un an des municipales, 32 % des électeurs affirment que l’ambition du projet social d’une liste sera déterminante dans leur vote. C’est un signal politique fort. L’action sociale ne pourra être un sujet secondaire du scrutin à venir : aux élus de s’en saisir pleinement pour répondre aux attentes de leurs territoires.