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Assises du Domicile 2018 : les CCAS au rendez-vous !

Assises du Domicile 2018 : les CCAS au rendez-vous !

L’UNCCAS participait la semaine dernière aux Assises 2018 du Domicile. L’occasion de découvrir des actions innovantes et de porter la voix des acteurs communaux et intercommunaux.

Une grande cause... qui implique un investissement politique

Prenant la parole lors de l’ouverture de l’événement, comme les représentants des autres fédérations présentes, Benoît Calmels, était invité à poser la question de son choix à Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé. Saisissant cette occasion, le délégué général de l’UNCCAS a émis le souhait que la concertation nationale ouverte le 1er octobre ne se contente pas d’être « une énième consultation technique », mais porte sur les choix politiques, et notamment sur la question centrale du financement. « Etant donné que ce dossier a été ouvert par le Président de la République, nous espérons une loi en 2019 », a-t-il conclu.

Un point de vue que Benoît Calmels s’est également évertué de développer lors de la table ronde « Faire du soutien à domicile une grande cause nationale ? », à laquelle il participait le 27 septembre. On ne peut en effet se contenter, comme le proposait un intervenant, de laisser le reste à charge augmenter jusqu’à 1300 € pour les personnes âgées. Etant donné que selon la Caisse nationale d’assurance vieillesse, la retraite moyenne du régime général s’élève à 1086 euros, et que la majorité des personnes accueillies par les CCAS et CIAS ne parvient même pas à toucher 800 euros par mois, « cette estimation a quelque chose d’indécent », a-t-il ajouté.

On retiendra également la remarque de Patrick Malphettes, au cours de cette même table ronde, sur le métier des intervenants à domicile. Le Président de la Fédération Adessadomicile a en effet soulevé qu’en raison des évolutions de leurs pratiques et des besoins de leurs publics, « il serait temps de les considérer comme des travailleurs sociaux plutôt que comme des techniciens de propreté ».

Vers une révolution organisationnelle des SAAD ?

Face au phénomène, l’organisation des SAAD tend dès aujourd’hui à privilégier de plus en plus l’autonomie d’intervention de ses salariés. L’atelier Vers une révolution organisationnelle des SAAD ?, auquel assistait l’UNCCAS, l’a clairement illustré en confrontant les points de vue d’une organisation de nouveau type s’appuyant sur la technologie (Ouihelp) et de structures plus anciennes : le réseau APA et le CCAS de Cherbourg-en-Cotentin.

Sous forme de start-up, la jeune structure atypique d’aide à domicile Ouihelp a basé son modèle d’organisation sur le mandataire en le couplant avec l’utilisation massive de la technologie afin d’optimiser au mieux les process : plus d’heures de travail et une meilleure rémunération pour les intervenants, une meilleure expérience quotidienne, de l’autonomie avec un contrôle sur le choix des missions et sur le planning et un renforcement des liens aidant-aidé... Pour Pierre-Emmanuel Bercegeay, cofondateur de la structure, l’autonomisation est la direction vers laquelle tout le monde doit tendre et les moyens pour ce faire sont très différents. La qualité de vie des intervenants apparaît à ce titre comme un levier.

Réseau d’associations existant depuis plus de 70 ans et comptant 3000 salariés, le réseau APA a innové en s’inspirant du modèle Hollandais Burtzoorg, reposant sur des équipes autonomes expérimentées de 9 à 12 personnes avec des responsables de secteur, gérant un total de 1200 heures. Ces équipes bénéficient d’une large autonomie : elles se voient au moins une fois par semaine, ce qui est l’occasion d’échanges sur les problématiques des bénéficiaires, sur la pose de leurs congés-payés et sur la manière de réduire le kilométrage. Un tel modèle repose sur trois fondamentaux : la confiance, la compétence, le respect des règles et la continuité du service. Il répond à la la problématique de l’absentéisme et permet d’amoindrir le besoin de recrutement et d’améliorer la satisfaction du bénéficiaire. Mais cette organisation n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît : elle nécessite également de revoir les plannings par cycles. Pour le directeur général adjoint du réseau, Matthieu Domas, le cap doit être mis sur l’autonomisation avec conviction, confiance et concertation.

Suite à la fusion de cinq communes, trois services d’aide à domicile ont été regroupés au sein du SAD du CCAS de Cherbourg-en-Cotentin. Né d’une volonté politique d’assurer et d’offrir une filière gériatrique sur le territoire, le service à domicile est scindé en deux secteurs (Secteur Est et Secteur Ouest). Une politique de titularisation des aides à domicile a été menée afin de les sortir de la précarité. En s’appuyant sur des fiches de vœux, le CCAS a pu mesurer leur satisfaction face à la mission demandée, leurs souhaits d’orientation.... Ce travail a été mené avec un service de maintien dans l’emploi et de mieux-être afin d’accompagner toutes les difficultés physiques rencontrées par ce type de public, surtout en fin de carrière. Un plan de formation avec montée en compétences est possible. Cette réorganisation a permis d’optimiser le service et d’améliorer la qualité. Pour Isabelle Vatinel, directrice de l’autonomie au CCAS de Cherbourg, il ne fait aucun doute que l’autonomisation est la direction à prendre. Mais elle doit s’opérer avec un rythme différent dans les services public et privé, car les cultures sont différentes. La technologie doit être développée, les conditions de travail améliorées, et les aides à domicile doivent être intégrées elles aussi dans les actions de lutte contre la perte d’autonomie.

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