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Au Danemark, l’aide à domicile est un service public gratuit

Au Danemark, l'aide à domicile est un service public gratuit

Au Danemark, depuis 1992, l’ensemble des services sociaux s’adressant aux personnes âgées - aide à domicile, établissements (y compris long séjour), prise en charge de la santé primaire, organisation de l’habitat - relève de la responsabilité des municipalités. Un choix guidé par la volonté d’agir au plus proche des personnes, plutôt qu’à l’échelon des comtés (équivalents des conseils départementaux) ou des services de l’Etatk, même décentralisés.

Le financement est assuré par les municipalités sur la base d’impôts locaux basés sur le revenu. Les municipalités reçoivent également de la part de l’Etat une dotation globale de fonctionnement non affectée, qui ne représente pas l’essentiel de leurs recettes et dont l’objectif est de corriger l’inégalité entre bases fiscales.

Une vaste palette de services

Les municipalités sont responsables de l’organisation des services d’aide et de soins à domicile : aide pour s’habiller ou se déshabiller, hygiène corporelle, préparation et prise des repas, entretien du logement et des vêtements, aide aux courses et aux déplacements en ville. Les soins infirmiers sont également des services publics, gratuits. Et, si l’achat de repas livrés à domicile est payant, le coût du portage est lui aussi pris en charge par la collectivité.

Si la personne âgée éprouve des difficultés physiques dans son logement, la commune doit l’aménager gratuitement ou, si cela s’avère impossible, lui proposer un logement adapté de superficie équivalente à proximité. Les municipalités financent également des aides techniques ou technologiques. Les bénéficiaires ne payent que la maintenance des appareils ou leur installation. Les moyens afférents font l’objet d’une négociation annuelle avec l’Etat.

Les aides à domicile et les infirmières intervenant à domicile sont des fonctionnaires payés par les municipalités. Ils travaillent pour la plupart de 25 à 30 heures par semaine et sont formés et qualifiés (études de deux à trois ans).

L’objectif est de prévenir le plus tôt possible la perte d’autonomie et de réduire les hospitalisations, de retarder l’éventuelle entrée en institution, dans une logique d’investissement social.

Prévention et observation

Les personnes ayant besoin d’aide, notamment celles âgées de plus de 65 ans, peuvent effectuer une demande auprès des services de leur municipalité. Ensuite, elles reçoivent la visite d’un travailleur social, d’une infirmière ou d’un aide à domicile expérimenté prenant en compte leurs aspirations, évaluant leurs besoins et leurs capacités à faire des choses seules, partiellement ou totalement, et leur fixant des objectifs. Ils fixent l’organisation des services, l’emploi du temps des personnes et ont la possibilité de « prescrire » des activités de prévention.

Toute personne âgée de plus de 75 ans doit, aux termes de la loi et sauf si elle s’y oppose, faire l’objet d’une visite de prévention à domicile deux fois par an, quel que soit son état. L’objectif est de « créer un sentiment de sécurité et de bien-être et de donner des conseils et un soutien pour des activités et pour la mise en place des services de maintien à domicile ».

Le Ministère des Affaires sociales, en liaison avec les organes représentatifs des municipalités, a également développé un système d’analyse de la qualité des services fournis aux personnes âgées en vue de s’assurer de l’efficacité des services sur toute le territoire.

Depuis le 1er janvier 2003, la personne âgée a également la possibilité de recourir à des services privés payants et les municipalités doivent s’assurer qu’il existe des alternatives privées aux services municipaux. En pratique, les prestataires privés s’avèrent cependant très minoritaires.

Un système contrôlé par les bénéficiaires

Toutes les communes doivent disposer d’un conseil des seniors, chargé de conseiller la municipalité sur la politique générale en matière de personnes âgées.

Elles doivent également avoir un organisme chargé de recueillir les plaintes des personnes âgées, qui est l’organe d’appel des décisions concernant l’octroi des aides sanitaires et sociales à domicile. Il est constitué de représentants de la municipalité et de représentants du conseil des seniors.

Des difficultés comparables à celles rencontrées en France

Le modèle se trouve aujourd’hui fragilisé aujourd’hui par deux facteurs :

  • le vieillissement de la population, appelant des enveloppes budgétaires toujours plus importantes et générant des tensions entre les communes où vivent un grand nombre de personnes âgées et celles où la population est plus jeune,
  • une crise du recrutement qui, selon Jacob Meller Jacobsen, de l’Association des communes danoise, cité par la Gazette Santé Social, s’explique par une mauvaise perception du métier, trop souvent réduit aux tâches de ménage.
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